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dimanche 8 août 2010

Le sarkozysme, la droite-extrême et l’extrême-droite

Nous osons emprunter, à un ami, un texte qui dit bien ce que nous rencontrons comme obstacle, aujourd'hui, et ce à quoi nous voici opposés, à jamais...


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux.


Serge Portelli

[Source : Chronique de l’humanité ordinaire
blog de Serge Portelli]


Qu’il est réconfortant ce premier tollé contre les derniers projets du pouvoir ! Premier, puisqu’il faudra nécessairement que nos voix se fassent entendre plus fortement encore pour défendre les valeurs de la République, le 4 septembre prochain. Mais quelle naïveté chez ceux qui y voient un “dérapage”, une “outrance”, une pure opération électoraliste, une manœuvre de diversion destinée à conquérir des voix du Front National. À croire qu’ils n’ont jamais vraiment lu ni écouté les discours nous sommes pourtant abreuvés depuis quelques années. Aucune des mesures qui nous font frémir ou nous soulèvent le cœur n’est le fait des circonstances. Il n’y a ni exagération ni infléchissement, ni même durcissement d’une ligne politique. Nous sommes dans le droit fil de l’idéologie sarkozyste dont beaucoup s’obstinent encore à nier l’existence et dont l’actuel président de la République n’est jamais que le principal, mais provisoire porte-parole.


Nous assistons à l’une de ses dernières et inévitables évolutions : la confusion, dans une France qui glisse lentement vers la droite, entre cette droite-extrême qu’est le sarkozysme et l’extrême-droite classique. Dans le dernier programme en vente à ce jour (car le catalogue varie de jour en jour) nous trouvons donc :

- la déchéance de leur nationalité française de certains Français “d’origine étrangère” qui auraient volontairement porté atteinte à la vie d’un membre des forces de l’ordre (première version présidentielle) ou (seconde version ministérielle) contre les coupables de polygamie, d’excision, d’appel au travail illégal , voire d’actes de délinquance grave (sic)

- la fin de l’acquisition automatique de la nationalité française au moment de la majorité pour des mineurs étrangers s’ils ont commis des actes de délinquance - la dénonciation explicite de l’immigration comme facteur de délinquance

- des mesures censées mettre fin au “comportement” de “certains parmi les gens du voyage et les Roms”, dont “la reconduite quasi immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou à des fraudes en direction de la Roumanie et de la Bulgarie” et des expulsions des campements illégaux.

- des peines de prison pour les parents de mineurs délinquants en cas de défaillance caractérisée (deux ans d’après l’honorable parlementaire, Eric Ciotti, qui dit mieux ?) - l’extension du système des peines planchers en cas de violence - une peine de 30 ans de réclusion pour les auteurs de crime contre un représentant des forces de l’ordre...


Ce déluge de réformes n’a que l’apparence d’une énumération à la Prévert. Il faut être aveugle pour ne pas voir, derrière chacune de ces mesures ou de ces déclarations, une conception très précise et singulière de l’homme, de la société et des libertés, un dessein parfaitement réfléchi, extrêmement cohérent et inlassablement répété. Bref, une “idéologie”, terme que le sarkozysme réfute toujours pour en affubler ses adversaires puisque, pour lui, l’idéologie c’est toujours l’autre.


Au fond de cette idéologie, il y a le fantasme archaïque d’une humanité simplifiée, sans le moindre degré de complexité. Avec d’un côté les bons, de l’autre les mauvais. D’un côté, ceux qui respectent des valeurs fondamentales que le candidat à l’élection présidentielle énumérait dans un de ses discours de campagne, à Marseille, le 19 avril 2007 : “la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, l’ordre, la morale”. De l’autre, tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre ne les respectent pas et qui, selon l’une des expressions favorites du régime, ramassée sur le zinc d’un comptoir et à nouveau ressassée ces derniers jours, “empoisonnent la vie des honnêtes gens”. À partir de cette vision manichéenne du monde, se bâtit l’autre fantasme, plus récent, d’une société sans risque, aseptisée, obsédée par une sécurité absolue, dans laquelle les principes de précaution puis d’exclusion s’appliquent à tout ce qui peut représenter un danger. Le ressort idéologique secondaire est donc la peur. Peur, minutieusement entretenue, de tous les fauteurs de trouble de ce nouvel ordre moral et sécuritaire. Dans cette société violente, on préférera stigmatiser, déchoir, humilier, expulser, enfermer que d’affronter les vrais problèmes. Contrairement au credo affiché, il ne s’agit pas d’être efficace, mais de frapper fort, devant les médias, et d’impressionner l’opinion publique.


Rejoignant les thèmes fondamentaux de l’extrême droite, le sarkozysme met, au premier rang de ces peurs, l’étranger ou l’immigré qu’il assimile constamment au délinquant, fustigeant les “cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée” (y compris donc de 2002 à 2004 et de 2005 à 2007...), martelant que “la question des étrangers est un problème majeur dans notre pays” (Frédéric Lefebvre, le 5 août dernier). Si le mot xénophobie a un sens, il faut donc admettre, après tant d’années de démonstration acharnée, que le sarkozysme est xénophobe. Qui a oublié les propos de Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2006, : “si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter”, calqués sur le slogan de Philippe de Villiers, rallié depuis lors : “la France, aime-là ou quitte-là”, et directement inspirés de la vulgate lepéniste. Qui ne voit pas la politique inhumaine et féroce de reconduite à la frontière qui brise chaque jour des familles et des vies ? Tout ceci sous la houlette d’un calamiteux ministère de “l’identité nationale”. Qui a oublié voici à peine deux mois, la condamnation en première instance à 750 euros de notre jovial ministre de l’intérieur pour injures raciales pour avoir dit, à propos des personnes d’origine arabe : “Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes” ? Nous sommes face à une xénophobie populiste qui s’inscrit dans le nationalisme le plus obscur, le plus rétrograde qui soit.


Le projet actuel concernant la déchéance de nationalité s’inscrit dans le droit fil de cette idéologie. Il s’appuie sur des notions héritées de notre histoire la plus sombre. L’expression de “Français d’origine étrangère” estampille définitivement le projet. La stigmatisation des Roms et de leur “comportement” est très exactement de la même veine. D’autant qu’il confond intentionnellement dans la même opprobre ces citoyens de l’Union Européenne (Bulgares et Roumains) avec les “gens du voyage”, dont l’immense majorité est française. Tout ceci devient insupportable. Nous sommes aux antipodes d’une société républicaine où l’égalité, la liberté, le respect de l’autre, la tolérance, la solidarité, le partage sont à la base de la paix civile et du progrès social. Les Français sont tous égaux devant la loi. Pourquoi ce principe fondamental est-il inscrit à l’article premier de la Constitution ? Parce que la France ne veut plus revivre les abominations d’une politique raciste et xénophobe. Parce que les fondateurs de notre République ont voulu interdire à tous les gouvernants de distinguer selon l’origine. Parce qu’ils ont voulu faire de notre pays une terre d’accueil, de solidarité et d’asile. Oui, ces projets sont anticonstitutionnels. Pire, ils sont indignes.


Les autres mesures sur la délinquance et les mineurs tentent, eux, de nous persuader que nous sommes dans un monde en guerre. Cette énième déclaration des hostilités attire heureusement autant de sourires que les hardiesses d’un général boum-boum dans une opérette d’Offenbach. Selon la recette usée jusqu’à la corde du sarkozysme triomphant, il s’agit de faire voter une nouvelle loi qui, cette fois-ci, on vous le jure, anéantira l’ennemi. Dans cette conception affligeante de la loi, il suffit d’aggraver une peine pour stopper la criminalité. On imagine les délinquants, attentifs, eux, aux éditions de septembre du journal officiel, tourner fébrilement les pages de la rubrique “textes législatifs” et déposer subitement les armes en voyant l’imparable sévérité de ce gouvernement. Arrêtons de plaisanter et de se moquer du peuple. Les peines plancher sont un effroyable échec malgré les statistiques joyeuses du ministère de la justice. On croyait que la récidive avait épuisé jusqu’aux ultimes ressources de la démagogie. Le président de la République a relevé le défi. Lui qui avait promis de régler définitivement le problème de la récidive avant la fin de l’été. 2007. La dernière loi sur le sujet date du mois de mars dernier. Les parents des mineurs récidivistes seraient donc sanctionnés pénalement. Si jamais ce projet lumineux était adopté peut-être se trouvera-t-il un juge - constitutionnel par exemple - pour rappeler que, dans une démocratie, toute responsabilité pénale est individuelle. Personne ne peut être puni pour une infraction commise par un autre, même son frère, même ses parents, même ses enfants. Il fut un temps, fort lointain, bien bien avant la Révolution française, où la responsabilité était familiale. C’était le temps des huttes, des peaux de bêtes, des clans et des vendettas. Le progrès, la civilisation sont passés par là. Le droit aussi. Mais la “performance de la sécurité intérieure”, on peut le comprendre, a ses exigences. Supérieures aux avancées de l’humanité. Il nous fallait, jusque présent, pour tenter de raisonner ce gouvernement, nous arc-bouter sur les principes de la convention européenne des droits de l’homme. Il a fallu se replier sur le programme du conseil national de la résistance. Puis s’arrimer aux acquis de la Révolution. Nous voici rejetés, avec ce projet fou, aux premiers temps de l’humanité.


Certains parlent de Vichy, d’autres même de nazisme. Il faut garder raison. Nous quittons la démocratie - le constat est déjà assez rude - pour nous engager dans un Etat-limite où le mot d’ordre est à la répression, aux expulsions, aux enfermements, à la surveillance. Ce qu’il reste de la police est jeté, en pure perte, aux avant-postes d’une bataille purement idéologique. On assiste parallèlement à une mainmise de la police (d’une certaine police en tout cas) sur les institutions de la République. Pas simplement par la nomination de super-policiers comme préfets. Le Figaro nous apprend ainsi que “ce plan de bataille [a été ]soigneusement mis au point par l’Elysée, à coup de réunions secrètes avec la haute hiérarchie policière, sous la houlette sur secrétaire général de l’l’Elysée, Claude Guéant”. On ose à peine rappeler que ce dernier fut nommé directeur général de la police nationale par Charles Pasqua en 1994. Quel bonheur de voir ainsi la police, aux plus hautes marches de l’Etat, veiller au bon fonctionnement de nos institutions ! Quelle chance pour nos libertés, surveillées avec autant de sollicitude par la maréchaussée !


Toute cette agitation, à moins de deux ans des élections présidentielles, précipite une évolution ancienne et lourde de dangers pour la société française : le renforcement et la banalisation des idées du Front National. Elle traduit la confusion tragique de deux discours : celui du sarkozysme et celui de l’extrême-droite. Il est encore trop tôt pour savoir qui, dans les urnes, profitera de cette gémellisation des extrêmes si ce n’est que le Front National a l’avantage de l’ancienneté et que l’électorat, sur toute l’étendue de l’échiquier politique, a toujours préféré l’original à la copie. Le sarkozysme s’était jusqu’à présent préservé de ce danger en usant et abusant du discours paradoxal, en citant parfois Jaures ou Blum, en grappillant quelques idées de l’opposition ou en séduisant quelques figures usées de la gauche. Ce temps est passé. Il n’y a plus aucun lien possible entre la gauche et le sarkozysme. Comment ne pas éprouver une sincère compassion pour Jean-Marie Bockel, toujours secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Justice - et des Libertés ! - qui vient de se voir confier une mission de réflexion et de proposition sur la prévention de la délinquance des jeunes ? Un autre rapport aurait été bienvenu sur la future triple peine qu’instaure le projet de déchéance de la nationalité.


Il va donc falloir s’habituer à ce discours commun, à ces propositions croisées, à cette surenchère permanente du sarkozysme et de l’extrême droite. Nous n’en sommes qu’aux prémisses. Le pire est à venir car cet électorat va vouloir des actes : c’est précisément là que nos compères seront départagés. Attendons-nous à la démagogie la plus épaisse. À d’autres mesures vengeresses. Tous les préjugés, toutes les peurs vont être exploités jusqu’à la lie. Il n’est pas étonnant que, dans un premier temps, ces mesures, habilement présentées, recueillent l’assentiment d’une majorité de la population. Elles sont minutieusement étudiées pour, dans un premier temps, flatter ce qu’il y a de plus bas, de plus vil, de plus vulgaire en nous tous. Mais il suffit d’un peu de réflexion, d’un peu de temps pour que la raison reprenne ses droits.


Il appartient à tous les démocrates, où qu’ils soient, qui refusent ces extrêmes, de se mobiliser. De choisir, comme d’habitude, la voie difficile, longue, risquée de la réflexion, de la mesure, de la responsabilité pour rappeler quelles sont les vraies valeurs de la République.



samedi 7 août 2010

Échapper à la dictature des sondages



Sondages. Vous avez dit sondages...

Que sonde-t-on ? L'opinion. Qui sonde-t-on ? L'opinion ! Bref, on sonde l'opinion de l'opinion, ce qui revient à confondre une idée et celui qui la porte.

Peut-on, du reste, mesurer une idée ? Non ! On ne mesure que le nombre de ceux qui sont favorables à cette idée. Une idée ne vaut pas par la quantité d'appréciations positives qu'elle reçoit, mais par la qualité de ce qu'on y découvre.

Un homme seul peut avoir raison face à tous. C'est bien là le drame de la démocratie, et ceux qui se réclament encore de De Gaulle devraient se souvenir, à la fois, que "le Général" fut fort isolé quand il dit non au nazisme, tandis qu'Hitler, en 1933 avait, fort légalement, remporté les élections, en Allemagne.

La loi du nombre a besoin d'être corrigée par la volonté du peuple, sauf à n'être qu'une dictature de plus. On sait tout sur le caractère instantané, fluctuant, réversible des sondages, mais on fait comme s'ils contenaient la volonté populaire. D'où l'importance de chercher à leur faire dire ce qu'il plait aux pouvoirs d'entendre... Alors que, tout au plus, les sondages commandités par (l'État, des partis, des personnalités politiques...) révèlent le niveau de sensibilité des personnes interrogées à la question qu'on leur pose.

Il est utile, intéressant, stimulant de pouvoir constater l'impact d'une proposition sur une population clairement ciblée. Mais il est stupide, faux, et déprimant, de tenir compte d'une réaction à la proposition qu'induit la question posée.

Gardons-nous de prendre le risque de nous placer sous les effets de ces sondages dont l'honnêteté intellectuelle ne serait pas avérée, notamment quand il s'agit d'insécurité. Car il est trois types de questions : celles qui ne peuvent recueillir que la réponse attendue ("pensez-vous que l'insécurité constitue un souci majeur pour les Français ?"), celles qui donnent à penser ce que l'on veut faire dire ("souhaitez-vous que le Gouvernement place la lutte contre l'insécurité au premier plan de son action politique?") et celles qui laissent une marge d'appréciation ouvrant le spectre des réponses ("estimez-vous que l'augmentation des effectifs de police constitue le meilleur moyen de lutter contre la délinquance?").

Il n'est pas de question neutre. Les sondeurs suivent des intentions, dépendent de financeurs, et subissent leurs propres convictions, ce qui ne leur permet pas d'interroger l'opinion sans arrière-pensées. L'impact médiatique des résultats des sondages est, en outre, très préparé. En passant de 32 à 34% d'opinions favorables la cote de Nicolas Sarkozi "se redresse". Le Figaro titre sur le bon accueil des mesures ultra sécuritaires annoncées par le Gouvernement alors que l'excès des avis favorables (80% !), rend le sondage non crédible.

La déontologie des instituts de sondage est sujette à caution. Sans une commission de contrôle des conditions, des mises en œuvre et des publications des sondages, les pratiques actuelles peuvent être, en tout ou partie mises en doute.

La dernière tentative de manipulation élyséenne, relayée par la presse aux ordres, doit nous servir de leçon :
• Les sondages ne doivent jamais être pris argent comptant y compris quand ils nous satisfont.
• Les sondages servent, le plus souvent, ceux qui les paient.
• Les sondages non contrôlés pas des moyens scientifiques sont à écarter.
• Les sondages font couramment partie de l'arsenal des propagandes.
• Les sondages peuvent déstabiliser ou conforter les citoyens qui n'y prendraient garde.
• les sondages sont des indicateurs qui ne permettent pas de juger la bonne direction à prendre.

Le B.A =BA de la politique devrait contenir la formation sur le mésusage des sondages d'opinion.

21_avril_2008_-_sondages.jpg

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran


jeudi 5 août 2010

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité


http://observatoire2.blogs.liberation.fr/.a/6a0120a5a88f9d970b0120a6a01af7970c-800wi

On ne perd pas son identité selon le visage qu'on a, quoi qu'on fasse.

Sur notre Terre commune, un tout petit peuple, le peuple français, qui eu, et a encore, une grande place dans l'histoire de l'humanité, continue d'avoir à dire au monde que la liberté n'est pas réservée aux puissants, que l'égalité n'est pas interdite aux pauvres et que la fraternité concerne tous les hommes quelle que soit leur origine. Pour cela, il faut qu'à nouveau, il se dresse et dise non à une entreprise politique qui défigure la République. C'est le sens de l'appel que contient le communiqué ci-dessous.
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

Communiqué commun

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite.

Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.



Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

mercredi 4 août 2010

Les deux lectures du discours de Nicolas Sarkozy, le 31 juillet 2010, à Grenoble.

La première lecture, évidente, est celle de de la droitisation maximale du Président qui, sentant que son électorat se délite, réendosse son uniforme de super-flic pour ratisser sur les terres du Front National, comme lors de la dernière élection présidentielle.

Ce faisant, il manque de prudence car il n’est pas certain que se servir de grosses ficelles donne les mêmes résultats. On peut berner l’électeur une fois mais peut être pas plusieurs. De plus, il joue avec le feu car la France de 2010 n’est plus celle de 2007, la détérioration économique a laissé des traces et la recherche de boucs émissaires pourrait donner de mauvaises idées à certains jusqu'à dresser une partie de France contre l’autre.

L’autre lecture est celle d'un discours à destination de l’industrie de pointe mondiale et des chercheurs internationaux. En effet, Grenoble est, depuis des décennies, la mère de toutes les technopoles, une des composantes majeures de la Silicon Valley européenne.

C’est la ville où l’on invente les moyens les plus sophistiqués pour surveiller l’ensemble de la population, vidéosurveillance « intelligente » à reconnaissance faciale, RFID de taille nanométrique, logiciels dédiés aux manipulations du cerveau, etc.


C’est la ville où l’on a implanté à coup de milliards d’euros le MINATEC (campus d’innovation pour les micros et les nanotechnologies) et où se sont installés plus de 2500 chercheurs étrangers et leurs familles


Le site internet de la ville l'affirme :

« Grenoble est l'un des territoires les plus innovants de France grâce à son modèle de développement construit sur un partenariat historique entre l'université, la recherche et l'industrie …. (elle) s'est engagée aujourd'hui autour de 3 secteurs porteurs :

Les micro-nanotechnologies et les logiciels

Les biotechnologies et les sciences du vivant

Les nouvelles technologies de l'énergie »

et ajoute :

« La Ville de Grenoble participe depuis plusieurs années à de nombreux projets européens dans le domaine de l'innovation technologique. »

Un ancien élu municipal de gauche, Bernard Pecqueur, a dit1: « c’est la tyrannie de la réussite, les pauvres laissent la place aux riches. » et le maire, Michel Destot, PS (?), d’ajouter2 : « Nous avons été les pionniers dans de nombreux domaines, nous pouvons désormais l’être dans ce nouveau fléau qu’est celui de la délinquance urbaine »

Député-maire de Grenoble, Michel Destot confiait hier soir  avoir eu “un contact de qualité” avec Éric Le Douaron, le nouveau préfet  de l’Isère. Le DL / Lisa Marcelja

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2010/07/30/michel-destot-je-ne-laisserai-stigmatiser-ni-grenoble-ni-la-villeneuve :

Comment vivez-vous ce déplacement présidentiel?
Michel Destot : «Comme l’occasion de remonter la pente, car c’est la condition de pouvoir mener nos politiques.»

Grenoble devient la ville Bling-bling, celle de la Rolex à 40 ans où ces salauds de pauvres veulent se faire entendre. Il faut donc réduire au silence les 15000 habitants de la Villeneuve qui n’ont pas le bon profil, faire appel à un préfet policier et ses groupes spéciaux de maintien de l’ordre et les faire partir loin de cette ville, n’importe où de préférence, comme s'il s'agissait de Roms français qu’on obligerait à la nomadisation.

Il fallait faire un exemple et donner des gages aux amis du CAC40 et autre NASDACQ.

Telles sont les deux lectures du discours du président, spécialiste de l’exploitation du malheur dans des buts politiques et toujours en phase directe avec les pourvoyeurs de plus-value.

(1) Le Dauphiné Libéré : 04.06.02 - (2) Le Monde : 20.07.10

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux



2 Le Monde 20.07.10


mardi 3 août 2010

Nul besoin d'être marxiste pour être anticapitaliste : abolissons les privilèges !

L'apport de Karl Marx à la pensée humaine ne saurait faire de nous des marxistes. Au reste, bien des marxistes n'avaient pas, ou guère, lu Marx !

Jean Jaurès n'était pas marxiste, lui qui proclamait que "le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" (1). Cette parole, vieille de plus d'un siècle, n'a pas, hélas, perdu de son actualité. Nous sommes dans une guerre économique sans fin qui produit, ici, puis là, des guerres abominables, siècle après siècle plus meurtrières, au point que deux questions philosophiques se trouvent à nous posées : oser penser un monde sans guerre ne disqualifie-t-il pas toute affirmation politique de la part de celui qui s'éloigne, ainsi, du réel historique ? Et encore : quel sens a la vie humaine si elle est vouée à la mort non choisie de par la volonté de ceux qui en décident avec autant d'absurdité que de conviction?

Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914, trois jours avant l'ouverture des hostilités, dont le meurtrier Raoul Villain, fut... acquitté en 1919, n'avait pas pu empêcher la guerre la plus abjecte qui soit, dirigée par des généraux odieux et fous, et qui ont préparé par leur inconscience et l'humiliation du vaincu, en 1920, une guerre pire encore, si l'on peut dire, qui s'acheva par le recours à l'arme atomique, en 1945...

Fichier:Jean Jaures Café Croissant.jpg

Nous voici, 96 ans après la disparition de Jaurès, face à une évidence qui n'a rien de nouvelle et dont un homme cultivé ne sait que faire : le complexe militaro-industriel domine la planète et les États sont leurs marionnettes. Le retrait des USA de l'Irak, annoncé par Obama, n'est pas une victoire de la paix; c'est le début d'une reconnaissance : l'objectif politique et militaire de la plus grande puissance armée au monde n'a pas été atteint. Puissent les criminels humiliés, dont l'influence est immense, ne pas faire subir à Obama le sort de Jaurès.

En France, comment supprimer les privilèges en un nouveau 4 août qui ne se limiterait pas à remplacer des nobles par des bourgeois ? Comment "reproclamer" une République, le 4 septembre prochain qui soit une res publica, c'est-à-dire le triomphe de la chose publique sur les intérêts privés ?

imagerie   de  propagande

Non, il ne s'agit pas de retourner vers un communisme qui n'en fut pas un, vers un socialisme qui s'est souvent couché devant ce que Jaurès fustigeait lucidement, il s'agit de savoir si rien jamais ne permettra aux hommes de prendre leur propre destin en main. Le réalisme conduit-il à l'abandon puisque la force est toujours du même côté, celui de l'argent ?

Faut-il s'en remettre à la fatalité qui veut qu'aucun système économique ne soit pérenne ou qui nous révèle que les excès des puissants engendrent leur propre perte? La fin du capitalisme est-elle, de plus en plus visiblement, produite par le capitalisme lui-même ?

L'écosophie est une sagesse impitoyable. Y a-t-il un rapport entre la sécheresse incendiaire de la Russie et les inondations sans précédent du Pakistan ? Les effroyables perturbations climatiques, partout constatées, ont-elles, oui ou non, quelque chose à voir avec l'activité humaine et ne sommes-nous qu'au tout début d'une période où le réchauffement engendrera catastrophe sur catastrophe ? Les controverses scientifiques ne peuvent nous interdire de penser que la planète se porte mal et que nous ne tentons rien d'efficace pour qu'on y vive mieux. Au contraire, BP, fort de son expérience mexicaine, veut forer de nouveaux puits, en Méditerranée, au large de la Lybie. Errare humanum est, perseverare diabolicum disait Sénèque.

Étienne de la Boétie nous a, depuis des siècles, annoncé que nous étions coupables et complices de ce que nous subissons. Notre servitude est volontaire. La révolte et la rébellion, la désobéissance sont indispensables à la démocratie. Mais quelle révolte, quelle rébellion, quelle désobéissance ? Que les prolétaires s'unissent, soit, d'autant que prolétaires est un mot qui s'élargit à tous les non possédants, mais s'unir pour entrer dans des guerres et fausses révolutions perdues d'avance est non seulement inutile mais désespérant !

C'est un conflit culturel, économique, politique total dans lequel nous n'avons pas eu à entrer : on nous y a plongé. Marx ne l'avait pas prévu : "vivre simplement pour que simplement tous les hommes vivent" est radicalement anticapitaliste. Nous refusons un monde qui n'est plus humain. Le changement de civilisation qui s'opère, lent (trop lent à notre goût !), va nous conduire vers de nouveaux rivages historiques. Le moins serait, tout de même, que nous puissions y participer, y contribuer, en toute lucidité.




(1) En réalité, il a dit : "Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique...", etc.
  • Jean Jaurès, 7 mars 1895, à la Chambre des communes, dans Jean Jaurès : Textes choisis, éd. sociales, paru en 1959, p. 88.
Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mercredi 21 juillet 2010

Lettre de Salah Hamouri

Il reste bien des Bastilles à prendre... La lettre du 14 juillet ici publiée en atteste.
Ce jeune Franco-Palestinien fait les frais de la politique pro-israélienne de la France et croupit dans une prison pour un délit d'opinion.
Mais Bernard Kouchner a autre chose à faire qu'à se soucier de ce perturbateur qui se refuse à dire le contraire de ce qu'il pense...
Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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14 juillet 2010

J’espère que vous lirez cette lettre…

Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.

Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.

Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.

Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?

Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.

Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.

Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.

Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

Bien à vous,

Salah Hamouri

lundi 19 juillet 2010

Vous avez dit démocratie ?

Je n’ai pas regardé la prestation télévisée du Président, le 12 juillet. Je ne regarde jamais les prestations du Président, car je pense que l’image télévisuelle fausse le jugement, mais j’ai écouté les radios et lu l’ensemble des échanges dans la presse française et internationale.

Et comme toujours, rien dans cette émission ne m’a convaincu. Pire, j’ai eu la désagréable impression que ce Président nous prenait pour des débiles, des crétins, qu’il se foutait de nous... J’en ai vraiment assez qu’avec ses amis il brade la République, celle pour laquelle tant de nos ancêtres se sont battus afin qu’elle soit une démocratie.

Rappelons nous l’article premier de la constitution de la Cinquième République : " La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".

La valeur fondamentale est l’égalité de tous devant la loi. Cela veut dire : respect de cette notion d’égalité par ceux qui nous gouvernent et qui ont été portés au pouvoir. Cela veut dire aussi que le mot " République " est totalement antinomique du mot "privilèges ".

Imaginez une démocratie où les gouvernants exigeraient des citoyens de se serrer la ceinture au nom de l’intérêt général, et imaginez que, dans le même temps, les citoyens de ce pays apprennent que certains de ces gouvernants augmentent leurs traitements de façon démesurée, cumulent des retraites de façon injustifiée, bénéficient d’innombrables passe droits, mettent en place des avantages fiscaux accordant des privilèges aux nantis, se servent de leurs positions dans leur intérêt personnel et celui de leur famille, décident de contraindre les médias et la justice, détricotent les grands acquis sociaux du programme de rénovation sociale du Conseil National de la Résistance et ne tiennent pas compte des appels de la rue. Quel climat malsain se répandrait dans ce pays et mettrait, alors, en péril la démocratie !

Ne cherchez pas longtemps, ce pays est le nôtre. En effet, notre République démocratique est malade, gravement malade, du cynisme, de l’arrogance de ses gouvernants, mais aussi de notre constitution elle-même qui assurent la prédominance de l’exécutif sur le législatif et donne les pouvoirs démesurés d’un monarque à notre Président.

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L’histoire de notre pays est parsemée de crises de ce genre où l’accumulation des scandales ouvrait la voie aux ennemis de la République .... Heureusement, à chaque fois, dans un réflexe unitaire, l’opinion publique républicaine a su remettre le pays dans le bon chemin. N’oublions pas que c’est de nous, qui élisons nos responsables, que dépendent le respect et la mise en œuvre des valeurs de la République.

La France est une Démocratie et elle doit le rester.

Jean-Claude Vitran