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jeudi 26 février 2009

Où est le terrorisme nucléaire? En Iran ou en France?



La centrale nucléaire de Bouchehr (lire: "bouchère")

La Russie a achevé la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud de l'Iran. Selon le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, Sergueï Kirienko, la centrale est actuellement au stade de "pré-mise en service". Il s'agit d'un réacteur à eau pressurisée d'une puissance de 1 000 mégawatts. L'Iran, qui est le quatrième producteur mondial de pétrole, a pour objectif de s'équiper d'un parc nucléaire d'une capacité de 20 000 mégawatts. Lancement d'ici à fin 2009.

Le projet, confié initialement à l'Allemand Siemens, remonte à l'époque du Shah. Il est interrompu par la révolution islamique de 1979, et la guerre Irak-Iran (1980-1988). L'Allemagne ayant convaincu Siemens de se retirer, à cause des risques de prolifération nucléaire, Téhéran se tourne vers la Russie, qui reprend le contrat en janvier 1995.

L’Iran aura donc une centrale nucléaire. On en annonce 240 en plus dans le monde, selon Courrier international…


Courrier international constate que le nucléaire est "tendance". Pour combien de temps?

Questions : le lien entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire ne pouvant être dénoué, faudrait-il interdire à l’Iran ce que s’autorisent les grandes puissances de la planète ? Y aurait-il, d’un côté, occidental, les bons (les « démocraties ») et, de l’autre, oriental, les méchants (les « islamistes ») ? Ne sortirons-nous jamais de ce manichéisme à la George W. Bush : le bien est chez nous, le mal est ailleurs ! Curieuse conception du monde !

Et puis, en quoi, si c’était vrai, -nous en doutons fortement- l’indépendance énergétique procurée par le nucléaire, devrait-elle être réservée aux États ayant pignon sur rue ? L’État voyou n’est pas toujours celui qu’on dit : est-ce que le voyou n’est pas celui qui cause le plus de mal ? Est-ce, alors, hors du monde occidental qu’il faut rechercher tous les États voyous ?

L'Italie avait renoncé, en 1987, par référendum au nucléaire. Avec le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi en mai 2008, l'Italie a décidé de renouer avec l'énergie nucléaire afin d'atténuer sa dépendance envers le gaz et le pétrole. L'Italie veut à terme produire 25% de son électricité à partir du nucléaire. La Stampa titre : L’atome français a son commis voyageur! Flanqué de la directrice d'Areva, Nicolas Sarkozy vend notre technologie nucléaire, sans trop se soucier des glissements possibles du civil au militaire, et cela inquiète le monde entier. Mais qui le dit?


Un beau couple à l'énergie... nucléaire!

Le dogme du terrorisme appliqué à ceux qui usent de la violence aveugle, en oubliant la violence plus affreuse encore qui est le fait des États surarmés, n’est-il pas une manipulation politique géante de l’opinion internationale ? Madeleine Rebérioux l’avait magistralement démontré : l’usage du terme terrorisme dépend des contextes et enjeux politiques ; l’un des pires terrorismes n’est-il pas celui de ceux qui, depuis longtemps, mettent le monde en péril par l’usage inconsidéré du nucléaire civil donc militaire!

Sources :
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3216,50-1160098,0.html

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81822
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090224142342.g0vdxzz6.htm
http://www.politis.fr/Trois-vies-pour-une-femme,5627.html?var_recherche=reb%C3%A9rioux

Jean-Pierre Dacheux

lundi 23 février 2009

"La sortie du capitalisme aura lieu, de façon civilisée ou barbare".

En réponse aux problèmes sociaux et sociétaux que connaît la Guadeloupe, (Gwadloup en créole), neuf intellectuels antillais ont écrit un Manifeste pour les "produits" de haute nécessité (1). Jacques Bino, le syndicaliste assassiné, a soudé autour de lui, lors de ses obsèques, une population plus que jamais déterminée. La mobilisation populaire, animée par le LKP, (la plus importante jamais vue en Guadeloupe) et la prise de conscience qu'a exprimée le Manifeste nous amènent aux réflexions suivantes.


LKP

Pensez que le capitalisme se régénèrera est irréaliste. S’il n’est pas encore mort, il est moribond; il bouge encore, mais plus pour longtemps; que ses thuriféraires le veuillent ou non, le capitalisme est agonisant... D’aucuns pensent qu’il s’agit d’une simple phase d’adaptation, quelle imposture ! Il est plus que temps d’inventer une nouvelle façon de vivre ensemble.

Les gains frénétiques de production ont eu raison du capitalisme de production, et l’appât du gain immédiat, la chrématistique aristotélicienne ont amené les affamés du fric au capitalisme financier. L’argent est la seule marchandise que le capitalisme produit au détriment de l’investissement productif. Une industrie financière s’est constituée avec pour but de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien que de l’argent. La bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future du prix de l’immobilier, etc.

Dans cette fuite en avant imbécile, on a poussé les populations à s’endetter, à consommer leurs revenus futurs. Surendettés comme les particuliers, les États ont fini par abandonner leurs pouvoirs économiques aux puissances financières, devenues folles.

Les droits fondamentaux sont, à présent, minés par le dogme de la croissance qui renforce et accroît les différences entre riches et pauvres et creuse les inégalités.



Le capitalisme n’offre aucune perspective d’avenir, aucun espoir, sinon celui de consommer toujours plus, laissant alors l’individu toujours insatisfait et névrosé dans l’attente d’un bien-être en recul permanent. C’est l’inéluctable fuite en avant sans espoir de pause et cette fuite en avant est la deuxième impasse du capitalisme. Plus de croissance pour plus de capitalisme; son seul oxygène, c’est la croissance. Mais trop d'oxygène asphyxie aussi, brûle et tue à coup sûr....

Nous avons vécu sur le bradage du capital de la planète, sur les matières fossiles, et pas sur les revenus de ce capital qui sont eux, renouvelables. Notre mode de vie est donc incompatible avec nos possibilités environnementales à supporter toutes nos émissions polluantes. La planète ne peut supporter que tous les Terriens aient le niveau de vie des occidentaux.

Faudra-t-il éliminer la moitié de l’humanité pour que l’autre survive dans la démesure ?

Non, il faut inventer un nouveau rapport au monde qui ne mette plus en péril l’avenir de l’humanité. On ne devient pas un être humain responsable au travers de la seule recherche de biens matériels, du bling-bling, mais à travers le lien social, l’échange, la parole, la confrontation pacifique à l’autre.

Il faut, peut-être, envisager une décroissance, qui ne serait ni la récession ni le retour aux diligences, mais l'entrée dans un autre mode de vie plus modeste et plus juste qui suppose d’autres rapports sociaux.


Dorine et André Gorz jeunes. Inséparables.

"De toute manière, la sortie du capitalisme aura lieu, de façon civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra".(2) Nous voulons croire que la meilleure serait celle vers laquelle nous nous dirigerions nous-mêmes.

(1) http://http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=8399
(2) André Gorz, Ecologica, éditions Galilée, 2008.
Texte intégral à retrouver dans : http://decroissance.ch/index.php/Andr%C3%A9_Gorz

« La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d'autres rapports sociaux. En leur absence, l'effondrement ne pourrait être évité qu'à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d'une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. »

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

dimanche 22 février 2009

La Guadeloupe ou "l'effet papillon".


Cela ne peut signifier qu’une chose :

non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir,

mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes.

Aimé Césaire, "Lettre à Maurice Thorez".


La Guadeloupe est entrée en résistance. Il ne s'agit pas d'une manifestation supplémentaire de la crise, mais de la révélation d'une mutation. "La grande transformation" a surgi aux Caraïbes mais elle ne concerne pas que les Antilles françaises, ni même que la France. Elle est un refus de la marchandisation généralisée, de "la profitation"..., et ça ne fait que commencer.

Les "marmonneurs de mots", comme disait Aimé Césaire, ont cette fois frappé très fort : le manifeste des neuf intellectuels (1) ose dire en quoi la poétique rejoint la politique et pourquoi, quand la poésie poétise l'impoétisable, le monde entier tremble. Le conflit traditionnel qui oppose deux hommes, deux sociétés, deux idéologies, nous y sommes habitués et nous savons, hélas, comment ça se termine : par la victoire du plus fort. Là, il s'agit de tout autre chose, du sursaut global d'un peuple qui dit sans peur et sans haine mais non sans colère, ceci : celui qui est chez lui a droit de se préoccuper de ses propres affaires. "On n'achète pas la paix sociale avec une allocation". Il est des produits de plus haute nécessité au premier rang desquels la dignité. Se faire respecter entraine l'abandon des inégalités.

Le capitalisme est devenu une philosophie, une dictature intellectuelle, dont nul ne sait comment sortir, fondant une activité planétaire prédatrice. La maximisation de l'intérêt individuel est indigne et tue. Des toutes petites Antilles nous vient, alors, une contestation de cette idéologie, car c'en est une, et le manifeste nous parle de l'universel, de l'unité de l'humanité, de l'urgence absolue à répondre au défi écologique, de l'évidence d'un dépassement de la question raciale quand les USA eux-mêmes confient leur politique à un président "créole"...! (Glissant et Chamoiseau, dans leur tout dernier livre, en appellent aussi à Obama, évidemment dépassé par la puissance symbolique qu'il a déclenchée, pour qu'il ne fasse pas obstacle à "la mise en poétique de l'inévitable changement du monde").


Les journalistes sont très embarrassés face à ce flux d'idées neuves ultramarines : les neuf intellectuels guadeloupéens ont-ils lancé un manifeste-de-la-révolte ou un simple manifeste de soutien à la Guadeloupe, signé un manifeste-pour-les Antilles ou rédigé un texte contre-les-archaïsmes coloniaux, ou bien ce manifeste-de-neuf-intellectuels-antillais-pour-des-societes-post-capitalistes n'est-il, sobrement, que le-manifeste-des-neuf-intellectuels-antillais? Qu'importe, au fond? Le vrai titre est, je pense : "Martinique – Guadeloupe – Guyane – Réunion, manifeste pour les produits de haute nécessité". Et ce qui pèsera, c'est la "haute nécessité", car le besoin d'un changement fondamental, pour "briser un impossible", nécessite l'ouverture du champ de projection à tous les imaginaires du monde.

Pure folie? "La société, ça n'existe pas" affirmait Margaret Thatcher. Elle et ses successeurs ont été bien près de nous le faire croire. L'individuation des comportements a bouleversé les sociétés. Le retour du vivre ensemble, qui ne sera pas un retour au passé ne va pas se faire sans heurts et malheurs. Le Collectif, si nous le régénérons, ne sera pas une nouvelle et vaste secte. Un miracle poétique et politique n'est plus une utopie hors de portée. Dépasser l'enfermement dans des insularités aux horizons bouchés par la mondialisation, dépasser les Antilles et les départements d'outremer, ne pas s'enfermer dans nos métropoles, acquérir une conscience planétaire, c'est possible mais ce n'est pas acquis. Il n'est, pourtant, de plus grande urgence.

L'effet papillon, le battement d'aile qui déclenche un ouragan à l'autre bout du monde, tant tout est lié et solidaire, va-t-il se manifester sur notre planète? Sommes-nous prêts à accompagner cette formidable énergie politique. À chacun de le dire.

(1) les sources où trouver ce manifeste différemment titré :
http://www.mediapart.fr/journal/france/160209/neuf-intellectuels-antillais-lancent-un-manifeste-de-la-revolte
http://www.livreshebdo.fr/les-gens/actualites/chamoiseau-et-glissant-lancent-un-%E2%80%9Cmanifeste%E2%80%9D-de-soutien-a-la-guadeloupe/2723.aspx http://www.lexpress.fr/actualite/politique/neuf-ecrivains-signent-un-manifeste-pour-les-antilles_741518.html
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/02/16/neuf-intellectuels-antillais-contre-les-archaismes-coloniaux_1156114_823448.html
http://www.paperblog.fr/1616289/manifeste-de-neuf-intellectuels-antillais-pour-des-societes-post-capitalistes/
http://www.rue89.com/2009/02/16/le-manifeste-des-neuf-intellectuels-antillais

Jean-Pierre Dacheux

samedi 14 février 2009

Alain Réfalo un résistant, pour que ça change!

Partout, ça résiste. Partout on désobéit, civilement. La non-violence active et citoyenne est en marche. L'espoir renait. Nous nous en réjouissons.

Communiqué du réseau des enseignants en résistance fédérés par le blog "Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école".

Alain Refalo sanctionné !

Alain Refalo, premier enseignant de France à avoir informé, dès le 6 novembre, par lettre ouverte à son inspecteur de circonscription, qu’il entrait en désobéissance pédagogique pour résister à la mise en œuvre des réformes du ministre de l’Education Nationale, a été informé par l’inspection académique de la Haute-Garonne qu’il était sanctionné d’un retrait de salaire de deux journées par semaine à compter du 5 janvier pour n’avoir pas mis en place réglementairement le dispositif de l’aide personnalisée deux heures par semaine.

Cette sanction financière fait suite à plusieurs visites d’observation de l’Inspecteur de l’Education Nationale dans la classe d’Alain Refalo au cours desquelles il a été constaté que ces deux heures étaient consacrées à une activité théâtre avec l’ensemble des élèves. Rappelons que ces deux heures se situent sur un temps extra-scolaire et que la présence des enfants est soumise à l’autorisation des parents.

Alain Refalo, accompagné de Laurent Cabreils représentant du SNUipp31, a été reçu ce matin par le secrétaire général et l’inspecteur d’académie adjoint, pour prendre connaissance du dernier rapport de visite de son inspecteur. C’est à l’issue de la lecture par l’intéressé de ce rapport que le secrétaire général a informé Alain Refalo des sanctions qui lui étaient infligées. Alain Refalo a alors déclaré qu’il assumait les risques liés à son action de désobéissance, et que les sanctions ne le dissuaderaient pas de poursuivre ce légitime combat contre le démantèlement de l’école publique.

Depuis plusieurs semaines, ce combat est désormais collectif. Des milliers d’enseignants sont entrés en résistance et en désobéissance pédagogiques notamment sur le terrain des nouveaux programmes, de l’aide personnalisée, des évaluations nationales et du fichier Bases élèves. Près de 2 000 enseignants l’ont fait savoir ouvertement à leur hiérarchie par écrit. Cette action collective inédite témoigne du profond malaise des enseignants du primaire et de leur volonté de ne pas collaborer par leur silence complice ou leur participation active au démantèlement du service public d’éducation.

Aujourd’hui, à Colomiers, dans la ville où enseigne Alain Refalo, une lettre collective de désobéissance annonçant la suspension du dispositif de l’aide personnalisée, signée par 30 enseignants désobéisseurs de plusieurs écoles maternelles et élémentaires de la ville, a été remise à l’inspecteur de la circonscription. A Paris, ce sont 276 lettres de désobéissance qui ont été montrées (sans être remises) à l’Inspection Académique, ce matin, (le 21 janvier 2009).

Le réseau des enseignants en résistance dénonce la sanction disproportionnée infligée à Alain Refalo qui a accompli intégralement ses obligations de service en présence de tous les élèves. En sanctionnant l’initiateur de ce vaste mouvement de désobéissance, cette sanction n’a d’autre objectif que de faire plier les enseignants qui s’engagent dans la résistance aux réformes destructrices de M. Darcos. Il appelle les citoyens à se mobiliser pour exiger de l’Inspection Académique le retrait de cette sanction injuste et l’ouverture d’un débat public qui prenne en compte le mécontentement des enseignants et des parents d’élèves.

Le meilleur soutien que nous pouvons apporter aujourd’hui à Alain Refalo est d’amplifier la désobéissance pédagogique dans les écoles afin de dénoncer les lois et les réformes qui déconstruisent l’Education Nationale. Le réseau des enseignants en résistance appelle les enseignants à ne plus mettre en oeuvre le dispositif de l’aide personnalisée et à le faire savoir à leur hiérarchie. Il appelle les citoyens à développer l’action publique dans et autour des écoles pour défendre et sauver l’Ecole publique en danger.

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html

http://sauvons-lecole.over-blog.com

http://www.nonviolence.fr/spip.php?article317

dimanche 1 février 2009

Un inspecteur du travail, pour gagner plus, doit travailler moins!

Plus le capitalisme se fragilise, plus il se durcit.
Il va finir par casser!


Tous les syndicats de l’inspection du travail en sont d’accord :
- la justice est extrêmement laxiste en matière de droit du travail,
- les employeurs qui ne respectent pas le code du travail restent largement impunis.

Trois procès-verbaux sur quatre de l’inspection du travail sont classés sans suite par le Parquet.

Patrons impunis, inspecteurs du travail poursuivis : paradoxalement, ces trois dernières années, ce sont des contrôleurs et inspecteurs du travail qui se sont vu mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions alors que Laurence Parisot a affirmé que «la liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail».

Le dernier en date, c’est Gérard Filoche. L’inspecteur du travail est mis en examen pour un prétendu « chantage » vis-à-vis d’un patron qui refusait la réintégration dans son poste antérieur d’une salariée de retour de congé maternité et qui a demandé trois fois de suite, à l’égard de cette employée, déléguée syndicale, une autorisation de licenciement.

Si c’est du « chantage » que de menacer, dans ce cas, un employeur d’un PV, alors toute l’inspection du travail fait du « chantage » sans le savoir ! Comment alors que le Parquet, débordé, manque de moyens au point de classer la majorité des PV de l’inspection du travail, choisit-il de donner suite à une plainte patronale prétendant, de façon invraisemblable, que Gérard Filoche fasse « entrave à un Comité d’Entreprise » ?

Nous tenons, en de telles circonstances, à exprimer notre totale solidarité avec Gérard Filoche.

Une pétition est en ligne
http://www.solidarite-filoche.fr/

Pour plus de détails, aller voir sur : http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1758

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

vendredi 30 janvier 2009

À la dérive...

Je voudrais vous livrer quelques phrases et décisions récentes du chef de l’Etat.

D’abord, des propos tenus à Provins le 20 janvier 2009.
«Il y avait des régiments français en charge de s'assurer que nous ne serions pas envahis par l'Italie … On voulait pas l'armée italienne, on a eu Carla, mais enfin c'est quand même plus agréable, notamment pour moi».

La première dame de France, venue d'Italie.

Le chef de l’État a ensuite dénoncé le refus d'une partie des 330 fonctionnaires du SETRA (Service d’Etudes Techniques des Routes et Autoroutes) de Bagneux (1) de s'installer à Sourdun pour compenser le départ des militaires.
«Ils ont tort, parce que ce transfert il se fera. Et je suis désolé, c'est une opportunité de travailler dans un cadre pareil. Dès que je veux changer quelque chose, toutes les forces du conservatisme se mobilisent pour l'empêcher. J'étais préparé à ça, j'écoute mais je n'en tiens pas compte»

Ensuite, le limogeage du préfet et du directeur de la police du département de la Manche.

Hier, c'était le préfet,

Le préfet Jean Charbonniaud,

... aujourd'hui c'est le directeur de la police :
Philippe Bourgade, directeur départemental de la sécurité publique de la Manche.
Il a annoncé, jeudi 29 janvier, sa mutation, ce qui, selon des sources proches de la préfecture, peut être considéré comme la conséquence du mécontentement du président de la République, chahuté par des manifestants à Saint-Lô, le 12 janvier 2009.

Une source proche de la préfecture de la Manche, qui a requis l'anonymat, a indiqué à l'AFP que cette "mutation" avait, comme celle du préfet Jean Charbonniaud, annoncée mercredi, un "lien" avec la visite du président de la République et la manifestation organisée à cette occasion. »

Ces propos, ces actions après d’autres comme celle de s'attribuer le droit de désigner le président de France télévision, par exemple, présagent d’une dérive au minimum autoritaire de notre démocratie. Ils m’inquiètent.

Pas vous ?

(1) http://www.setra.developpement-durable.gouv.fr/
Jean-Claude Vitran.


Les fourriers de l'antisémitisme.

"Moi, je suis là pour dire ce qui est raciste et ce qui est antisémite» prétend l'inénarrable Bernard-Henri Lévy, dit BHL, venu à Lyon pour dire, devant un tribunal correctionnel, en tant que "grand témoin" (?), pourquoi Siné avait franchi la ligne jaune (sic), était vraiment antisémite, et pour témoigner, devant la Cour d'Assise, contre un criminel, Jean-Marie Garcia, en qui il voit : "un vrai raciste". (1)

Passe sur la suffisance du bonhomme et sur la complaisance des juges et des journalistes qui accordent au "philosophe médiacosophe" une place qu'il ne mérite pas d'occuper.



L'essentiel est ailleurs. Il semble actuellement impossible de faire reconnaître que ce qui est antisémite étant raciste, il n'y a pas lieu de dissocier racisme et antisémitisme! Il existe un racisme antisémite, un racisme tsiganophobe, un racisme arabophobe, un racisme antiNoirs, un racisme antiTchétchène, etc... Parler, comme le font, en général, les idéologues de droite, de "racisme et d'antisémitisme", c'est prendre le risque de faire des Juifs une population à part, sur laquelle on peut jeter le discrédit et l'anathème, ce que l'on veut, très précisément, empêcher! Non, l'antisémitisme est haïssable parce que c'est un racisme. Tout simplement.

Siné ne sera pas condamné pour avoir ridiculisé le fils Sarkozy, supposé à la recherche d'une conversion au judaïsme pour réaliser un riche mariage. Quel que soit le bon goût de cette pique, il ne s'agissait pas de propos antisémites et BHL en sera pour une démonstration ratée.

Mais, plus sérieusement, sous cet événement médiatique, sur lequel BHL s'est, bien entendu, jeté, il y a un vrai différent avec la pseudo intelligentsia représentée par d'ardents défenseurs de la cause israélienne et qui font feu sur tout ce qui bouge parmi les critiques de la politique d'Israël! Traumatisés par l'histoire (ce que l'on peut admettre!) ou/et de mauvaise foi, ces personnalités, connues, inutiles de les dénommer (donc de les clouer au pilori!) paniquent chaque fois qu'apparaissent des manifestations d'hostilité à l'encontre du sionisme ou des sionistes. Ils ont tort et se gardent bien de nous dire (ils le savent, pourtant!) pourquoi le sionisme peut, parfois, -et, actuellement, souvent!- faire le lit de l'antisémitisme.

Mais il convient, aussi, que tous ceux qui ne mélangent pas les conflits racistes et les affrontements politiques cessent de faire des complexes! Les Juifs n'ont pas besoin de démontrer l'apport immense à la pensée humaine d'un grand nombre d'entre eux, de Karl Marx à Albert Einstein, de Sigmund Freud à Hannah Arendt, et bien d'autres encore, autant ou moins connus... Ne nous retenons pas davantage de critiquer ceux d'entre les Juifs qui se trompent de siècle et voudraient que quiconque s'oppose à un Juif soit suspect, peu ou prou, d'antisémitisme! La Shoah, n'explique et n'excuse pas tout. C'est, au contraire, réduire l'enseignement historique et la portée philosophique de l'un des plus épouvantables génocides qu'aient connus l'humanité que de l'invoquer, hors de propos, pour protéger les Juifs du XXIe siècle des leurs erreurs, voire des crimes, qu'ils commettent, tout comme d'autres populations!

L'un des très rares apports de la désastreuse guerre de Gaza aura été de démontrer, par l'absurde, ce que Hannah Arendt avait déjà souligné : la banalité du mal. Tout homme peut s'y complaire, y compris les petits-enfants et arrière-petits-enfants de rescapés ou de victimes de la Shoah! Désespérant constat, mais preuve supplémentaire que l'antisémitisme est un racisme criminel, un racisme comme les autres : même ceux qui avaient tout, vraiment tout, pour comprendre le tragique de la destinée humaine, peuvent se conduire, le temps passant, comme n'importe lesquels des autres hommes de cette Terre!

Relisons Hannah Arendt : sa lucidité n'a guère souffert du poids des années! En matière d'inhumanité, il n'y a vraiment pas de peuple élu!



(1) http://www.mediapart.fr/journal/france/290109/bhl-nouvel-auxiliaire-de-justice

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran