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vendredi 9 octobre 2009

Qui sont les victimes?

Frédéric Mitterrand aime les garçons. Il n'est pas le seul! Jusque là, pas de problème. L'homosexualité n'est pas condamnable en France, croyons-nous savoir !

Il va en Thaïlande et y trouve ses partenaires, qu'ils paient. Il s'en confesse dans un récit quasi autobiographique, La Mauvaise Vie, paru en 2005 et qui n'a pas retenu l'attention des gazettes, à l'époque. Littérature peu appétissante, mais enfin, c'est de la littérature...



Depuis, après un détour par la villa de Médicis, pour la direction de laquelle il a dû batailler ferme, voici l'auteur de ce livre devenu ministre... Et de la culture s'il vous plait, par la grâce du Tout-Puissant hôte de l'Élysée. Bon. Il est d'autres ministres que le Président de la République a politiquement séduits.. La récupération du nom de Mitterrand, en l'occurrence, a sans doute suffi...

Arrive l'affaire Polanski : les Helvètes enferment, à la demande de la justice des États-Unis, un metteur en scène célèbre qui s'est soustrait, depuis 1977, à la police U.S, après le viol d'une adolescente de 13 ans. Frédéric Mitterrand s'indigne. Les associations féministes s'indignent de son indignation. C'est parti...

Marine Le Pen ressort le livre La Mauvaise Vie et tente de faire un "coup politique" en réclamant la démission d'un ministre qui, suggère-t-elle, s'il défend un violeur, pourrait bien être suspect d'avoir profité d'enfants en Thaïlande. Et comme il se trouve que ce pays est l'un de ceux où le tourisme sexuel est "florissant", on peut plus aisément s'en émouvoir, ou faire semblant...

Frédéric Mitterrand se défend pieds et ongles, hurle au loup fasciste, lâche Polanski, et jure n'avoir jamais touché aux garçons mineurs. Les socialistes avancent un pied puis le reculent : on fermera les yeux sur les frasques de Mitterrand afin de ne pas sombrer dans l'homophobie. Les amis de Sarkozy, eux, défendent le ministre, mais avec plus ou moins de chaleur. La solidarité politique masque, visiblement, la désapprobation. Fin (provisoire) de l'épisode.

Mais voici que surgit le philosophe de France Culture : l'inévitable Alain Finkielkraut. Il défend Frédéric Mitterrand, et surtout Polanski, en allant jusqu'à rappeler que la mineure violée par le cinéaste était une allumeuse, qui posait pour des magazines... Bref, l'enfant était une putain. Les organisations de défense de l'enfance s'insurgent et rappellent que ce machisme intellectuel, doublé du mépris glacial des adultes pour les enfants, est tout simplement "dégueulasse" (sic). C'est re-parti...

Sous cette crasse, des choix de société (de la "bonne" société contemporaine) qui banalisent l'abjection. À l'évidence, n'est pas suffisante la lutte contre ce tourisme sexuel (qu'il s'agisse de filles ou de garçons), qu'organisent des entreprises trouvant, dans la misère, une facilité pour trouver des proies à faire consommer aux riches voyageurs, souvent occidentaux. Enfants ou jeunes adultes sont offerts comme des produits de luxe qu'on achète pendant ses vacances. Ce n'est pas seulement de la prostitution, c'est de l'esclavage, et l'écrasement des droits de l'homme.



La culture n'est pas prude. Elle n'est pas non plus une justification littéraire de l'odieux. Prendre le parti des victimes, comme on nous le demande, fréquemment dans notre pays, c'est dénoncer ceux qui tolèrent l'intolérable. On peut pardonner à Polanski ; il n'en a pas moins commis un crime qu'il n'a pas payé. On peut refuser de trainer Frédéric Mitterrand dans la boue; il ne s'en est pas moins mis lui-même en difficulté en étalant une vie privée peu reluisante dont on ignore jusqu'où elle l'a mené. On peut admirer (parfois!) l'écrivain Finkielkraut; il ne s'en est pas moins démasqué en défendant, une fois de plus, les puissants, les riches et les mâles, sous couvert d'arguments habilement spécieux.



Non, ce ne sont pas Roman Polanski ou Frédéric Mitterrand qui sont les victimes de l'intolérance et de l'inculture des honnêtes gens, n'en déplaise à Finkielkraut . S'ils sont victimes, c'est d'eux mêmes, de leur art de vivre qui n'en est pas un. Quant aux véritables victimes, les inconnus, les gosses et les jeunes, les misérables, qui n'ont pu échapper à la domination des porteurs de dollars ou d'euros, c'est d'eux qu'il convient d'être solidaires.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

dimanche 4 octobre 2009

L'Europe relancée ou définitivement morte ?

Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, a estimé, samedi 3 octobre, que "l'heure d'une Europe politique est venue", saluant la "très large victoire du oui" en Irlande !


Est-ce si sûr?

Certes, Dany Cohn-Bendit est satisfait; il triomphe même, après avoir mis ses convictions oui-ouistes à l'ombre, le temps de convaincre quelques incorrigibles écolos de voter pour Europe-écologie. Ce matin, 4 octobre, il est donc bien content. Mais qu'en pense, à présent, José Bové?

Sarkozy aussi est content. N'a-t-il pas eu raison de faire bafouer le suffrage universel par le Parlement.? C'est lui qui, sous sa présidence, a mis en marche la procédure de re-vote en Irlande. Le vrai sauveur de l'Europe, c'est lui! Oui, Monsieur : les Irlandais lui doivent une fière chandelle!

Reste deux salauds : les présidents polonais et tchèques, qui n'ont même pas leurs Parlements derrière eux. Ils prétendent ne pas signer le traité de Lisbonne, en dépit de la volonté de l'Europe tout entière? Eh bien, on va s'occuper d'eux. Comment? C'est simple, ou bien on les fait destituer ou bien, c'est plus sûr, on les achète.

On va donc appliquer le Traité de Lisbonne d'ici peu. L'Europe n'est pas sauve. Elle est morte. Même dans l'esprit de nombre de ceux qui y ont cru, comme à un dépassement du nationalisme et du triomphalisme droitier français, c'est fini. Cette Europe du fric indiffère. En fait de dépassement, c'est celui de l'Europe libérale, froidement capitaliste (on ne s'en cache plus) qui va s'imposer, État par État. En France, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne..., des majorités solides, "démocratiquement élues", permettent de mener des politiques désastreuses que l'Union européenne soutient, relaie et encourage. Nous ne faisons pas partie de ces Européens-là.

La raison, comme en Irlande, va conduire les citoyens de chaque pays à confier leurs intérêts à ceux qui savent gérer l'argent : aux banquiers et à leurs mentors. Jusqu'à ce que, dans une catastrophe sociale et écologique sans précédent, - et que nous aurions tant aimé voir éviter!- l'ensemble du dispositif démocratique issu de deux siècles de pratique parlementaire, s'effondre, comme s'est effondré le soi-disant communisme du bloc soviétique.




S'il ne devait n'y avoir plus qu'une seule raison, suffisante, de refuser, vote ou pas vote, le Traité de Lisbonne, elle est là : "Le traité de Lisbonne autorise à tuer des « émeutiers »", titre Agora Vox. Exagération? Allez y voir de près, dans l'article dont la référence se trouve ci-dessous. Ce qui figurait dans le projet de traité constitutionnel, en annexe, figure encore dans le Traité de Lisbonne (toujours aussi lourd, illisible, confus et complexe...)! L'Europe des riches se protège contre le risque de révolution populaire (non-violente ou pas). Lisez très attentivement...

Et il n'y a pas que ça : les symboles positifs de l'Europe (hymne, devise et drapeau), eux aussi , sont menacés de mort; ils ont déjà quitté le texte du traité et ne sont retenus que par 16 États sur 27... Ce n'est pas anodin.

Merci aux Irlandais d'avoir tenté de résister, puis révélé qu'on ne s'oppose pas à la contrainte économique quand on dépend, pour manger, de l'argent d'autrui. "La vie (oui) ou la mort (non)" du pays, : choisissez librement! En pleine crise, avec un chômage sans précédent, telle était la fausse et pourtant inévitable alternative...



La rupture, que ce vote tragique manifeste, est salutaire en ceci : s'éloigneront, à jamais, de l'écologie qui se couche, incarnée par Europe-écologie, ceux qui, ont lié le sort le l'écologie à la fin du capitalisme. Tout est clair à présent : de Sarkozy à De Sarnez, en passant par Cohn-Bendit, (sans oublier, bien entendu, nos chers amis, dits "socialistes"), l'Europe des puissances économiques, des États couchés et des libéraux sans scrupule n'a rien à voir avec l'Europe dont nous avons besoin : l'Europe solidaire, écologiste et antilibérale. Fin du premier acte. L'histoire de l'Europe continue.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran.

http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-traite-de-lisbonne-autorise-a-62526

vendredi 11 septembre 2009

Lettre à Monsieur Eric Wœrth

Résistances et Changements ne pouvait se priver du plaisir de faire paraître, de temps en temps, entre deux blogs, quelque insolent billet. En voici un. Il y en aura d'autres.

Lettre à Monsieur Eric Wœrth

Monsieur le ministre,

Je viens d’apprendre, par la presse, que vous vous apprêtiez à amnistier 3000 « grands » fraudeurs qui avaient planqué leur pognon en Suisse.

J’ai bien dit amnistie, car même si elle est déguisée, il s’agit bien d’une amnistie.

Le président est moins magnanime que vous! Les contrevenants du 14 juillet n’ont plus cette chance. Et puis, c’est vrai, la morale n’est pas la même pour tout le monde et, comme ma grand’mère, femme de grande sagesse, disait « On ne prête qu’aux riches ».

Enfin revenons à notre mouton, j’ai par inadvertance, l’an dernier, oublié de déclarer la somme de 25 euros, et pour moi, 10% de 25 euros, c'est une grosse somme.

Puis-je prétendre, moi aussi, à être aussi amnistié comme les 3000 milliardaires ?

Recevez, Monsieur le Ministre, l’expression de toute ma considération.

Jean-Claude Vitran

jeudi 10 septembre 2009

Décroissance prospère ou décroissance pépère?

Au MEDEF on ose. Pas de question tabou! La décroissance a donc trouvé une place dans ses Journées d'été du 2 au 4 septembre...

http://bellaciao.org/fr/IMG/jpg/parisot_medef.jpg

Y est apparu, dans la bouche d'Hugues Rialan, directeur de la gestion financière de Robeco, le nouvel oxymore suivant : "la décroissance prospère". Subtilité faussement contradictoire : d'un côté on reconnaît que "le mécanisme de la croissance qui a fonctionné jusqu'à présent ne peut mathématiquement pas continuer jusqu'à l'infini". Bravo! De l'autre, on avance " qu'en même temps que le contrôle de la consommation, il faut donc aussi réguler la démographie". Et là, attention!

Le bout de l'oreille pointe quand il apparaît qu'il s'agit moins du contrôle des naissances dans les pays peu développés que dans les pays occidentaux, afin d'y garder un certain niveau de vie! Autrement dit, faisons baisser la consommation globale dans les pays développés en diminuant le nombre des consommateurs (pas questions de compenser par l'acceptation d'une immigration la chute démographique qui a commencé en Europe -sauf en France et en Irlande-!), il y aura toujours assez de consommateurs dans les pays non encore pourvus de tous nos biens pour continuer à faire des affaires!

Pierre Rhabi, invité, a eu beau évoquer l'inutilité du superflu dans "une société d'abondance sans satisfaction", il n'a été que poliment écouté, mais surement pas entendu.


Pierre Rhabi, le paysan philosophe.

Nul doute que, ce 10 septembre, "l'écologiste Sarkozy" ne donne du grain à moudre aux faiseurs de mots : la décroissance franchira tôt ou tard ses lèvres fut-ce pour dire, comme Yves Cochet, et bien entendu, dans un tout autre esprit, que "nous y sommes déjà". La décroissance comme fatalité ou à la décroissance comme nécessité : des politiciens de tous bords finiront bien par vouloir nous faire croire qu'il l'avait prévue!

La décroissance prospère (pas pour tout le monde!) ne peut qu'être opposée à la décroissance "pépère" autrement dit tranquille, lente, sûre d'elle, sélective, qui fera la part entre le futile et l'essentiel.

Reste une question grave : celle qui relie décroissance économique et décroissance démographique. Puisque le gateau à partager n'augmente plus de taille et de volume, diminuons le nombre de parts pour que chacune reste de belle taille! Pour cela deux solutions : limitons le nombre des invitations au repas commun ou bien supprimons des convives! S'il y a trop de vieux inactifs, il y a aussi trop de bouches à nourrir : supprimons donc ces empêcheurs de prospérer en rond. Pour cela deux solutions : affamer ou éliminer. De toute façon, tuer...! De tels choix politiques ne font pas partie du domaine de la fiction : ils ont commencé à être mis en œuvre, à plusieurs moments de l'histoire humaine. Le totalitarisme, cette globalisation de la pensée enfermée dans une absolue certitude, y conduit inexorablement.

Civilisation ou barbarie? On revient toujours à André Gorz. Si "nous sommes déjà dans la décroissance", c'est que le capitalisme est entré dans un irréversible déclin. Tous ceux qui en vivent ne vont pas laisser leur domination décroître! Nous sommes entrés dans des temps très dangereux.

Le 5 mars 2009, le professeur Leridon donnait une conférence inaugurale au Collège de France. Il y démontrait, magistralement, qu'il n'est pas plus sérieux, d'un point de vue conceptuel, de parler d'une croissance exponentielle des richesses planétaires que de celle du nombre des humains! L'une comme l'autre ont leurs limites : d'un côté "80% de de notre énergie vient du sous-sol et n'est pas renouvelable" (comme le souligne Yves Cochet); de l'autre, parce que le nombre moyen d'enfants par femme est passé de 5 à 2,7 alors que le niveau de remplacement des populations est de 2,2, comme le constate Henri Leridon.

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Henri Leridon, directeur de recherche émérite à l’Institut national d’études démographiques.

Autrement dit, la décroissance volontaire de l'activité économique comme celle du nombre des naissances ne peut qu'accompagner une évolution déjà engagée. Et même si la croissance de la production et celle de la population vont se prolonger, sans doute jusqu'à mi-siècle, comme pour le bateau rentrant au port dont la vitesse décroit, il nous faut déjà penser à l'arrimage et au prochain voyage. Consommer moins, vivre plus longtemps et voir diminuer la population mondiale sera le lot de nos petits-enfants. "Les hommes sauront alors que, s'ils ont des obligations à l'égard des êtres qui ne sont pas encore, elles ne consistent pas à leur donner l'existence, mais le bonheur". Ainsi parlait Nicolas de Condorcet, en 1793... (1)


Nicolas de Condorcet (1743-1794)

(1) Cité, page 37, par Henri Leridon, De la croissance zéro au développement durable, éditions du Collège de France / Fayard, avril 2009, 10€.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran



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lundi 7 septembre 2009

Battisti et la parole donnée

Le 9 septembre prochain, le Tribunal Suprême du Brésil doit rendre son jugement sur l'asile politique de Cesare Battisti.


En 2008, le ministre de la Justice brésilien le lui avait accordée mais le président du Tribunal a voulu s'opposer au gouvernement Lulla et l'a maintenu en détention en attendant sa propre décision.

Cet ancien membre des Prolétaires Armés pour le Communisme, condamné en Italie par contumace, en 1993, à la perpétuité pour quatre homicides commis en 1978 et 1979 - les années de plomb -, homicides qu'il a toujours niés, s'était évadé d'une prison italienne, en 1981, et avait gagné le Mexique avant de se réfugier à Paris, en 1990, jusqu’au 21 août 2004, pour éviter l'extradition vers son pays.

Cesare Battisti avait, comme l'y obligeait la " doctrine Mitterrand " de 1985, rompu avec l'activisme armé et, comme beaucoup d'anciens militants de l'extrême gauche italienne des années de plomb - dont Marina Petrella, ex-membre des Brigades rouges, autorisée, en octobre 2008 à rester en France pour "raisons de santé" -, il avait refait sa vie et entamé une carrière d'écrivain de romans policiers. Onze de ses livres ont été publiés chez Gallimard au cours des années 1990 et 2000. Il était aussi le concierge de son immeuble parisien, pour arrondir les fins de mois et subvenir aux besoins de ses deux filles.

Mais, en août 2002, le gouvernement Chirac, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, et le garde des sceaux, Dominique Perben, ont d'un coup renié la "doctrine Mitterrand" (politique d'asile de tous les gouvernements français, depuis la fin des années 70) et la "parole donnée" par l'État français, et accepté d'extrader les anciens militants ; ils livrent ainsi Persichetti à Berlusconi, en se déclarant solidaire de Roberto Castelli, haut responsable de la très xénophobe Ligue du Nord et alors ministre de la Justice transalpin.

En mars 2004, l'Italie réclame Battisti, que la justice française avait déclaré par deux fois inexpulsable, depuis son arrivée sur le territoire. Sur la base de " nouveaux éléments " transmis par le parquet italien, la justice française change finalement d'avis et déclare l'Italien extradable.
Ses défenseurs saisissent alors la Cour européenne des droits de l'homme, réputée très peu favorable à Berlusconi. La Cour n'aura pas le temps de donner son avis, car Battisti sait qu’il n’aura pas le droit à un nouveau procès, et finira ses jours en détention et en août 2004 il se soustrait à son contrôle judiciaire, entre à nouveau dans la clandestinité et se réfugie au Brésil.

Cesare Battisti a été arrêté le 18 mars 2007 près de la plage de Copacabana à Rio de Janeiro après 30 mois de cavale. L'opération a été coordonnée par les services d'Interpol, son contact, une jeune française, ayant été filé par des policiers français de l'Office Central de Lutte contre la Criminalité qui ont transmis leurs renseignements à la police brésilienne.

Cesare s'est retrouvé pris, une fois de plus, dans un enjeu de pouvoirs qui le dépasse. Si le tribunal suprême lui refuse le statut, Lulla peut toujours en dernier recours refuser d'exécuter l'extradition.

Nicolas Sarkozy est justement en visite au Brésil pour vendre des avions " Rafale " aux Brésiliens. Espérons, sans trop y croire, qu’entre deux séances de négociations financières, il reviendra sur sa décision de 2002 et saura rétablir l'honneur de la patrie des Droits de l'Homme, donnant foi à la parole donnée par la France en convainquant les autorités brésiliennes de laisser Battisti en liberté.


Voir le livre de Fred Vargas : La Vérité sur Cesare Battisti, Editions Poche.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


dimanche 6 septembre 2009

L'uniforme est un formatage

Le vêtement (ou l'absence de vêtement) est un mode de relation à autrui qui oblige au respect, c'est-à-dire à l'acceptation de l'apparence d'un autre, sans jugement. Non seulement l'habit ne fait pas le moine, mais, parure ou protection, il est incompatible avec une codification sociale. Dis moi comment l'on t'oblige à te vêtir, je te dirai dans quelle société tu vis. En France, la démocratie n'est pas la mise de toute la vie en lois! Seul le débat et la rencontre permettent de modifier réellement les comportements vestimentaires car les raisons intimes pour lesquelles on se couvre ou découvre le corps, de telle ou telle manière, sont complexes et relèvent de mille causes! Toute uniformisation est dangereuse pour les libertés?

Nous reprenons ici un texte adopté par la Libre Pensée, non que nous nous associions à tout ce qu'affirme et demande cet organisme, mais parce qu'il donne ici des éléments pour adopter une position fondée, équilibrée, non sectaire. À chacun ensuite de se construire une conviction...

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


À l’occasion de son congrès national réuni en Savoie du 24 au 26 août 2009, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions de principe quant à la laïcité institutionnelle, et au respect des libertés démocratiques fondamentales qui garantissent le respect de la vie privée des citoyennes et citoyens de ce pays.

Une campagne médiatique d’importance a débuté à la fin du mois de juin, à partir de l’initiative d’un député du PCF, rejoint par une majorité de députés de droite, pour stigmatiser le port de la burqa et du niqab en dehors de l’École publique, de l’Administration et des autres services publics. Cette démarche a été entendue et amplifiée par le Président de la République dans son discours devant le Congrès à Versailles.

Rappelons que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas habitués à se parer des vertus de la défense de la laïcité. Bien au contraire, puisqu’il insiste depuis des années sur la « nécessaire place » des religions dans la société et la vie publique. Une mission d’information parlementaire devrait remettre un rapport sur cette question.

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.

La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.

Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.
On ne combat pas un totalitarisme en le remplaçant par un autre

Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?


Caftan, soutane, burqa, spodik, etc!

Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.

« Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu » (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France).

La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et « tout uniforme est une livrée » (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ?

Anastasie 2009

Défendre les libertés démocratiques

« La liberté, c’est toujours défendre la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxembourg). On va commencer par interdire tel vêtement, et demain où cela s’arrêtera-t-il ? Il fut une époque où il était interdit de s’embrasser dans la rue. Va-t-on nous faire tous marcher au pas de l’oie ?

Nous sommes dans une société qui ferait apparaître le régime de Big Brother dans 1984 d’Orwell pour un jardin d’enfants. Nous sommes fichés, surveillés, contrôlés, inspectés, fouillés en permanence. Par les systèmes informatiques, les possesseurs de la puissance électronique et du pouvoir politique peuvent tout savoir sur nous. Il y avait, sans doute, moins de risque, pour la confidentialité de ses opinions, à écouter Radio-Londres en 1942 qu’à surfer aujourd’hui sur Internet.
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Big Brother 2009

Et l’on va nous dire ce qui est autorisé ou pas comme vêtements ? Insidieusement, par cette campagne médiatique, certains forgent un ordre moral qui n’ose pas dire son nom. On entre de plain-pied dans le politiquement correct et la pensée unique. On cherche à formater la société.
Après le délit de sale gueule, va-t-on avoir le délit de sale vêtement ?

C’est une conception néo-totalitaire. Rappelons qu’en 1905 ce type de débat a déjà eu lieu : fallait-il une Loi de Séparation des Églises et de l’État, ou une loi de destruction des religions ? Le débat politique était clairement posé : État laïque ou État athée ? La Libre Pensée s’est retrouvée très majoritairement, avec Jean Jaurès, dans la proposition d’Aristide Briand pour une séparation : « Une loi n’a jamais pu, heureusement, réussir à réduire, ni les individus, ni les groupements d’individus, encore moins leur pensée, à l’impuissance. Une telle loi qui se proposerait un tel but ne pourrait être qu’une loi de persécution et de tyrannie. »
Adopté à l’unanimité des 200 délégués des 81 groupements fédérés représentés au Congrès national.

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Vêtements solaires


jeudi 3 septembre 2009

Thomas Jefferson avait-il tout prévu?



Thomas Jefferson, troisième président des USA a-t-il, oui ou non, écrit , en 1802 (!), les lignes suivantes au secrétaire au Trésor de l’époque, Albert Gallatin :"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les instituions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"?



Abraham Alfonse Albert Gallatin (1761-1849), secrétaire au Trésor de 1801 à 1813,
professeur de français à Harvard et fondateur de l'Université de New York en 1831.


Sur internet, depuis plus de six mois, cette citation revient constamment, mais les sources d'où sont extraites ces phrases ne sont pas précisément fournies, si bien que certains se demandent s'il ne s'agit pas d'un faux! Cela mérite examen, en effet, parce que cette prise de position, si prémonitoire, émanant de l'un des pères fondateurs de la Constitution des États Unis d'Amérique, serait tout à fait bouleversante!

Ce que dit le Président Jefferson, au début du XIXe siècle, "colle" à notre actualité de façon extraordinaire et nous rappelle que le rapport aux banques privées fait non seulement partie de la politique américaine (et de la nôtre) mais n'est sans doute pas pour rien dans la mort de deux autres Présidents : Abraham Lincoln, tué à Washington, le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, (sans cause élucidée), et John Fitzgerald Kennedy assassiné un siècle plus tard, (et le mystère de sa mort n'est toujours pas totalement dissipé).

Le président Lincoln, qui avait percé à jour le jeu des Rothschild refusa de se soumettre au diktat des financiers européens et, en 1862, il obtint le vote du Legal Tender Act par lequel le Congrès l’autorisait à revenir à l’art. 1 de la Constitution signée à Philadelphie, en 1787, lequel stipulait dans son article 1, section 8, § 5 : "C’est au Congrès qu’appartiendra le droit de frapper l’argent et d’en régler la valeur". Lui aussi, Lincoln, avait dénoncé les banquiers : "Le pouvoir des financiers tyrannise la nation en temps de paix - et conspire contre elle dans les temps d’adversité. Il est plus despotique qu’une monarchie, plus insolent qu’une dictature, plus égoïste qu’une bureaucratie. Il dénonce, comme ennemis publics, tous ceux qui s’interrogent sur ses méthodes ou mettent ses crimes en lumière. J’ai deux grands ennemis : l’armée du sud en face et les banquiers en arrière. Et des deux, ce sont les banquiers qui sont mes pires ennemis ». « Je vois dans un proche avenir se préparer une crise qui me fait trembler pour la sécurité de mon pays. […] Le pouvoir de l’argent essaiera de prolonger son règne jusqu’à ce que toute la richesse soit concentrée entre quelques mains."


Abraham Lincoln (1809-1865)

Le Président Kennedy, le 4 juin 1963, signait l’Executive Order n° 11110 par lequel le gouvernement retrouvait un pouvoir inscrit dans la Constitution, celui de créer sa monnaie sans passer par la Réserve Fédérale. Le Président Kennedy fit imprimer 4,3 milliards de billets de 1, 2, 5, 10, 20 et 100 dollars. Les conséquences de l’Executive Order n° 11110 étaient énormes. En effet, d’un trait de plume John Fitzgerald Kennedy était en passe de mettre hors jeu tout le pouvoir que les banques privées de la FED s’étaient arrogées depuis 1816 et qu’elles détenaient officiellement, depuis 1913. L’assassinat de Kennedy mit fin à cet dispositif politique, abrogé par le Président successeur, (ce fut sa première décision).


John Fitzgerald Kennedy (1917-1963)

On trouve, sur un site catholique, une analyse impitoyable de l'histoire du système bancaire et monétaire :
http://www.alleluia-france.com/offres/gestion/actus_251_3914-1/la-verite-sur-le-systeme-monetaire-et-bancaire.html


Au sujet de la «crise financière», deux lourds ouvrages sont parus aux USA, ces mois derniers, The dollar-crash par Ellen Brown et The Creature from Jekyll Island, par Edward C. Griffin. Les deux auteurs arrivent à la même conclusion : la crise financière aboutira à une crise du dollar.

La présentation de ces livres se trouve sur :
http://www.alterinfo.net/L-argent-gouvernemental-et-l-etalon-or-dans-le-mouvement-de-reforme-financiere-americain_a31350.html

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran.