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mercredi 4 juin 2025

LES POLITIQUES ET LES CASSEURS - POLITICIANS AND HOOLIGANS.


C'est curieux comme le personnel politique se défausse en dénonçant les conséquences des violences commises en marge des manifestations sans se poser de questions sur les causes.

Un peu comme lorsque l'on prend des analgésiques pour calmer des maux de tête sans chercher la cause du mal.

De plus, pour complaire à l'opinion publique et à l'emballement des médias : faisons vite le projet d'une nouvelle loi pour faire taire l’émotion populaire ! Nouvelle loi que l'on sait impossible à faire voter sans majorité et souvent entachée de non conformité à la Constitution. 

C'est de la com … où, l'art de parler pour ne rien faire.

La casse en marge des manifestations est un sport typiquement français ; alors, imaginer que des casseurs ne profiteraient pas de la fête pour se joindre aux supporters et en découdre avec les policiers étaient du domaine de la manipulation ou de la bêtise.

Ce qui est pire, ce sont les propos (des prétendants à la future élection présidentielle) entendus à l'issue des comparutions immédiates : « les peines de sont pas assez dures, supprimons le sursis, etc ... » 

Allez, augmentons les doses d'analgésiques, mais, surtout, ne nous posons pas de questions sur les causes de ces débordements.

Il serait tout de même intelligent de réfléchir aux motivations des violences urbaines qui ont lieu lors de chaque manifestation d'autant qu'elles sont une spécialité française.

Allons, Mesdames et Messieurs les politiques, arrêtez la démagogie. 

Faites preuve d'un peu d'intelligence et de courage !


Jean-Claude Vitran

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It's curious how politicians shirk their responsibilities by denouncing the consequences of violence committed on the fringes of the demonstrations without asking questions about the causes.

A bit like taking painkillers to calm a headache without looking for the cause of the pain.

Furthermore, to please public opinion and the media's frenzy: let's quickly draft a new law to silence popular emotion! A new law that we know is impossible to pass without a majority and is often tainted by non-compliance with the Constitution.

It’s the com… or the art of talking to do nothing.

Breaking things on the fringes of demonstrations is a typically French sport ; so to imagine that vandals would not take advantage of the celebration to join the supporters and fight with the police was a matter of manipulation or stupidity.

What is worse are the comments (from the candidates for the future presidential election) heard at the end of the immediate appearances: "the sentences are not harsh enough, let's do away with suspended sentences, etc...."

Come on, let's increase the doses of painkillers, but, above all, let's not ask ourselves questions about the causes of these excesses.

It would still be intelligent to reflect on the motivations behind the urban violence that takes place during each demonstration, especially since it is a French specialty.

Come on, ladies and gentlemen of politics, stop the demagogy.

Show some intelligence and courage!


Jean-Claude Vitran

mardi 27 mai 2025

LA CLAQUE - THE SLAP

 

D'ailleurs, est-ce vraiment une claque ?

Je ne vais pas vous entretenir de cette (peut-être) claque de Brigitte Macron à l'encontre d'Emmanuel qui si on en croit les médias (français) est devenue un événement planétaire.

Non, c'est plutôt le contraire !

Je veux vous faire partager mon courroux ...

Pour la majorité des chaines d'information, il n'y en avait que pour ce non-événement du domaine privé qui, d'ailleurs, ne nous regarde pas.

Toute la journée d'hier, elles ont organisé de nombreux longs débats « d'experts » pour autopsier le problème et soupeser ses possibles conséquences.

Les malheureux martyrs des conflits de Gaza et d'Ukraine, la grève des taxis, la loi Duplomb, et d'autres importantes informations sont devenus des événements sans intérêt qui peuvent attendre ….

Les championnes de la dissection des futilités journalières sont les chaines en continu … 

Il faut bien meubler, alors, tout est bon, mais trop c'est trop !

Stop aux insignifiances, un peu de sérieux.

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Besides, is it really a slap?

I'm not going to talk to you about this (perhaps) slap from Brigitte Macron against Emmanuel which, if we are to believe the (French) media, has become a global event.

No, it's quite the opposite!

I want to share my anger with you...

For most news channels, there was only this non-event in the private domain which, moreover, does not concern us.

All day yesterday, they held numerous long "expert" debates to dissect the problem and weigh its possible consequences.

The unfortunate martyrs of the Gaza and Ukraine conflicts, the taxi strike, the Duplomb law, and other important news have become trivial events that can wait...

The champions of dissecting daily trivialities are the continuous channels...

You have to furnish it properly, so everything is good, but too much is too much!

Enough with the trivialities, let's get serious.


Jean-Claude Vitran


lundi 19 mai 2025

FIN DE VIE


Avant d'aborder le thème de ce billet, il me semble nécessaire d'apporter quelques précisions sur les différents actes dont il est question.


Soins  palliatifs

Il s’agit de soins actifs délivrés aux personnes atteintes d’une maladie grave, évolutive ou terminale. Leur objectif est de soulager les douleurs physiques et les souffrances psychique, sociale ou spirituelle.


Euthanasie

C’est un acte destiné à mettre délibérément fin, à sa demande, à la vie d’une personne atteinte d’une maladie grave et incurable dans le but de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable.


Assistance au suicide

Cela consiste à donner les moyens à une personne de se suicider elle-même en absorbant un produit létal qui lui a été préalablement fourni.


Suicide assisté

Dans le cas du suicide assisté, la personne qui veut se suicider mais qui n’en est pas physiquement capable, a besoin de l’action d’un tiers. La différence avec l’euthanasie est ténue, 


Aide active à mourir

L’euthanasie et l’assistance au suicide peuvent être considérées comme des aides actives à mourir. 


Sédation profonde et continue jusqu’au décès

C’est une mesure qui consiste à endormir de façon irréversible et arrêter d’alimenter et d’hydrater artificiellement un malade incurable en fin de vie. Elle est déjà autorisée pour les malades en phase terminale et en très grande souffrance dont la vie est menacée à court terme.

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Les différents sondages d'opinion vont tous dans le même sens, plus de neuf Français sur dix sont favorables à une évolution de la loi qui permettrait de pratiquer l'euthanasie lorsque le malade, atteint d’une maladie insupportable et incurable, en formule la demande. Les pourcentages sont identiques en ce qui concerne le recours au suicide assisté et 74 % des médecins jugent souhaitable que la France légalise l'aide médicale active à mourir pour les patients qui la demandent expressément et de manière réitérée.

Cependant, si 90 % des personnes en bonne santé se disent favorables à l'accès à l'euthanasie, seules 0,3 % des personnes gravement malades persistent dans une telle demande quand elles sont accompagnées, soulagées, soutenues. 

Si le Président de la République n'avait pas pris la décision de dissoudre l'Assemblée Nationale la France serait doté d'une loi sur la fin de vie puisque le vote était prévu dans la semaine suivant la dissolution de l'Assemblée Nationale le 9 juin 2024.

Cette décision arbitraire d'Emmanuel Macron a eu des conséquences tragiques pour certains malades qui attendaient impatiemment le vote afin d'abréger leurs souffrances. 1

Près de neuf mois après cet arrêt brutal, l'Assemblée Nationale se penche à nouveau sur le sujet, et le texte initial de 2024 a été scindé en deux propositions par la volonté du Premier ministre François Bayrou. Je reviendrai sur ce point à la fin de ce billet.

Un premier texte  qui concernera les soins palliatifs et d’accompagnement. Au passage, il faut noter qu'une vingtaine de départements sont encore dépourvus d’une unité de soins palliatifs.

Le second texteI instaure un droit à l’aide à mourir permettant aux malades souffrant d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s’administrer une substance létale.

En commission les députés ont décidé que le malade aurait le choix entre faire le geste lui-même (suicide assisté) ou de recourir à un soignant (euthanasie). 

Alors qu'en juin 2024, l'ensemble des députés étaient d'accord pour adopter le texte, la nouvelle Assemblée est plus divisée et le second texte fait débat surtout chez les conservateurs de droite et d'extrême droite.

Dans notre pays, la fin de vie est la période où une personne souffre d'une maladie grave, incurable dont le pronostic vital est engagé. À ce stade, l'objectif médical n'est plus de guérir, mais de soulager les douleurs de la personne en respectant ses volontés jusqu'à la la fin. Les soins palliatifs qui visent à soulager la douleur et la souffrance physique et psychologique, en respectant la dignité du patient, permettent au corps médical de remplir cette mission.

Dans le respect des lois de la nature, la mort est un événement naturel : on naît, donc on meurt, mais ce passage d'un état à un autre nous oblige à aborder plusieurs questions fondamentales, particulièrement celles de la dignité, de la liberté, de la responsabilité, et du sens de la mort.

Comme pour toute notre vie - de notre naissance à notre mort - la notion de dignité donc de mourir dans la dignité est centrale dans le discours philosophique et éthique et la fin de vie doit être accompagnée d’un respect inconditionnel de la personne humaine, en évitant de voir ce moment seulement à l'aune d'un texte législatif.

De plus, nous sommes tous singuliers avec une histoire, une expérience humaine unique et notre fin de vie ne peut pas être réduite à une simple question médicale, mais doit être abordée comme une problématique éthique, existentielle et morale, en préservant la dignité, la liberté et la compassion dans le respect de l’humanisme mais aussi de l'environnement familial.

Si le suicide assisté dont la prise de décision est personnelle et de la responsabilité et de la liberté de chaque individu semble poser peu de problèmes éthiques, en dehors, bien entendu des questions de croyance, l'euthanasie pose des questions plus complexes car elle n'est pas seulement du domaine individuel puisqu'elle requiert l'acte d'un tiers.


Ce tiers fait "mourir" or nos sociétés ont le respect de l'interdit du meurtre comme principe éthique fondamental et ont aboli la peine de mort et il sera, donc, fondamental que la responsabilité de cette pratique soit diluée par une décision collective élargie.


En ce qui me concerne, je ne comprends pas et ne partage pas les idéologies et les croyances qui ne veulent pas d'interventions humaines pour atténuer et soulager les souffrances de la fin de vie. 

Grâce aux progrès de la médecine nous savons aujourd'hui calmer en partie les douleurs de l'agonie et l'élévation du niveau culturel de nos sociétés a fait tomber de nombreux tabous qui empêchaient des interventions humaines pour abréger les supplices de la fin de vie. 

Aussi, comme la majorité de mes compatriotes, je pense que, dans le respect de la stricte dignité humaine et des libertés individuelles, les lois, actuellement, en discussion à l'Assemblée Nationale et ensuite au Sénat doivent être votées et promulguées rapidement.

Pour terminer ce billet, je voudrais rappeler à nos élus un grand principe qui devrait guider leurs actions comme ministres et aussi les votes à l'Assemblée Nationale et au Sénat.

L'année dernière, la discussion parlementaire portait sur un seul texte de loi.

Cette année, François Bayrou, Premier ministre, a décidé de proposer au Parlement deux textes de loi.

Pourquoi ?

Simplement, parce qu'il n'est pas d'accord avec la seconde loi sur l'aide à mourir et qu'il espère qu'elle sera repoussée par les parlementaires. Il n'est, d'ailleurs, pas tout seul, les conservateurs, Bruno Retailleau en tête, lui emboitent le pas. 2 

Je voudrais leur rappeler, ou leur apprendre, le principe philosophique développé par John Rawls le voile d'ignorance

Je voudrais, aussi, leur rappeler que la Constitution de 1958 affirme à la fin de son second article le postulat fondamental suivant : gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

Le voile d'ignorance consiste à se placer dans une "position originelle" où les individus, derrière un voile d'ignorance, ignorent leur propre situation sociale, économique, leurs talents, leur sexe, leur race, ou leurs préférences personnelles. En étant dans cette position, ils doivent choisir des principes de justice sans connaître leur propre avenir dans la société.

L'objectif est de garantir l'impartialité dans la définition des règles sociales, en évitant que les décisions soient influencées par des intérêts personnels ou des préjugés. Cela permet de concevoir des principes universels qui bénéficieraient à tous, notamment aux plus vulnérables.

Le voile d'ignorance est un outil de réflexion qui invite à concevoir une société juste en se détachant des intérêts particuliers, en se mettant à la place de tous, pour déterminer des règles équitables et universelles.

Je crois que lorsqu'on est un représentant du peuple on se doit de gouverner avec le voile d'ignorance devant les yeux.


Jean-Claude Vitran


1.  Voir le billet du 12 juin 2024

2    On nous a déjà fait un coup similaire en 2005

vendredi 9 mai 2025

GAZA, NON A L'INDIFFERENCE

 Nous sommes au lendemain du 8 mai où la France a commémoré le 80ème anniversaire de la victoire de 1945.

A juste titre, on a glorifié les héros, on a distribué des médailles, on a rallumé la flamme de l'Arc de triomphe de Paris, mais on a oublié les 60 millions de victimes que fit le conflit – 40 millions de civils et 20 millions de militaires.

Encore qu'il s'agit d'une estimation basse, car certains historiens évaluent les pertes humaines à 85 millions. 

Depuis mai 1945, l'humanité a connu plus de 120 conflits importants1 qui ont continué et continuent, au moment où j’écris ce billet, à faire dans l'indifférence générale des millions de morts - enfants, femmes et hommes qui n'ont rien demandé sinon de vivre.

Installés dans le confort de nos canapés, nous regardons, d'un œil distrait, dans la lucarne médiatique les bombes tombées sur Gaza, Kiev, le Soudan ou le Cachemire ... comme s'il s'agissait d'un jeu vidéo.

Personnellement, j'ai la nausée devant les images de Gaza où sans discernement on balance des bombes sur des civils, pauvres otages d'un odieux conflit – 15 000 enfants sont déjà victimes de ce que, je crois, on peut appeler un génocide.

On ne peut pas rester insensible à ces monstruosités, c'est pour cette raison que je publie sur mon blog cet appel de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Jean-Claude Vitran


Impunité totale : Israël toujours plus loin dans le génocide et sa volonté d'effacement du peuple palestinien.

Après avoir rétabli un blocus total le 2 mars et rompu le cesse- le-feu le 19, après avoir annoncé le partage de la bande de Gaza en cinq zones encadrées par des zones militaires, Israël a annoncé le 5 mai un « plan de conquête  » de la bande de Gaza et rappelé des dizaines de milliers de réservistes. Avec pour objectif le « départ volontaire des Gazaouis  », en clair un nettoyage ethnique, une aggravation du génocide en cours et une occupation complète et prolongée de la bande de Gaza.

Pour le ministre des armées Israël Katz, les Gazaouis n’ont d’autre choix que « partir ou mourir ». D’octobre 2023 à juin 2024, Amnesty International avait déjà recensé 102 appels criminels de ce genre à la destruction d’un peuple émanant de responsables israéliens. Les Palestiniens savent depuis l’exode forcé de 1948 que partir c’est ne jamais pouvoir revenir dans leur patrie. C’est le cas de 70% des Gazaouis réfugiés dans des camps depuis cette Nakba.

Ce nouveau plan israélien est celui qui se dessinait dès le 8 octobre. Il piétine le droit international, le droit humanitaire, les Conventions de Genève et la Convention contre le génocide. Le 5 mai, l’Union européenne se dit préoccupée, Berlin rejette ce plan, Paris finit par réagir. Mais aucun État européen n’annonce de mesures diplomatiques (rappel d’ambassadeurs…), économiques (interdiction du commerce des produits venant des colonies…). Aucun ne demande de suspendre l’accord d’association UE-Israël en vertu de son article 2 bafoué par Israël ou d’exclure Israël d’autres partenariats comme cela a été appliqué à la Russie dès son agression contre l’Ukraine.

La seule réponse de la France sous la forme d’une reconnaissance très tardive et conditionnelle de l’État de Palestine est en décalage complet avec l’urgence absolue de protéger le peuple palestinien en grand péril.

Bien que le « bilan » soit déjà terrible et aurait dû leur suffire depuis longtemps pour agir et sanctionner, une bonne partie du monde politique, médiatique, intellectuel… refuse encore de nommer le crime, refuse d’utiliser le terme génocide et même « génocide plausible » comme a conclu la Cour Internationale de Justice (CIJ) dès le 26 janvier 2024… il y a plus de 16 mois. D’autres sont dans l’indifférence complice, dans la cécité volontaire ou le soutien ouvert et assumé au génocide !

Bien que les grandes ONG de terrain et les agences de l’ONU rapportent et alertent le monde entier sur ce génocide largement aggravé et avéré, aucune sanction n’est évoquée ou envisagée. Dix-neuf mois après l’attaque criminelle et meurtrière des groupes armés palestiniens le 7 octobre en Israël ayant fait 1200 morts, et la prise de 250 otages, les tirs et bombardements israéliens ont tué au moins 53 000 personnes dans la bande de Gaza dont 17 000 enfants, des dizaines de milliers de malades chroniques sont morts faute de soins, des milliers de victimes encore sous les décombres. Au total 200 000 morts selon des experts médicaux. À l’échelle de la population française, 34 fois plus nombreuse, ce serait 1,8 millions de tués dont plus de 578 000 enfants. Effroyable, monstrueux !

Combien faut-il encore de dizaines ou de centaines de milliers de personnes tuées pour agir et prendre des sanctions : 300 000 ? Plus ? 40 000, 100 000 enfants ?

Combien faut-il encore de quartiers, hôpitaux, tentes, distributions alimentaires bombardées, de centaines de soignants, humanitaires (400) et journalistes (212) assassinés ?

En Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est, le nettoyage ethnique et la violence de l’armée et des colons sont décuplés : plus de 1000 tués, expulsion de 40 000 personnes de camps de réfugiés, récoltes et vergers détruits, villages rasés, habitations détruites, bombardements, plus de 10 000 prisonniers politiques dans des prisons transformées en centres de torture : Israël y reproduit la stratégie en cours à Gaza.

Josep Borrell, ancien haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères plaide le 29 avril pour le retour urgent au droit international, le recours aux leviers d’action contre Israël, et le refus du « fait accompli  ». L’Assemblée générale des Nations unies a aussi exigé le 18 septembre 2024 qu’Israël mette fin dans un délais de 12 mois à l’occupation illégale du territoire palestinien et à sa colonisation, un crime de guerre. C’est précisément le contraire que fait Israël : toujours plus loin dans l’occupation, dans la colonisation, dans l’annexion de territoire et dans son régime d’apartheid.

À quelques jours du 15 mai, jour de la commémoration de la Nakba, la catastrophe qui a vu 800 000 Palestinien·nes chassé·es et dépossédé·es de leurs terres entre 1947 et 1949, après plus de 77 ans de dépossession et d’expulsion, la Nakba continue et arrive à un paroxysme : c’est l’existence même du peuple palestinien qui est menacée, c’est son effacement qu’Israël vise par son génocide.

L’heure n’est donc plus aux paroles ou aux déclarations d’intention mais définitivement aux actes, aux sanctions contre un État génocidaire à qui le monde doit imposer le droit face à la faillite totale dont il se rend coupable jusqu’à maintenant.

L’heure est aux sanctions contre les criminels et pas contre celles et ceux qui dénoncent ce génocide en cours et ont l’impression de hurler dans le désert depuis plus de 19 mois !

C’est notre humanité à toutes et tous qui est en jeu : soit nous réagissons, soit nous sombrons !

La France et l’UE doivent agir, fortement et rapidement !

Les sanctions c’est maintenant !

Anne Tuaillon, Présidente de l’Association France Palestine Solidarité


Association France Palestine Solidarité

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1 Conflit depuis 1945 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines

vendredi 25 avril 2025

ALLO, BONJOUR MAMIE ...

Une information a retenu mon attention :

Partant du principe que l'on vit tous « à 100 à l'heure », inTouch propose une IA 1 conversationnelle qui va se charger… d'appeler vos proches à votre place.

Selon ses concepteurs, inTouch est un outil de dialogue IA, conçu pour engager « des conversations enrichissantes, ludiques, mais aussi profondes. »

Pour faire simple, il s'agit d'une IA conversationnelle qui va se charger - pour 30 euros par mois - d'appeler vos proches, afin de leur faire la discussion à votre place. La société promet des conversations naturelles, adaptées à la personnalité de l'interlocuteur et à ses centres d'intérêt. Pour inTouch, il s'agit de maintenir un lien, de stimuler l'esprit et de rassurer les familles. 2

D'aucuns diront « on arrête pas le progrès » !

Je crois que « ce progrès » pose des questions philosophiques et sociétales importantes en matière de relations humaines et qu'il est légitime de se questionner pour savoir s'il s'agit réellement d'un progrès.

Les créateurs de cette technologie affirment que leur invention maintient le contact entre les générations et ils insistent sur le fait qu'elle offre une solution pour ceux qui n'ont pas le temps ou l'envie de contacter régulièrement leurs proches ???????

En dehors de la problématique éthique, il me semble, plutôt, que l'utilisation de l'IA pour des interactions personnelles réduit la qualité des relations humaines et nous rend de plus en plus dépendant de la technologie. 

Qu'elle est l'utilité de ce service ? 

Vouloir rompre l'isolement des personnes âgées, qui est un vrai problème, par l'intervention d'une relation artificielle n'est certainement pas la solution.

Les développements technologiques, pour la plupart à finalité purement mercantile, ont la fâcheuse tendance à appauvrir les relations humaines. 

Dans ces conditions de déstructuration des rapports humains, est-il vraiment nécessaire de réunir moult débats politico-médiatiques pour se poser des questions sur notre société et sur son niveau de santé mentale ?

Pas plus tard qu'hier, à Nantes, un adolescent qui a poignardé quatre de ses camarades avait écrit dans un courriel : "la mondialisation (qui) a transformé notre système en une machine à décomposer l'humain", revendiquant une "révolte biologique" afin que "l'équilibre naturel, même cruel" reprenne "sa place" contre "l'écocide globalisé".

Même confus, le message de ce gamin est clair ; de nombreux de nos contemporains, jeunes et moins jeunes très angoissés parce qu'ils ne voient plus d'avenir dans nos sociétés, se questionnent sur leur propre devenir. Ce sont les meilleurs clients à l'usage des drogues, des neuroleptiques et du basculement dans la violence.

Dans notre pays, où la psychiatrie est en situation de naufrage, les troubles mentaux représentent le premier poste de dépenses de l'assurance maladie et ils sont responsables d'environ 40 % de l'absentéisme au travail. 

La technologie au service du profit tue les rapports humains et il faudrait là comme dans d'innombrables autres sujets d'actualité prendre d'autres voies.

J'espère encore, mais je doute que nous y arrivions.

Jean-Claude Vitran


1 IA : Intelligence Artificielle

2 Fronton de l'article de Stéphane Ficca du 17.04 parue sur le site Clubic.

jeudi 17 avril 2025

GAZA … UNE ENTREPRISE DE DESTRUCTION MASSIVE

 





Regardez la photo ci-dessus. 1

C'est ce qu'il reste d'un quartier de la bande de Gaza.

Des dizaines d'autres photos, aussi horribles et sinistres, auraient pu trouver leur place dans ce billet du jour car l'ensemble de la bande de Gaza - 41 km de long pour une largeur de six à douze kilomètres et une superficie de 360 km2, environ 2 millions d'habitants – est dans le même état de destruction.

« Gaza est devenue une fosse commune pour les Palestiniens et ceux qui leur viennent en aide », a dénoncé ce mercredi Médecins sans frontières, après les opérations militaires et le blocus qui empêchent l’entrée de toute aide humanitaire et les stocks de nourriture, de carburant et de médicaments sont épuisés.

Sans approvisionnement en carburant, les hôpitaux qui produisent leur électricité ne seront plus en mesure d’opérer ou de maintenir en vie les patients critiques. 

« Il ne s’agit pas d’un échec humanitaire, mais d’un choix politique et d’une attaque délibérée contre un peuple, menée en toute impunité », accuse la coordinatrice de MSF à Gaza, elle ajoute : « Nous assistons en temps réel à la destruction et au déplacement forcé de toute la population de Gaza ».

Selon l’Onu, environ 500 000 Gazaouis ont de nouveau été déplacés depuis la fin du cessez-le-feu le 18 mars alors que près de la totalité des deux millions d’habitants l'avaient déjà été avant le cessez-le-feu.

Le macabre décompte des victimes se monte à plus de 50 000 Gazaouis tués par les bombardements israéliens, auquel il faut ajouter environ 10 000 disparus (sous les décombres) et environ 1 300 victimes Israéliennes. 

L'armée israélienne a communiqué sur son intervention. Environ 30 % de la bande de Gaza a été transformé en périmètre de sécurité où la population palestinienne ne peut pas vivre et Tsahal dit aussi avoir attaqué environ 1 200 «cibles terroristes» par voie aérienne.

Il s'agit bien d'une entreprise de destruction massive … des Etres humains, mais aussi des infrastructures et de l'habitat. Tout est fait pour rendre la bande de Gaza invivable.

Il n'y a plus de doute, 

Donald le bâtisseur va pouvoir envoyer ces maçons pour construire sa nouvelle Riviera puisque Bibi le démolisseur réduit la bande de Gaza à néant et au passage, ils se rempliront les poches.

Je suis né en 1946, c'est à dire au moment de la création de l'Etat d'Israël et depuis tout ce temps, à part les accords d'Oslo de 1994 remis en question après l'assassinat par un Israélien de Yitzhak Rabin, je n'ai jamais entendu prononcer le mot Paix entre Israël et les Palestiniens.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote la résolution 181 sur le plan de partage de la Palestine qui prévoit la séparation du territoire en trois parties : un État juif, un État arabe, et la mise sous contrôle international de Jérusalem. Le partage doit intervenir le 1eroctobre 1948 mais Israël proclame son indépendance le 14 mai de la même année. 

C’est là le commencement de 75 ans de violation du droit international et des résolutions de l’ONU. Entre 1948 et mars 2024, le Conseil de sécurité a adopté 229 résolutions, qui sont demeurées sans effet, sur la colonisation israélienne, le statut de Jérusalem et sur le retour des réfugiés palestiniens.

D'aucun diront qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, c'est vrai … mais la reconnaissance de la Palestine par la République Française qui doit intervenir en juin 2025 est bien tardive.

Toujours la realpolitik, mais aussi les gros sous ...

Depuis François Mitterrand, la République Française a traditionnellement soutenu la solution à deux États, une position réaffirmée par plusieurs présidents français, dont Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

À ce jour, 148 pays sur 193 membres de l'ONU reconnaissent l'État palestinien.


En ce qui me concerne : 

Ce qui se passe à Gaza, et au delà en Cisjordanie, me laisse en état de sidération et de colère.

Comment peut-on arriver à un tel état de barbarie ?

Les gouvernants qui en sont capables ne sont pas dignes d'être qualifiés d'êtres humains, pas même de bêtes car elles ne tuent que pour survivre.

Et, comment l'opinion mondiale peut-elle laisser faire une telle inhumanité sans intervenir ?

Dans le genre, le kamarade Poutine n'est pas mal non plus.

Il n'y a qu'une seule issue : la paix, et la solution à deux États par la reconnaissance des droits des Palestiniens.


PS : J'entends déjà les commentaires sur mon antisémitisme … ne perdez pas votre temps, il n'y aucun antisémitisme dans ces propos. 

J'ai beaucoup de respect pour les Juifs et le peuple Israélien mais je n'ai que du mépris pour ses gouvernants actuels.


Jean-Claude Vitran


1    Crédit photo : FRANCE INFO - HOSAM SALEM / NURPHOTO/AFP

lundi 14 avril 2025

ILS VEULENT TUER LA DEMOCRATIE … NE LES LAISSONS PAS FAIRE !

 

Nous entrons dans un monde où les plus puissants dirigeants se métamorphosent en prédateurs 1, ils organisent le chaos et la fin des démocraties pour asseoir leur règne sans avenir.

Les démocraties occidentales sont attaquées de l'intérieur, mais aussi de l'extérieur par un mal qui les ronge : le populisme. 

Il semble qu'aucun pays de l'Union Européenne n'échappe à ces attaques et les USA viennent de sombrer dans un populisme crasse avec l'élection de Donald.

Winston Churchill disait de la démocratie : c'est le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire. 

A titre personnel, je ne sais pas si c'est le pire système de gouvernement, mais c'est celui qui me convient tout à fait, même si je pense que l'on pourrait réfléchir à certains aménagements.

Avant de le voir, éventuellement, disparaître, quelques repères :

La démocratie est un système politique dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants élus. 

Pour Abraham Lincoln 2 « La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette définition a trouvé sa place à l'article deux de la Constitution de 1958 de la République Française. 


Un système politique peut être qualifié de démocratique selon plusieurs critères :

- Le pouvoir appartient à tous les citoyens,

- Les pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire sont rigoureusement séparés,

- Tous les citoyens sont égaux devant la loi,

- Les libertés fondamentales 3 sont respectées,

- Les élections sont libres et permettent de changer le personnel politique.


Les principales formes de démocratie sont :

- La démocratie directe où les citoyens votent directement sur les questions politiques.

- La démocratie indirecte (ou représentative) où Les citoyens élisent des représentants qui prennent des décisions en leur nom. C'est le système politique de la 5ème République Française.

- La démocratie participative qui permet d'augmenter l'implication des citoyens dans la vie politique.

- La démocratie liquide qui combine les démocraties directes et indirectes et permet aux citoyens de déléguer leur vote.

- La démocratie délibérative qui favorise la discussion et le débat avant les décisions.


La caractéristique principale des démocraties est de donner du pouvoir aux citoyens.


D'aucuns considèrent qu'il existe aussi des démocraties dites « illibérales ». 

Je n'arrive pas comprendre de quelle forme démocratique il s'agit. Les élections sont libres (?) mais non libérales, il y a une érosion des libertés publiques, une absence de contre-pouvoirs et les partis sont nationalistes et populistes. En conséquence, ce ne sont pas des démocraties, mais comme souvent, la realpolitik et un manque de courage évident des gouvernants empêchent de qualifier ces pays du titre de régimes autoritaires, voir de dictatures ( exemple : la Hongrie de Victor Orbàn 4, la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan 5 , etc … )

De plus, ces régimes autocrates et souvent tyranniques sont le marchepied de la conquête du pouvoir par les partis populistes et/ou d’extrême droites.

En Europe, ce sont :

France :        Le Rassemblement National

                     Reconquête,

                     mais aussi par certains aspects la France Insoumise.

Allemagne :  Le NPD (Parti National-Démocrate)

                     l'AfD (Alternative pour l'Allemagne)

                     Les "Citoyens du Reich" (Reichsbürger)

Italie :           Fratelli d'Italia

                  La Ligue (Lega)

                  Forza Italia

                    Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle)

Espagne :    Partido Vox 

Autriche :     Parti de la Liberté (FPÖ)

Pologne :     Droit et Justice (PiS)

Pays-Bas :   Parti pour la Liberté (PVV) 

Roumanie :  Alliance pour l'unité des Roumains (AUR)

Hongrie :     Fidesz 

Belgique :    Vlaams Belang

Finlande :    Parti des vrais Finlandais

Danemark : Parti du peuple danois

Et à cette liste, déjà longue, et qui n'est pas exhaustive, il faut ajouter de nombreux groupuscules populistes, nazis et néonazis … mais aussi Donald et sa bande.

Depuis sa victoire, les leaders d’extrême droite européens se sentent pousser des ailes. Ils se sont, en février 2025, retrouvés à Washington au rassemblement annuel des conservateurs américains (Conservative Political Action Conference). 

Toute cette mouvance essaye de répandre le chaos pour prendre «démocratiquement» 6 le pouvoir : en manipulant l'information, avec le concours de pays comme la Russie et ses affidés, en répandant par l'intermédiaire des réseaux sociaux de fausses informations qui sèment la confusion et en créant des alliances de circonstance avec les élites, les milliardaires et les acteurs des nouvelles technologies qui voient là un moyen de déstabiliser les démocraties pour des visées principalement égocentriques et financières.

Les autocrates de l’économie numérique pensent que la liberté individuelle et la démocratie sont «incompatibles».

Pour une majorité d'entre eux, leur principal ennemi est le «totalitarisme woke», sans que l'on sache exactement ce que cela veut dire. Ce n'est pas un conflit entre nations mais une guerre idéologique et culturelle, une contestation du siècle des lumières et un retour à l'obscurantisme rejetant le féminisme, l'homosexualité, la théorie du genre, etc … qui, de Washington à Moscou, de Buenos Aires à Ankara, renverse les anciennes alliances et redessine les frontières.

Cependant le mouvement n'est pas homogène car des divergences idéologiques importantes que l'on pourrait qualifier de schizophrènes sont visibles. 

En effet, qui a t'il de commun entre un transhumaniste libertarien, futur martien, et un populiste obscurantiste climato-sceptique européen ?

Surtout que les libertariens, résidents fortunés de la Silicon Valley, imbus de leur génie estiment qu'ils sont appelés à gouverner la planète.

Les divergences entre tous ces mouvements sont très importantes voire fondamentales, les uns affirment qu'il faut supprimer l'Etat ... les autres pensent le contraire, aussi je crois que la séquence qui est devant nous n'a pas d'avenir. 

Malheureusement, il est certain que les séquelles du chaos qui nous attend seront incalculables et tragiques si elles n'ont pas pour conséquence d'obérer simplement l'avenir de l'humanité.

Alors, réagissons quand il est encore temps !!!!!!


Jean-Claude Vitran 


1 « L’heure des prédateurs » de Giuliano da Empoli - Editions Gallimard

2 Pauvre Lincoln, il doit avoir des problèmes lorsqu'il voit où en sont les USA.

3 https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html

4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Orb%C3%A1n

5 https://fr.wikipedia.org/wiki/Recep_Tayyip_Erdo%C4%9Fan

6 Hitler a accédé démocratiquement au pouvoir - https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler