Depuis vendredi 9 décembre 2011, il ne fait pas bon être différent dans les communes de Mériel et de Baillet en France.
Tout change, mais rien ne meurt. OVIDE (resistancesetchangements@gmail.com)
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lundi 12 décembre 2011
L'insécurité au service de la sécurité ?
Depuis vendredi 9 décembre 2011, il ne fait pas bon être différent dans les communes de Mériel et de Baillet en France.
samedi 10 décembre 2011
99%
Alors oui, les indignés US ont raison : ça ne peut plus durer. Que ce soit à Moscou, à Kinshasa, à Tel Aviv, à Athènes, à Lisbonne, à Madrid, à Rome..., là où l'on vote ou là où l'on se passe du vote, là où l'on triche, là où l'on ment, là où l'on bafoue et tue la démocratie, là où les responsables politiques sont paralysés et contraints d'obéir aux maîtres de l'argent, il faut mettre fin à ce qui ronge les sociétés et assassinent les espérances.
Pendant qu'on cherche à "sauver l'euro" en vidant les poches des Européens, les questions majeures, fondamentales pour l'avenir de l'espèce humaine sont rejetées au second rang, à Durban. Impuissants les peuples ne peuvent plus que constater qu'on les gruge et que l'on se dirige vers "après moi le déluge" laissé à gérer à leur descendance.
La non-violence affichée par ceux qu'on massacre ou qu'on matraque partout où s'expriment, sans se relâcher et sans céder, des protestations, et pas seulement en Syrie ou en Russie sera-t-elle plus efficace que la révolte armée ? Nous voulons le croire, mais il y faut un niveau de conscience et un courage qui ne sont pas donnés à tous !
Que tous les indignés de la Terre s'unissent comme le souhaitait le slogan marxiste ("Prolétaires de tous les pays unissez-vous"). À deux différences près : que plus jamais la dictature d'un parti unique ne s'abatte sur les peuples et que cesse la course à la production de richesses qui sont gaspillées, ou inutiles, au risque de rendre le travail humain sans intérêt !
vendredi 9 décembre 2011
Où est l'Europe ?
L'Europe de l'Euro est-elle l'Europe ?
Qu'est-ce qu'un pacte intergouvernemental sinon un simple accord de gouvernements ?
D'ores et déjà, on sait qu'on ne modifiera pas les traités : ce serait trop long, trop compliqué juridiquement et trop aléatoire si l'on doit consulter les peuples voire les seuls parlements. On se dirige donc vers une accord technique, d'ordre financier, a minima.
Reste la contradiction des contradictions qu'aucune des arguties de la co-dictature Merkel-Sarkozy ne pourra effacer, même en se plaçant de leur point de vue : on ne peut mener, en même temps, des politiques d'austérité et de relance de la croissance. L'austérité, pour redonner confiance aux marchés (qui craignent pour les profits que ne peuvent plus faire les banques, sur les dos des États surendettés), tue la confiance des marchés (qui craignent qu'avec la chute du volume des affaires, les profits fondent !) C'est la quadrature du cercle !
Autre imposture : celle de la convergence industrielle en Europe, alors que l'Allemagne compte sur une nouvelle politique de l'énergie pour développer l'emploi et la production de biens nouveaux, alors que la France reste crispée sur une politique énergétique fondée sur la production d'électricité nucléaire. La politique de concertation européenne et la politique d'affirmation nationale se marient mal ...
Enfin, lourde interrogation encore : l'Europe des marchés peut-elle déboucher sur l'Europe politique et l'Europe politique peut-elle être autre que fédérale ? La nation est le seul espace où s'exerce la souveraineté, aujourd'hui encore, et de plus en plus de dossiers concernent des choix à faire qui intéressent des domaines beaucoup plus larges que ceux des nations. Le Parlement européen, par la volonté des États nationaux, ne joue pas pleinement son rôle. Ou bien se créent les États-Unis d'Europe, ou bien on revient aux États-nations ..., à moins que l'on invente une constitution politique qui définirait les compétences en fonction des territoires en laissant aux citoyens le maximum d'autonomie locale. En bref, il conviendrait d'adapter les systèmes de décision en ne faisant pas de hiérarchie selon la taille des territoires mais en déterminant quels sujets doivent être traités à un niveau plutôt qu'à un autre.
Mais pour cela, il faut une autre Europe.
lundi 5 décembre 2011
Française en sursis
Elle est française. On ne lui reconnait pas le droit de l'être administrativement. C'est partie remise. Honte à ceux qui ont de l'identité française une conception fort sélective !
Nous sommes touchés par la réaction (reprise ici) d'un fils insulté par l'insulte que subit sa mère. Nous sommes émus qu'on parle aussi bien de la France, notre pays, dont un ministre se rend indigne. Nous sommes, une fois encore, indignés de l'inhumanité qui peut inonder les pratiques de nos administrations. Nous aussi attendons qu'une autre France se manifeste et redonne des couleurs à ce territoire que nous aimons. Il arrive que la France ne soit plus la France. Cela s'est vu sous Pétain et cela peut, parfois, se reproduire.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux
"Ma France" chantait Ferrat :
"Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France"
Le crachat et le rêve français
Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration
Monsieur le ministre,
La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.
Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.
Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.
Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.
La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme - j’y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis, tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e) enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.
Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.
Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.
Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un nouveau dossier.
Je ne vous salue pas, monsieur le ministre.
Par Amine EL KHATMI 23 ans, étudiant en droit (master 2), Français
Source TERRA : http://www.liberation.fr/politiques/01012375069-le-crachat-et-le-reve-francais
lundi 28 novembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
La schizophrénie du risque zéro.
On ne peut vivre sans risque ! L'idéologie sécuritaire conduit non à supprimer mais à multiplier les risques ! Le principe de précaution ne conduit pas, s'il est compris convenablement, à la suppression des risques mais à leur limitation. Les risques que font courir à l'humanité l'industrie nucléaire, les manipulations génétiques végétales et animales, les nanotechnologies sont tels qu'ils devraient être bannis de nos industries et plus encore de nos armements, pourtant il n'en est rien ! Pendant ce temps, à chaque crime crapuleux ou odieux, on prétend prévenir leur répétition en multipliant les lois répressives. Tout cela est contradictoire, insensé et dangereux pour la civilisation.
L’apprentissage du métier d’Homme, l’éducation, vivre tout simplement obligent à des prises de risque permanentes. Comme le dit Martin Heidegger : « Nous sommes en sursis dès notre naissance », en effet, toute action humaine a sa part de risques.
Dans notre société du 21ème siècle, la philosophie du risque zéro, qui veut que l’on considère le scénario le plus alarmiste comme le plus probable, se renforce. L’angoisse existentielle de notre fin programmée exalte le besoin de sécurité et nous fait rechercher la prise de risque minimale. Nous ne voulons pas que nous même ou nos proches courent des risques ; de notre conception jusqu’à notre dernier souffle, nous demandons à d'autres, à la collectivité, à l’Etat de garantir notre intégrité, voire de nous garantir l’immortalité.
Alimenté par une presse qui verse dans le sensationnel, le public succombe à la dictature du risque zéro et glisse vers une déresponsabilisation générale face aux exigences de la démocratie.
Les hommes politiques se transforment en gestionnaires des risques et en réactifs compassionnels.
Lors de ses vœux aux Français, alors qu’il était président, Jacques Chirac évoqua un « monde incertain et dangereux ».
Dans la conjoncture présente, à l'âge de la fin des idéologies et des partages droite-gauche - depuis 1997, à gauche comme à droite, la sécurité est devenue la « première des libertés » - la notion de risque constitue une ressource politiquement très payante, et le bon politique est le bon gestionnaire des risques.
Le nombre de lois de circonstance promulgué depuis 2005 en est la démonstration la plus éclatante.
Les pouvoirs publics, qui ont ainsi moins à craindre d'affronter les mouvements sociaux, transforment la demande sécuritaire en outil politique, et garantissent le sentiment du besoin de sécurité en développant des systèmes de coercition et de surveillance de plus en plus sophistiqués et généralisés.
Dans le contexte de la société consumériste, les partis politiques, émules du docteur Jekyll et de Mister Hyde, exploitent l'ignorance, la naïveté des citoyens et instrumentalise le risque zéro en répétant à l'envi : « Consommez, consommez bonnes gens, tout est sous contrôle ».
Evidement, le risque zéro n’a jamais existé dans la réalité, et, trop de sécurité tue la sécurité, mais il est l'alibi d'un pouvoir qui soupèse le potentiel de dangerosité des citoyens, et on le retrouve en permanence dans ses discours sécuritaires.
Ces manipulations sont d'autant plus perverses qu'elles cachent les risques les plus dangereux. Aveuglés et trompés par les déclarations fallacieuses du pouvoir, les citoyens réclament une sécurité immédiate et de proximité sans prendre en compte les développements technologiques qui obèrent jusqu'aux possibilités de survie de l'espèce.
Des accidents industriels gravissimes aux impacts internationaux, qui mettent en grand danger une multitude de personnes - centrales nucléaires, usines chimiques - laissent une grande partie du public indifférent. La dernière actualité au Japon illustre dramatiquement le propos.
Des nouvelles technologies - OGM, Nanotechnologie, manipulation du vivant - se développent dans la plus grande opacité et en dehors de tous débats démocratiques alors même que des institutions internationales sonnent l'alarme.
Parlant des nanotechnologies, le directeur général du Centre d'analyse stratégique (CAS), Vincent Chriqui dit avec un froid cynisme, : « on ignore encore largement quels peuvent être les effets (des nanotechnologies) sur la santé ou l'environnement de leur diffusion à grande échelle. Les nanoparticules peuvent traverser la peau et même entrer dans différents organes, notamment le cerveau » pour terminer en martelant « Quelles que soient les craintes qu'on peut avoir, il est indispensable, pour un grand pays comme la France de continuer à les développer » et il ajoute « Le marché mondial pourrait atteindre de l'ordre de 3.100 milliards de dollars d'ici 2015 »
Ces propos résument la schizophrénie du concept du risque zéro à deux vitesses et dévoilent la volonté à peine voilée des politiques.
Obérer éventuellement la pérennité de l'espèce humaine n'a pas d'importance : pas de respect du risque zéro, pas même de celui du principe de précaution, pourtant inscrit dans le préambule de la Constitution, si l'on doit sacrifier les dogmes sacrés du profit et de la croissance.
Nos exigences de minimisation des risques, notre manque de lucidité, notre grande naïveté, les abus de pouvoir dont sont responsables les hommes politiques de tous bords et la confiscation de la démocratie laisse, devant nos yeux aveugles, le champ libre à un bouleversement en profondeur de la société qui débouchera sur la suppression des libertés, des droits fondamentaux et sur un nouvel esclavage.
Ce n'est pas de cette société que nous désirons pour nos descendants, aussi il est urgent de réagir avant que le système politico-financier actuel n'entraîne l'humanité à la catastrophe.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux
jeudi 24 novembre 2011
Non au chauvinisme pernicieux
Nouvelle dissociation d'avec nombre d'États d'Europe qui acceptent, certains depuis longtemps, le droit des étrangers à voter, non seulement aux élections locales mais à d'autres élections y compris législatives.
Prôner que les résidents étrangers s'insèrent dans le pays (d'aucuns - pas nous !- disent : "s'intègrent") et ne pas les laisser participer à la vie du pays où ils sont installés parfois depuis des décennies est contradictoire ! Le père de Zidane n'a pas pu voter...
Y a-t-il deux catégories d'hommes : ceux qui vivent en leur pays et qui en peuvent être les citoyens, d'une part, et ceux qui ne peuvent qu'habiter, payer leurs impôts, éduquer leurs enfants dans le pays où ils se sont retrouvés en famille, mais sans y avoir le droit d'exprimer un avis sur la politique du pays d'accueil, d'autre part ?
Écartons ce péril !
C'est même pas vrai ! L'UMP et le petit Nicolas aussi, maintenant...
Et le 25 octobre 2005, il expliquait dans une interview au Monde « qu’il ne serait pas anormal qu’un étranger en situation régulière qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter aux élections municipales.

