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jeudi 27 novembre 2014

Fusillés pour l'exemple, une tache dans l'histoire.


De nombreuses commémorations du centenaire de la Grande Guerre ont eu lieu tout au long de l'année 2014. Pourquoi, d'ailleurs, persister à nommer « Grande Guerre » cette horrible boucherie responsable de la mort de 19 millions de personnes et de plus de 20 millions de blessés ?

On aurait pu, légitimement, s'attendre à ce que la République réhabilite les « fusillés pour l'exemple », d'autant que le Chef de l'Etat s'y était engagé.

Une promesse de plus non tenue.

L'immense majorité de ces poilus, fusillés par leurs pairs, ont été victimes de la justice barbare de l'Etat Major de l'armée française, principalement les généraux Joffre et Nivelle dont on souligne aujourd'hui l'incompétence et qui ont sur la conscience des centaines de milliers de morts et de blessés.

Les bouchers, de cette ignoble boucherie que fut ce conflit, sont ceux là même qu'on a honoré ensuite en les faisant maréchaux.

Peut-on, d'ailleurs, parler de justice tant elle fut expéditive, sans droit de la défense, sans possibilité d'appel et où la sentence devait être exécuté sans délai.
La peine de mort est réglementée par un décret de 1909, il pousse le cynisme jusqu'à préciser les modalités du coup de grâce : « avec un revolver dont le canon est placé juste au-dessus de l'oreille et à 5 centimètres du crâne ».

Mais pour Joffre cela ne suffisait pas et, dès le 10 août 1914, Alexandre Millerand accède à sa demande de supprimer les possibilités d'appel et d'accélérer les exécutions : « pour assurer au fonctionnement de la Justice Militaire qui est une des conditions essentielles de son efficacité ... suspend le recours en révision ... et donnera l'ordre d'exécution dans les 24 heures ».

Il s'agit bien d'un simulacre de justice destinée à faire peser une menace permanente sur la troupe dont plus de 650 poilus en seront les victimes.

Dès la fin de la guerre, des demandes de réhabilitation sont conduites par les familles aidées par des associations, mais, il est toujours difficile de s'attaquer à la "grande muette" et c'est un nouveau et pénible combat que mène ces familles et les associations.
La Ligue des Droits de l'Homme, par son Président de l'époque Ferdinand Buisson, joue un rôle majeur tant l'innocence de ces hommes lui semble le plus souvent évidente.

Pourtant aujourd’hui plus de 650 fusillés n'ont toujours pas recouvré leur honneur, laissant ouverte une plaie qui divise, encore, de nombreuses familles.

Qu'est ce qui empêche de la réhabilitation ?

Est-ce à cause d'une "droite" militariste, amoureuse de la discipline et de son corollaire la répression, respectueuse des jugements militaires même si ceux-ci sont entachés d'iniquité. Le fantôme d'Alfred Dreyfus rode si sous prétexte de raison d'Etat on ne peut pas remettre en cause des jugements injustes.

Pour les uns, les fusillés sont des traîtres qui ont été une menace pour l'intégrité et l'unité de la patrie.

Pour d'autres ils appartiennent à la famille des pacifistes qui s'insurgeaient contre une guerre absurde conduite par une hiérarchie inhumaine et incompétente.

Aujourd'hui, alors que le citoyen a le droit, voire l'obligation de contester les ordres illégitimes ou illégaux, que tous les historiens relèvent l'incompétence crasse, voire la nullité de l'Etat Major de l'époque mettant l'ensemble des combattants dans des conditions inhumaines, plus rien ne s'oppose à la réhabilitation des fusillés pour l'exemple.

Il s'agit seulement d'un acte juridique annulant la peine prononcée et le retour de la mémoire du condamné à sa condition d'avant sa condamnation.

Alors, Mr le Président, faites un petit effort.


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

dimanche 16 novembre 2014

En attendant le traité transatlantique.


Le 4 novembre dernier, les électeurs étasuniens ont voté pour renouveler la Chambre des représentants et une partie du Sénat.

Les entreprises françaises ne sont pas restées en dehors de l'élection. Elles ont soutenu en majorité les candidats du parti Républicain, voire même les plus extrêmes d'entre eux en matière de droits des minorités ou d'écologie.

Des entreprises du CAC 40 comme Sanofi, GDF Suez, Lafarge, Vivendi ou Areva1 soutiennent des candidats du tea party (extrême droite) qui nient la réalité du changement climatique, militent pour le créationnisme, l'homophobie et l'expulsion des immigrés et sont contre toutes formes de régulation environnementale.

En arrière plan de ces manoeuvres se cache le futur traité de libre-échange entre l'UE et les USA et le besoin d'empêcher toutes nouvelles législations contraignantes en matière financière, sociale et environnementale.

Depuis 2012, il n'y a plus de barrières au financement des partis politiques et de nombreux systèmes se sont mis en place : sociétés spécialement créées dans ce but, organisations à but non lucratif, associations professionnelles. La Chambre de commerce étasunienne est devenue une véritable machine de guerre financière au service des candidats républicains.

Voici la liste des 20 entreprises françaises les plus actives à Washington en matière de lobbying (dépenses en millions de dollars)
Sanofi : 36,5 - Airbus : 19 - Vivendi : 15 - Renault-Nissan : 11,5 - Arcelor-Mittal : 8 - Alsthom : 7,5 - Alcatel-Lucent : 6 - Safran : 6 - Michelin : 5 - SNCF : 4 - AXA : 4 - Areva : 3,5 - Arkema : 3 - Sodexo : 3 - Pernod-Ricard : 3 - Lafarge : 3 - Air Liquide : 2,5 - GDF Suez : 2 - Thales : 2 - Veolia : 1,5

Ces entreprises, qui pratiquent le lobyying outre-atlantique pour empêcher le vote de lois contraignantes, sont les mêmes qui soutiennent majoritairement les candidats du parti Républicain.

Les entreprises françaises ne sont pas les seules à s'intéresser aux élections américaines, les entreprises britanniques et suisses participent aussi à des hauteurs financières plus importantes encore.

Les orientations de ces entreprises, dont certaines sont majoritairement ou partiellement propriété de l'Etat français, qui encouragent le parti Républicain, ses visions néolibérales et son radicalisme d’extrême droite peuvent inquiéter.

Quelle attitude adopteront-elles demain en France et en Europe ?

Jean-Claude VITRAN et Jean-Pierre DACHEUX

mercredi 29 octobre 2014

Rémi Fraisse, mort pour un barrage !


Rémi Fraisse n'aura pas la légion d'honneur à titre posthume. Il est vrai qu'il n'avait pas, comme un chef d'entreprise récemment disparu, le libéralisme pour religion et qu'il ne pratiquait pas, journellement, le néocolonialisme capitaliste. 
 
Il avait vingt et un ans et il est mort parce qu'il voulait empêcher un barrage de se construire et condamner la vision délirante d'une agriculture productiviste. Il a été tué lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens, touché par une grenade offensive lancée par les forces de gendarmerie. Des traces de « TNT », un explosif utilisé dans les grenades des gendarmes, ont été retrouvées sur ses vêtements.

Plusieurs alertes, qui n’ont pas été prises en compte, avaient été déclenchées. L'ex-ministre Cécile Duflot, avait, en vain, la semaine dernière, alerté le préfet du Tarn sur les dérapages des gendarmes. Déjà, le 7 octobre, une militante de 25 ans avait été grièvement blessée à la main, sur la zone du Barrage, après avoir été touchée par une grenade jetée par un gendarme dans la caravane où elle s’était réfugiée avec trois autres militants.

Le colonel, chargé de la communication de la gendarmerie nationale a, cyniquement, qualifié la mort du jeune homme d'« accident » ajoutant « Ça fait cinquante ans que les grenades offensives sont couramment utilisées en maintien de l’ordre … Il y a déjà eu des blessés lors de manifestations violentes, avec des mutilations aux doigts de personnes qui avaient essayé de les relancer, mais jamais aucun cas létal ».

Le projet de barrage se situe, le long de la forêt de Sivens, dans le Nord-Ouest du Tarn sur la partie sauvage et préservée de la rivière Tescou.

Les contestataires du projet affirment que le processus d’élaboration du projet est un déni de démocratie : pas de concertation avec les associations de protection de l’environnement et des milieux aquatiques, avis défavorables cachés durant l’enquête publique, refus du Conseil Général du Tarn et de la Préfecture de débattre en public, de répondre aux questions et de suivre les avis des scientifiques, des experts nationaux, de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de Pêche et des milieux aquatiques, des services de l’État chargés de l’eau (ONEMA)… En dernier lieu, des experts mandatés par le ministère de l'écologie estiment que le projet est surdimensionné et ne répond pas aux besoins réels du territoire.

C'est un gouffre financier de 8 400 000 € ouvert uniquement sur les fonds publics, avec un coût de fonctionnement de l’ordre de 360 000 €/an, pendant 20 ans. 
 
Cela pour, seulement, une vingtaine d'exploitations irriguées, laissant 95 % du coût de fonctionnement à la charge des contribuables. Il serait peut-être intéressant de connaître l'identité des propriétaires des terrains en contact avec la retenue d'eau.

Les dirigeants dits de gauche comme ceux de droite partagent, à l'heure de la transition énergétique, la même vision archaïque de l’aménagement du territoire par grands projets : du stade de Lille à celui de Bordeaux, en passant par celui de Lyon, de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au tunnel ferroviaire du Lyon-Turin.

Le 6 septembre, dans un discours lors d'une manifestation à Saint-Jean-d'Illac (Gironde), face à un parterre d'agriculteurs, Manuel Valls, avait annoncé la couleur, affirmant, avec le ton autoritaire qui lui est coutumier, qu'il ne céderait pas aux opposants : « Nous avons tenu bon à Sivens », dévoilant, par ces propos, que le gouvernement s'était vendu aux lobbies agricoles les plus productivistes de la FNSEA et du syndicat des Jeunes Agriculteurs.

Nombre de parlementaires pensent que les zadistes1 sont des casseurs. Cela démontre, une nouvelle fois, le fossé qui se creuse entre les citoyens et leurs représentants au Parlement. À Notre-Dame-des-Landes, comme au barrage de Sivens, les zadistes se contentent pas, seulement, de contester les grands projets d’équipement.

Ils représentent aussi des mouvements alternatifs, des expériences de propriété collective, de démocratie directe, d’autogestion..., ils veulent faire éclore un autre monde, des rapports sociaux plus égalitaires … Et, même si des militants extrémistes très minoritaires, pratiquant parfois des techniques de combats de rue, s'y retrouvent, leur culture commune est celle de la désobéissance civile et de l’action directe, la critique du matérialisme dominant, et de l’individualisme. 
 
1  ... de ZAD (acronyme de "Zone à Défendre", détournement de " Zone d'Aménagement Différé")

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

jeudi 2 octobre 2014

C'est toujours les mêmes qui casquent


à commencer aujourd'hui par les familles

Pour réduire le trou de la sécurité sociale, le gouvernement, dit socialiste, a annoncé de nombreuses mesures concernant la politique familiale : division par trois de la prime de naissance à compter du deuxième enfant et une nouvelle répartition du congé parental, baisse des aides à la garde d'enfant, réduction de la majoration pour l'âge et économie sur la santé.

Dans le même temps, la Cour des Comptes, dirigée par un socialiste, Didier Migaud, dans un rapport accablant dénonce la fraude patronale qui avoisinerait les 24 milliards d'euros en 2013 alors que le déficit global de la sécurité sociale n'est que de 16 milliards.

Oui, vous avez bien lu !

Le patronat abuse de la sous-traitance en cascade, de faux statuts de travailleurs indépendants, du travail au noir, de financements occultes, du statut de travailleurs européens ( 7500 en 2000 et 210 000 en 2013 ), en un mot il se comporte comme un réseau de malfaiteurs mais s'il payait normalement son dû : la sécurité sociale serait excédentaire de 6 milliards d'euros.

De plus, la Cour des Comptes avoue que par insuffisance de moyens, elle n'a pas la possibilité de contrôler tous les secteurs d'activité.

Pour ajouter à l'iniquité, le taux de recouvrement de la fraude patronale est de 1,5 %, à comparer à celui de la fraude aux prestations familiales, dénoncée avec vigueur par la droite et par des moralistes de gauche, qui est récupérée à 90 %.

Il faut ajouter à ces malhonnêtetés la fraude fiscale qui représente plus de 50 milliards d'euros.

Des chiffres qui donnent le vertige aux salariés pauvres qui perçoivent un smic que le patronat veut encore réduire.

Pour terminer, un petit détour par le site de la sécurité sociale sur le web, où l'on peut y lire :
« Nous avons deux missions principales :
  • aider les familles dans leur vie quotidienne,
  • développer la solidarité envers les personnes vulnérables.
Nos valeurs sont : l'équité, la solidarité, la neutralité ».

Vous avez bien compris, les mesures sont à sens unique, le gouvernement, dit socialiste, n'a pas envisagé des mesures drastiques pour faire payer au patronat ce qu'il doit.

On croit rêver, n'est-ce pas ? Alors pourquoi gardons-nous le silence et ne réagissons-nous pas ?



Jean-Claude VITRAN et Jean-Pierre DACHEUX

jeudi 11 septembre 2014

Climat, qu'est ce qu'on attend pour agir ?


Le GIEC vient de transmettre à Ségolène Royal, ministre de l'écologie, un rapport très pessimiste sur l'évolution du climat dans notre pays.

Chacun d'entre nous a pu le constater, depuis quelques années, particulièrement en 2014, le temps se modifie, et malgré les prévisionnistes qui tentent de nous rassurer en affirmant qu'une mauvaise année ne fait pas le changement climatique, nous sentons bien qu'il y a quelque chose de déréglé dans la mécanique climatique terrestre. Dans notre pays : tempêtes à répétition en début d'année, humidité importante et déficit d’ensoleillement durant l'été, etc …, et des catastrophes climatiques majeures dans de nombreuses autres régions du monde.

Mais, « l'opinion publique et les politiques ne s'intéressent qu'au temps du mois prochain », c'est Claude-Marie Vadrot qui l’affirme dans un article paru sur le site Médiapart, et il ajoute : « les hommes politiques se foutent du réchauffement climatique et de ses conséquences ».

Nous partageons tout à fait son point de vue car, seulement soucieux du présent, de leur réélection à court terme, les décideurs tentent, sans beaucoup de succès, de gérer les affaires courantes sans s'intéresser à l'avenir.

Pire, si l'on en croit, Naomi Klein, dans un livre qui fait froid dans le dos - La stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre1 - le néolibéralisme exploite avec cynisme, et sans aucun état d'âme, les catastrophes mondiales pour faire des affaires extrêmement juteuses. Toutes les multinationales ont des équipes prêtes à partir, dans les délais les plus brefs suivant un désastre, pour apporter leur technologie, mais surtout faire du business car ce n'est pas la solidarité qui est la priorité de ces monstres industriels et financiers.

Les exemples sont nombreux : de la reconstruction de la Nouvelle Orléans, aux USA, où on a profité du cataclysme pour modifier complètement l'environnement social de la ville en reléguant le plus loin possible la pauvreté et la misère, aux compagnies pétrolières satisfaites de la fonte des glaciers du pôle nord qui leur ouvrent une nouvelle voie maritime plus économique parce que plus courte de 15 000 km. De plus, il faut savoir que dans les années de reconstruction, les catastrophes ont un impact positif important sur le PIB des nations qui en sont victimes.

Ces douloureux constats expliquent, certainement, la désaffection des dirigeants pour la chose écologique. En effet, l'écologie n'est pas soluble dans le capitalisme. Il existe une incompatibilité entre avoir « le nez dans le guidon de la croissance », pour satisfaire les lobbies ou le MEDEF et la prise en compte de la dégradation de la planète bleue.

Cependant, il est stupéfiant que l'opinion publique ne réagisse pas à l'apathie des responsables politiques qui mènent l'humanité tout droit au suicide collectif. Nous ne pouvons pas laisser cet insupportable et effrayant héritage à nos enfants.

Qu'attendons nous pour les forcer à infléchir les politiques industrielles ?

Nous devons réagir maintenant !


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre dacheux




1 La stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre – Naomi Klein – Editions Babel

mercredi 10 septembre 2014

Mouvement des Phobiques Administratifs.


Celle là, on ne nous l'avait jamais fait !

Oublier de payer ses impôts et même son loyer parce que l'on est atteint de phobie administrative, c'est très fort.

Un ministre de l'ancien gouvernement a qualifié le malade de « crétin ». Son diagnostic est faux, il s'agit d'un voyou, d'une crapule doublé d'un cynique. Pour se « foutre du monde » à ce point, il faut un aplomb impensable et une dose incroyable de cynisme.

Nous avons encore de la chance, s'il était resté au Gouvernement, que n'aurait-il pas imaginé ?

Il est fou que notre société puisse accoucher de pareilles vilenies qui détournent les citoyens des urnes et les conduisent vers les extrêmes. Ils sont en droit de se demander si les brigands ne se sont pas recyclés et ont infiltré la classe politique.

Enfin à toute chose malheur est bon. Nous vous proposons de venir nous rejoindre au sein du Mouvement des Phobiques Administratifs que nous allons prochainement créer.

Nous pourrons ainsi nous abstenir de payer nos impôts. Compte tenu de la politique actuelle, nous aurions vraiment des raisons de le faire.


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre dacheux

mardi 2 septembre 2014

Crise de régime et rupture de civilisation ?


Le 25 août 2014 restera marqué par la rencontre de deux crises : d'une part, une crise politique et institutionnelle, et d'autre part, la crise, ou plutôt la fin du socialisme.

Crise de régime :
L'équipe Valls I a démissionné et un nouveau gouvernement Valls II a été désigné. Enfin, le terme de gouvernement peut-il, d'ailleurs, s'appliquer à celui-ci ?
Il s'agit plutôt d'un commando de mercenaires, muets par contrat, dirigé par un factotum aux ordres du monarque. On le savait depuis longtemps, mais la cinquième république, véritable monarchie, a fait son temps. On ne gouverne pas un pays comme la France avec un Chef d'Etat, aux ordres de qui, le personnel de son clan est étroitement soumis, comme dans les républiques populaires qui n'ont de démocratiques que le nom.

Rupture de civilisation :
Comment peut-on encore s'affirmer de gauche et socialiste quand le choix n'est plus qu'entre le social – libéralisme et le social – productivisme ?
Nous l'avions pressenti depuis longtemps, nous en avons, maintenant, confirmation, Manuel Valls incarne la trahison du socialisme traditionnel et il sonne la fin des derniers espoirs populaires. La volonté du pouvoir est désormais clairement capitaliste.

En désignant un nouveau gouvernement, enfin ! en replâtrant l'ancien, François Hollande n'a sauvé que les apparences et, comme dans tous les séismes importants, les répliques risquent d'être sévères.

Car il n'y a plus de place, dans notre pays, pour les petits et les modestes qui doivent suivre sans regimber et subir. F. Hollande peut tenter d'emprunter cette voie, et de s'y tenir pendant un temps, mais on n'a jamais vu « le peuple des pauvres » rester indéfiniment silencieux. A moins que de trahison en trahison, le Chef de l'Etat, aidé par E. Valls, devienne non seulement ouvertement libéral, mais qu'il durcisse encore sa politique - il en a les moyens policiers - en glissant vers une dictature ouverte.

Déjà les députés sont sous le coup d'une menace qui n'est pas « moi ou le chaos » mais « moi ou la dissolution ». Alors, pour garder leur siège de députés, les « frondeurs » se tiendront-ils à carreaux en votant la confiance au gouvernement ?
Et si les députés de la droite UMP, UDI, … volaient au secours du Président, par soi-disant patriotisme, en fait pour lui permettre de faire la politique économique impopulaire qu'ils craignent de faire eux-mêmes ?

Aujourd'hui, tout devient possible : la droite hollandaise rejoint la droite classique.

Ça passe ou ça casse. Ça va casser !


Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux