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lundi 14 novembre 2011

La Renaissance comme issue au libéralisme ?

Nous accueillons, dans notre blog, quelques pensées que nous empruntons à Dany-Robert Dufour et qui, parues dans le quotidien Le Monde, annonçaient la sortie prochaine d'un livre, dont nous présentons ci-dessous l'image. Ce qui nous apparait positif, dans la démarche intellectuelle du philosophe, c'est la volonté de dépassement du libéralisme en fouillant jusqu'aux racines de son idéologie, pour mieux les couper. Repenser l'individu pour l'arracher à son égotisme revient à réhabiliter la personne qui est un être social, en communication, et pas un personnage autocentré. Il est vrai que cette conception de l'individu humain-là est incompatible avec l'homo œconomicus. Ouvrons donc le dialogue avec Dany-Robert Dufour, même si nous devions, sur tel ou tel point, rencontrer des divergences.
Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran


Dany-Robert Dufour est professeur de philosophie de l'éducation à l'université Paris-VIII, ex-directeur de programme au Collège international de philosophie. Il a notamment publié une anthropologie critique du libéralisme en trois volumes (L'Art de réduire les têtes, Le Divin Marché, La Cité perverse, chez Denoël) et, récemment, L'individu qui vient... après le libéralisme (Denoël, 450 p., 22 euros).



Extrait de l'article paru dans l'édition du Monde, du 30.10.11

" La civilisation occidentale, entraînant avec elle le reste du monde, est emportée par un nouveau démon où se mélangent en proportions diverses l'ultra et le néolibéralisme. Ce diagnostic, partagé, est cependant un peu trompeur : il porte à croire que la crise est d'abord économique et financière. De sorte que, pour la résoudre, on aurait avant tout besoin de la science des économistes. On aurait tort de le croire. Pour plusieurs raisons. La première est triviale : la science des économistes est au moins aussi versatile que celle du marc de café. La seconde est plus sérieuse : nous ne vivons pas seulement une crise économique et financière, mais aussi politique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle... Ce sont les fondements sur lesquels repose notre civilisation qui sont atteints.

D'où vient donc cette courte vue qui pousse à croire que les remèdes à la crise sont économiques ? D'une illusion d'optique dont il serait temps de nous déprendre. Cette illusion émane des théories ultra et néolibérales elles-mêmes qui prennent l'économie marchande et financière pour référence unique. Du coup, ce sont les autres grandes économies humaines qui sont oubliées, avant d'être mises au pas : les économies politique, symbolique, sémiotique et psychique.

Nous vivons en quelque sorte dans un nouveau totalitarisme sans le savoir, découlant de l'impérialisme théorique de l'économisme néo et ultralibéral faisant l'impasse sur tous les autres secteurs où les hommes échangent entre eux : qu'il s'agisse des règles pour gouverner la cité, des valeurs dont ils tirent des principes, des discours porteurs de signes à la recherche du sens, des intensités et des flux pulsionnels mis en jeu.

Dans la pensée libérale, en effet, la société des hommes, dans sa richesse et sa diversité, n'apparaît plus que comme une auxiliaire du marché. Comme l'a montré l'historien de l'économie Karl Polanyi dans son maître ouvrage écrit en 1944, La Grande Transformation (Gallimard, 1983), dans cette perspective, au lieu que l'économie soit encastrée dans les relations
sociales, ce sont les relations sociales qui sont déstructurées et restructurées afin d'être réencastrées de force dans le système économique. Bref, le marché oublie que les relations marchandes n'ont de sens qu'à condition de s'intégrer dans des rapports plus vastes où les hommes échangent non seulement des produits manufacturés, mais aussi et surtout des formes symboliques, morales, juridiques, linguistiques, esthétiques, psychiques dont l'échange les constitue comme sujets.

Ce sont non seulement les autres grandes économies humaines que l'économie ultra et néolibérale altère, mais aussi l'économie du vivant. Il existe en effet, comme Fukushima le montre, une contradiction majeure entre le fantasme de la richesse infinie et le réel caractérisé par la limite et la finitude des ressources offertes par la terre. La nature n'est-elle pas en train d'émettre d'inquiétants symptômes de dérèglement et d'épuisement ?

Pourtant, la civilisation occidentale dispose de ressources exceptionnelles. Sa spécificité, nous semble-t-il, c'est d'avoir su viser, au travers de nombreuses vicissitudes, la réalisation de l'individu. Il faut reprendre ce projet abandonné, car notre époque, contrairement à l'opinion courante, n'est pas à l'individualisme, mais à l'égoïsme. De sorte qu'on se trouve dans une troisième impasse historique en un siècle.

En effet, après l'impasse du fascisme qui a fait disparaître l'individu dans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit à l'individu de parler tout en le collectivisant, est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduit l'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets.

Il faut relancer le projet philosophique occidental, car l'individu n'a jamais encore véritablement existé, pas plus aujourd'hui qu'hier. Plusieurs fois déjà, la civilisation occidentale a su se sortir d'impasses historiques tragiques en se réinventant un avenir possible visant la pleine réalisation de l'individu.

Pensons à l'esprit de Philadelphie qui s'est imposé au sortir de la seconde guerre mondiale. Fondé sur le principe de dignité, cet esprit présidait alors à la reconstruction complète d'un monde mené à sa ruine en grande partie à cause du chaos de 1929 provoqué par l'ultralibéralisme d'avant-guerre, sur lequel le nazisme avait surgi. Il suffit de relire des textes aussi fondateurs que le programme du Conseil national de la Résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 sous le titre Les Jours heureux, la Déclaration internationale des droits à vocation universelle de Philadelphie, proclamée le10 mai 1944, l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948, pour sentir qu'un souffle nouveau était à l'œuvre.



  • vendredi 11 novembre 2011

    11-11-11 : superstition ?



    Une date facile à retenir : trois fois 11... ! Que d'élucubrations vaines n'entendrons-nous pas aujourd'hui ! La réalité est assez cruelle pour qu'on n'y ajoute pas nos fantasmes ! Mieux vaut se demander quel est l'état de santé du monde, à ce jour ? Et que retenir des événements qui se produisent sur la planète ?

    Ce qui s'est passé le 11 novembre 1918, c'est la fin d'une immense et immonde boucherie et tout souvenir nationaliste, à cet égard, est plus qu'infondé. Commémorer, comme il convient, ce moment de l'histoire avec les Allemands, comme il est enfin possible, dit assez qu'on a opposé des armées et tué des millions d'hommes, pour rien.

    C'est la chanson de Craonne qui exprime le mieux la condamnation de cette guerre. Son refrain suffit à dire la désespérance de soldats envoyés à la mort.

    Adieu la vie, adieu l'amour,
    Adieu toutes les femmes
    C'est bien fini, c'est pour toujours
    De cette guerre infâme
    C'est à Craonne sur le plateau
    Qu'on doit laisser sa peau
    Car nous sommes tous condamnés
    Nous sommes les sacrifiés.


    Du 11 novembre, à jamais, c'est ce passé là qui demeure, ainsi que cette parole de Jaurès, assassiné pour n'avoir pas voulu la guerre : " le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l'orage". Sommes-nous au bord d'une nouvelle guerre, ce 11-11-11 ? Si une menace pèse sur les hommes, elle ne tombera pas des astres ou des chiffres et nous en serons, de nouveau, responsables !

    Et voila qu'on veut honorer, ensemble, tous les "morts pour la France", de ceux de Verdun à ceux d'Afghanistan. Les morts pour la France ont trop souvent été des "morts à cause de la France". Les jeunes vie fauchées n'ont pas servi à défendre des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité ! Elles ont été sacrifiées sur l'autel d'une France longtemps dominatrice et qui voudrait bien le rester. D'Indochine en Algérie, d'Irak en Afghanistan, des Balkans jusqu'à l'Afrique noire, la France s'est prise pour le gendarme et le maître du monde, avec ses alliés occidentaux. L'humiliation de l'Allemagne en 1920 a fait le lit du nazisme. S'il fallut des morts, encore, entre 1940 et 1945, des résistants, des fusillés, des civils écrasés sous les bombes, ce n'est pas saluer leur mémoire que d'en faire des exemples et des héros. Ils ne pouvaient, hélas, que faire ce qu'ils ont fait ou subi, mais eux n'ont pas voulu cette catastrophe indescriptible. Le dire valait, en 1915 ou en 1917, le poteau d'exécution et la condamnation infamante, retentissant jusque dans les familles et les villages dont les révoltés étaient originaires !

    Ceux qui ont rendu possible l'horreur, les chefs civils et militaires, n'ont toujours pas été désignés comme les criminels de l'histoire. Pire, en France, parmi les militaires, certains ont été nommés maréchaux, et l'un d'eux, Pétain, couvert d'honneurs, s'est vautré en 1940, dans le crime d'État sous l'influence et avec le soutien de nombreux cyniques .

    En France, on touche difficilement aux symboles de la puissance et Bonaparte reste encore le général intouchable, image historique de la "grandeur" de la France impériale, dont on ne veut toujours pas reconnaître, en 2011, qu'il fut le premier bourreau de l'Europe !

    Voila ce que le souvenir des guerres franco-allemandes aussi fratricides qu'épouvantables doit laisser en nous, ce 11-11-11 : nous avons une Europe de paix et de justice à construire qui échappe à la domination de quelques États-nations. Que cet anniversaire, cette date remarquable, soient le repère fixant le début d'une période de redécouverte d'une République sans frontières car, désormais, nous sommes tous liés les uns aux autres, si nous voulons qu'il y ait une suite à l'aventure humaine.


    La paix est en nos mains.

    Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

    mercredi 9 novembre 2011

    Pour reconstituer la Constitution

    Nous avons découvert, sur "la toile", l'article suivant avec les propositions duquel nous entrons en convergence. Son auteur, Jean-Claude Bauduret, animateur d'ATTAC, souligne que la volonté générale est impuissante, enfermée qu'elle est dans des dispositifs qui la paralysent et ce, c'est un comble, au nom de la démocratie ! Aucune question politique ne prime donc sur celle-ci : comment donner aux peuples le pouvoir sur leur destinée. Le mot stratégie, dans le titre de cet article, qui sent son militaire, ne nous enthousiasme pas mais, en l'occurrence, cette réserve est très secondaire.
    Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


    Jean-Claude Bauduret

    Quelle stratégie pour le mouvement populaire ?

    Nous n’avons pas réussi à mettre en échec le pouvoir :
    · Ni sur la construction de l’Union Européenne.
    · Ni sur la réforme du statut de La Poste
    · Ni sur la RGPP et le démantèlement des services publics
    · Ni sur l’Hôpital public.
    · Ni sur l’enseignement.
    · Ni sur la retraite.
    Les lois ont été votées, les orientations sont en application, le rouleau compresseur est en marche.

    Le pouvoir attaque sur tous les fronts : ici une fermeture de classe, là celle d’un bureau de Poste,
    ailleurs la fermeture de services hospitaliers, et partout l’austérité, le chômage, la précarité, l’extension de la misère, l’expulsion des sans papiers, le développement du racisme, les fermetures d’entreprises, etc ...

    Et nous courons en tous sens et en tous lieux pour essayer de colmater les brèches. Nous nous épuisons en manifestations, rassemblement, grèves, signatures de pétition, etc …

    Toutes ces luttes sont parfaitement légitimes, nécessaires, indispensables, vitales. Mais faute de résultat et surtout de perspective nous risquons que le découragement s’installe, voire la résignation pure et simple. Cette perspective ne peut pas être seulement les élections dont nous savons tous qu’elles ne changeront rien fondamentalement et durablement. Le bulletin de vote ne changera pas grand-chose ou tout au moins pas pour longtemps. C’est bien parce que ce bulletin de vote a un caractère de « chèque en blanc » donné aux élus que, sous la pression des lobbys, le parlement finit toujours par retomber dans les ornières du passé. Nous en avons suffisamment fait l’expérience.

    Si les citoyens avaient eu à tout moment le pouvoir de contrôler leurs élus, de suivre attentivement leurs travaux, de les révoquer si nécessaire, de déclencher des processus législatifs, nous aurions certainement mis en échec le traité de Lisbonne comme nous avions fait pour le TCE, nous aurions stoppé toutes les offensives néolibérales sur les Service Publics, la retraite, l’assurance maladie etc…

    Donner aux citoyens des droits nouveaux d’intervention dans la vie de la cité, donner aux salariés des droits nouveaux d’intervention dans la vie de l’entreprise, c’est là que se situe le cœur de la question. Cela passe par des changements institutionnels au plan national et c’est dès maintenant qu’il faut en discuter sans attendre la réunion d’une Constituante qui viendra en son
    temps, quand les citoyens auront d’abord exprimé ce qu’ils veulent.

    L’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirme : « La loi est l’expression de la volonté générale ». Ce sont les moyens pour que ce principe devienne réalité, les réformes de la Constitution à mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, qu’il faut donner en perspective à chacune des luttes sectorielles et les faire ainsi converger vers un objectif commun porteur de transformations fondamentales.

    C’est maintenant qu’il faut en débattre.



    Jean-Jacques, reviens, ils sont devenus fous !

    lundi 7 novembre 2011

    Nucléaire civil et/ou militaire !

    http://sortirdunucleaire.org/sinformer/revue/revue-images/30-17-bonnet-ane.jpg

    Il en est encore pour penser qu'on peut dissocier le recours à l'énergie nucléaire dans les domaines civils et militaires. Il faut sortir rapidement de cette confusion !

    En toute bonne logique on peut, à la rigueur, admettre que des pays disposent de centrales nucléaires sans s'être dotés d'armements nucléaires. Ce fut et cela reste le cas du Japon ou de l'Allemagne qui, pour des raisons historiques, car étant les vaincus de la seconde guerre mondiale, n'ont pas été autorisés à équiper leurs armées d'armes nucléaires. C'est aussi le cas, par exemple, près de nous, de l'Espagne ou la Belgique. Plus loin, la Slovaquie ou la Bulgarie furent équipées de quelques centrales, par l'URSS. La "protection nucléaire" des petits États, au temps de la guerre froide et de "l'équilibre de la terreur", était assurée par les USA, à l'ouest et par l'Union soviétique, à l'est.

    À l'inverse, il n'est évidemment pas de pays disposant d'armes dites de dissuasion nucléaire qui n'aient en charge des centrales nucléaires. Les neuf pays dotés de "bombes atomiques" disposent de matières fissiles qui sont produites et stockées dans des établissements capables de fournir de l'électricité comme d'approvisionner en explosifs surpuissants les missiles rangés dans nos silos, nos vecteurs aéroportés ou nos sous-marins. Les USA, la Russie, la France et la Grande-Bretagne sont des "puissances nucléaires" reconnues. La Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord sont, à leur tour, entrées dans le cercle fermé des détenteurs du "feu nucléaire".



    Tout s'éclaire, aujourd'hui, quand on dénie à l'Iran le droit de disposer d'équipements nucléaires permettant de passer de fins civiles vers des fins militaires. On admet que quiconque maîtrise les technologies nucléaires peut en faire usage à des fins civiles ou à des fins militaires. Qu'on prétende l'interdire à l'Iran est bien plus que choquant : c'est d'un illogisme intenable ! Loin de nous la pensée qu'il faudrait que l'Iran deviennent le dixième État doté ! Nous ne voyons pas, du reste, d'un bon œil que l'Iran développe une industrie nucléaire. Pourtant, qu'est ce qui autorise les États dotés à refuser, sous peine de sanctions, y compris militaires, de faire ce à quoi ils s'autorisent eux-mêmes ? La dissémination des armes nucléaires, inéluctable si rien ne changeait dans les prochaines années, est due au choix politique des États qui se refusent pour des raisons économiques, stratégiques et diplomatiques à sortir du nucléaire civil et militaire.

    Le cas de la France est des plus significatifs. De Gaulle a voulu que la France, du moins celle dont "il se faisait une certaine idée" devienne une puissance nucléaire pour, disait-il, préserver l'autonomie énergétique et l'indépendance politique du pays, face aux menaces susceptibles de venir de l'ouest comme de l'est et pouvant conduire à notre asservissement, comme l'avait démontré l'invasion nazie, comme le faisait craindre aussi la domination en Europe du "bloc de l'est".

    Ce temps est révolu, mais les mêmes logiques enferment la France dans des choix coûteux, inutiles et dangereux.

    Au moment où l'on ose évoquer, au sommet de l'État, un risque de faillite, il est temps d'envisager le démantèlement progressif des usines de mort dispendieuses qui contiennent, pour les Français, des risques que Tchernobyl et Fukushima ne semblent pas avoir suffi à nous faire envisager comme possible !

    Au moment où nous découvrons les effets à long terme des essais nucléaires dans le Pacifique ou au Sahara, alors que l'usage d'armes dites à uranium enrichi, au Kosovo, à Gaza, en Irak, en Lybie se révèle effroyablement nocif pour les populations civiles comme pour les militaires qui les ont utilisés, il serait temps que nous échappions à la domination funeste des États majors.

    Au moment où l'Allemagne, dont nous voulons faire notre meilleur allié économique, sort du nucléaire civil (sans être jamais entré dans le nucléaire militaire), il est peut-être urgent de s'associer à une toute nouvelle approche de nos productions d'énergie et urgent aussi de cesser de compter sur une dissuasion qui appartient à une idéologie du passé que les actuels rapports internationaux rendent de plus en plus obsolète.

    Toutes les analyses politiques semblent, à présent, marquées par un vieillissement et des nostalgies qui n'ont plus aucun fondement. Le recours à l'énergie nucléaire nous apparaitra, d'ici quelques décennies, comme une prise de risques insensée que n'équilibrait pas les apports économiques escomptés et qui, plus encore, aura retardé tragiquement la recherche et la production de moyens modernes de recours aux énergies renouvelables, multiples, diversifiées, abondantes, et surtout indispensables. De même, du moins peut-on l'espérer, nous saurons, alors, que notre sécurité n'est pas, et n'a jamais été, assurée par des armements nucléaires tout juste "bons" à assurer la domination de quelques États se voulant les gendarmes du monde, sans droit à y prétendre, et du reste sans succès.

    Les artisans des droits de l'homme qui ne comprendraient pas que la mutation de civilisation qu'enfin analysent les penseurs de notre temps commettraient une erreur historique. Plus encore, seraient-ils inconscients de ne pas tenir compte de l'évolution que révèlent des événements qui sous nos yeux, bouleversent notre histoire.

    L'âge nucléaire aura été l'âge de la centralisation économique et administrative, de l'irrespect des équilibres entre les nations, de la tentative de fonder une politique mondiale sur des rapports de puissance. Sortir du nucléaire civil et militaire va bien au-delà de choix écologiques. Il s'agit de savoir si les sept milliards d'humains auront, au XXIe siècle, pouvoir sur leur vie, leur avenir, leur organisation sociale, sans avoir à s'en remettre, sans possibilité de contestation, aux ingénieurs, aux États-majors et aux politiciens professionnels, qui entendent nous faire savoir, fut-ce contre notre gré, où est notre bien et où est la vérité à laquelle il nous faudrait obéir en silence !



    Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

    dimanche 6 novembre 2011

    Sortir les États de la servitude volontaire

    Il n'y a pas que la doxa économico-politique que l'on ait à connaître en cette période dite de crise ! D'autres voix s'élèvent auxquelles les médias s'intéressent peu, certes, mais qui n'en ont pas moins leur poids. Nous tenons à faire écho à ceux qui soulignent que ce sont des politiques qui ont été choisies pour livrer les États aux marchés financiers. Il ne s'agit pas d'orthodoxie économique mais d'absence de volonté politique. de cet immense scandale mis en œuvre de puis des décennies, il faudra bien sortir !


    Par Thomas Coutrot, coprésident d’Attac et Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic

    Le mois d’octobre a vu la crise de la zone euro s’aggraver considérablement et les agences de notations s’en donner à coeur joie : dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie, menace sur la Belgique, « mise sous surveillance » de la France qui est ainsi menacée de perdre son triple A.

    Tout a déjà été dit sur le rôle des agences de notation. Aveugles lors des crises financières qu’elles ont été incapables d’anticiper, donnant la note maximale à la banque Lehman Brothers à la veille de son effondrement, certifiant l’innocuité des produits financiers hautement toxiques, baignant en permanence dans le conflit d’intérêt, leurs déclarations devraient susciter l’hilarité générale. Pourtant, gouvernements et institutions européennes, tout en les dénonçant et en promettant de les mater, persistent à se prosterner devant elles.


    C’est que les agences de notations, aussi discréditées soient-elles, jouent un rôle indispensable au fonctionnement des marchés financiers. Le problème n’est pas de savoir si elles ont raison ou tort ou si leurs jugements sont basés sur une analyse objective de la situation. Il vient du comportement même des acteurs de la finance qui ont besoin d’une autorité extérieure pour orienter leurs décisions grégaires. Les agences de notation ne jouent pas le rôle de thermomètre, mais d’un virus qui fait monter la fièvre de la cupidité, laquelle pousse à la formation de bulles dans les moments d’euphorie boursière, et qui déchaîne une panique incontrôlée dans les moments de doute. Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, mais les marchés financiers. Il est donc criminel d’avoir mis les dettes publiques dans leurs mains.

    Car, il faut y insister, ce sont les gouvernements qui ont fait ce choix, ce sont eux qui ont permis aux marchés de développer leur capacité de nuisance. En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées, et ce, aux taux d’intérêt de marché. Il s’agit d’un acte fondateur, et destructeur, car il inaugure la mainmise des marchés financiers sur les États. Cette disposition allait être intégralement reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités européens. On a donc abouti à une situation hallucinante. Les États ne peuvent pas être financés par la BCE ; mais celle-ci peut par contre refinancer les banques privées à de très faibles taux. Ces dernières prêtent ensuite aux États à des taux nettement supérieurs, voire carrément usuraires. L’Union européenne se place volontairement sous l’emprise des marchés financiers.


    Cette emprise allait être d’autant plus grande qu’une contre-révolution fiscale s’est déployée depuis plus d’un quart de siècle. Son fil directeur a été de baisser par de multiples moyens les impôts payés par les ménages les plus riches et par les entreprises, en particulier les plus grandes. L’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la diminution du nombre de tranches et les baisses successives du taux marginal supérieur. L’impôt sur les sociétés, véritable peau de chagrin, pèse trois fois plus lourd sur les PME que sur le CAC 40. Résultat imparable, l’État s’est appauvri : ses recettes représentaient 15,1 % du PIB en 2009 contre 22,5 % en 1982. On trouve là une des raisons de l’accroissement régulier de la dette publique avant même la crise financière. Car contrairement à une antienne dont on nous rebat les oreilles, ce n’est pas l’explosion des dépenses publiques qui a creusé les déficits. Avant la crise, elles avaient même tendance à baisser : 55 % du PIB en 1993, 52 % en 2007. La crise, dont il faut rappeler qu’elle trouve son origine dans les délires de la finance, a évidemment gonflé la dette. Baisse des recettes fiscales dues à la récession, plan de relance pour éviter la dépression, et enfin sauvetage des banques, se sont combinés pour arriver à ce résultat.

    Alors que faire maintenant pour empêcher les prophéties autoréalisatrices des marchés de se réaliser ? Tout d’abord, il faut acter que les plans d’austérité, au-delà même de leur caractère socialement inacceptable, sont inutiles. Et c’est tout le paradoxe de la situation. Les marchés veulent que les déficits publics soient réduits pour être sûrs que les États puissent payer la charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises vitrifient l’activité économique. Face à ces injonctions contradictoires, il ne sert à rien de vouloir rassurer les marchés, puisque plus on les rassure, plus ils s’inquiètent. La seule solution est de sortir les États de leur emprise.

    Il faut pour cela tout d’abord européaniser et monétiser les dettes publiques. La BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les États et les politiques publiques européennes. Concernant le stock de la dette existant, un audit citoyen doit pouvoir déterminer la part de la dette qui est illégitime, et donc doit être annulée, et celle qu’il faudra rembourser, la BCE pouvant dans ce cas la racheter. Les banques doivent être mises sous contrôle social afin qu’elles se tournent vers les financements de l’activité productive et la transformation écologique de la société. Enfin, il faut enfin une réforme fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manoeuvres à l’action publique. Ces orientations supposent de rompre avec tout ce qui a fait l’orthodoxie néolibérale de ces dernières décennies. Les mouvements sociaux qui commencent à secouer l’Europe devront l’imposer.


    Tribune parue dans Libération Jeudi 3 Novembre 2011


    samedi 5 novembre 2011

    Contre les fausses évidences mondialisées

    Le G vain : La roue de la fortune a canné...

    Après Cannes quels enseignements tirer de cette série d'épisodes historiques grotesques ?

    ***

    Partira ? Partira pas ! La sortie de Papandreou ne règlera rien. Qu'il quitte le Gouvernement par la grande porte ou par la petite porte ne peut suffire à répondre à la question qui se pose à la Grèce, dans un premier temps, mais qui se posera à d'autres pays à commencer par l'Italie.

    Partira ? Partira pas ! La sortie de Berlusconi ne règlera rien. Qu'il quitte le Gouvernement par la grande porte ou par la petite porte ne peut suffire à répondre à la question qui se pose à l'Italie, dans un premier temps, mais qui se posera à d'autres pays notamment à l'Espagne.

    Partira ? Partira pas ! La sortie de Zapatero ne règlera rien. Qu'il quitte le Gouvernement par la grande porte ou par la petite porte ne peut suffire à répondre à la question qui se pose à l'Espagne, dans un premier temps, mais qui se posera à d'autres pays notamment à la France.

    Partira ? Partira pas ! La sortie de Sarkozy ne règlera rien. Qu'il quitte le Gouvernement par la grande porte ou par la petite porte, en mai prochain, ne peut suffire à répondre à la question qui se pose à la France, dans un premier temps, mais qui se posera à d'autres pays de l'Europe.

    Car l'opinion majoritaire, influencée par les médias assez visiblement aux ordres, se trouve dominée par de fausses évidences qu'on a rabâchées au cours du G20. Et il faudra bien, tôt ou tard, entrer dans une autre dynamique politique et abandonner ces fausses évidences !

    ***

    • La première de ces fausses évidences est que le monde entier serait endetté. Il ne devrait pas y avoir plus (ou moins) d'argent sur Terre, aujourd'hui qu'il y a cent ans ! La monétarisation de l'économie a brisé tous nos repères. La question est donc tout autre : l'argent est-il encore un moyen d'échange ou bien une marchandise nouvelle qu'on surproduit, qu'on vend et qu'on achète, indépendamment de l'activité industrielle et agricole ? Que des pays, de plus en plus riches, soient de plus en plus pauvres n'a aucun sens. Ce qui a pris sens, un bien mauvais sens, c'est que l'on veut faire fonctionner les États comme des entreprises et que l'on a jeté des sociétés entières dans la fuite en avant de l'emprunt permanent. Ainsi avons nous privatisé la politique. Ainsi avons-nous remis notre sort entre les mains expertes et perverses des financiers.

    • La seconde de ces fausses évidences est que, sans croissance, il n'existe aucune possibilité de retrouver un équilibre économique. Cela signifie que nul ne pourrait marcher sans courir ! Cela veut dire que la sobriété est impossible aux sociétés modernes. Cela conduit vers une perpétuelle recherche du plus de productions, sans éliminer aucune de celles, nuisibles ou inutiles, qui rapportent de l'argent. Dans un monde limité c'est un suicide de nos civilisations.

    • La troisième de ces fausses évidences, c'est qu'il serait possible de maintenir le concept de démocratie sans solliciter l'avis des peuples, voire en l'obligeant à changer d'avis quand ce qu'il désire ne convient pas aux choix des dirigeants ! Corollaire : quand on a enfermé un pays dans de multiples erreurs économiques, c'est encore au peuple qu'on demande de payer la note !

    • La quatrième de ces fausses évidences, c'est qu'on pourrait prolonger le fonctionnement d'un système qui non seulement s'effondre mais rend « toxique » l'activité humaine. Quand on saigne le peuple grec mais que les très fortunés armateurs grecs restent intouchables, sous peine, menacent-ils, d'aller faire fortune ailleurs, on atteint le comble du cynisme. Une humanité de sept milliards d'individus ne peut céder à de pareils chantages qu'on retrouve, cependant, partout ! Sans démocratie économique, il n'y a pas de démocratie politique possible.


    ***

    Et voilà que Barak Obama, président de la plus grande puissance économique au monde - car les USA le sont encore ! - s'en vient, à Cannes, au lendemain d'un « G vain », sans effet sur la conjoncture, devant les ondes des télévisions françaises, apporter son soutien au président d'une France à la peine.

    La caractère électoraliste et assez ridicule de l'opération ne mériterait pas un seul commentaire mais ce qui nécessite l'analyse, c'est l'intention cachée de la tentative, à y regarder de près, mais côté étatsunien ! La fausse évidence mondialisée, par l'intermédiaire de ces quinze minutes de discours médiatisée, est celle-ci : "non, l'occident n'est pas en panne et il sait manifester, si besoin est, sa solidarité coûte que coûte". En d'autres termes, et plus crûment, il faut sauver le capitalisme, certes au bord du gouffre, mais qui peut n'y pas sombrer car ne manquant pas de réserves politiques, à preuve cette exhibition télévisuelle. En outre, revoici l'Europe mise sous la protection et le contrôle des USA. Belle opération pour Obama, candidat en 2012, moins menacé que Sarkozy, et qui montre sans avoir, lui, à le démontrer, qu'il est et reste un leader incontournable.

    Ce n'est pas le leader chinois, ni même le leader indien qui se seraient prêtés à ce vilain jeu de dupes. Eux ont le poids ou l'avenir démographiques avec eux et n'ont pas, à rechercher, d'abord, un nouvel « american way of life » qui serait fatal à leurs peuples et à l'écologie du monde entier. Relevons ici l'ultime fausse évidence qu'on voudrait voir mondialisée : là où sont les plus nombreux des hommes on peut trouver les meilleurs clients non encore pourvus des biens qui nous sont devenus nécessaires, en Europe ! On ne sauvera pourtant pas les industries de nos sociétés saturées par le transfert de nos savoirs, de nos usines et de nos technologies vers l'Asie. Le capitalisme asiatique n'a jamais été et ne sera pas semblable au capitalisme occidental. Plus encore : ce capitalisme se transformera parce que la philosophie qui l'inspire n'a pas déserté le marxisme pour se vautrer dans le libéralisme anglo-saxon. La Chine s'est réveillée et ne va pas dans la direction où nous pensions inévitable d'aller : soit le communisme en fin de vie, soit la démocratie libérale en pleine et fatale contradiction.

    ***

    In fine, ce qui apparaît effroyable, c'est le refus de considérer les véritables évidences qui sont fondées, depuis des siècles, sur des valeurs qu'on déforme, minimise, oublie ou qu'on renie : le partage, la vertu, la modestie, le service, la solidarité. Rien d'utopique, pourtant, dans dans ces évidences là, à moins qu'on renonce à l'espérance d'une vie collective équilibrée.

    Des nonagénaires tels que Stéphane Hessel, Edgar Morin, ou Jean Malaurie en sont, après des décennies de travaux et d'engagements, ayant souvent fait l'unanimité, à recommander, d'urgence, l'indignation citoyenne, une tout autre voie politique, la révolution écologique ! Comment se fait-il que nous n'en sachions ni les lire, ni les comprendre afin d'en tirer tous les enseignements pratiques ?

    D'ici quelque temps nous regarderons la période historique que nous traversons avec étonnement. Opposons, dans toutes les situations, les plus vastes comme les plus étroites, nos évidences citoyennes aux fausses évidences mondialisées qui nous conduisent, au sens propre comme au sens figuré, à la ruine.


    Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran



    mardi 1 novembre 2011

    La démocratie ira-t-elle se faire voir chez les Grecs ?


    Un collier ou une breloque d'or ?

    C'est un véritable et inattendu événement politique : l'annonce, par le premier ministre grec, Georges Papandréou, d'un référendum devant approuver, ou désapprouver, le compromis obtenu, la semaine passée, à Bruxelles pour maîtriser la dette grecque.

    Quoi qu'il arrive, à présent, y compris si le gouvernement grec devait démissionner, si des élections anticipées étaient annoncées, et si ce référendum n'avait pas même lieu, des enseignements majeurs sont à retirer de cette tragi-comédie politique.

    • Qu'on s'offusque que le peuple soit consulté fait sourire alors que ceux qui critiquent cette initiative grecque se veulent, volontiers, des donneurs de leçons de démocratie.

    • Nicolas Sarkozy a écarté, pour la forme, cette critique de l'appel au peuple mais pour, aussitôt, appeler celui qui a surpris les leaders européens, à comparaître, en ouverture du G20, pour s'expliquer. La souveraineté populaire aurait-elle vécu ?

    • Quels que soient les torts des Grecs, et ils en ont, ce n'est pas en les culpabilisant et en les étrillant qu'on les fera changer de comportement ! Pourquoi les armateurs, l'Église orthodoxe, les plus riches ont-ils été mis à l'abri d'une fiscalité indispensable ? C'est toute une culture de la facilité qu'on a encouragée, grâce à des financements d'emprunts dont nombre de banques, et plusieurs françaises, ont fait la proposition, sûres qu'elles étaient de gagner de l'argent facile.

    • Le probable retour aux affaires (si l'on peut dire...), de la droite grecque (qui avait installé le système et a bien profité de lui) montre que l'alternance droite/gauche ou gauche/droite ne peut, à elle seule, garantir un changement politique.

    • Que la rébellion grecque, dans la rue, parmi les élus du PASOK puis, bientôt, dans les urnes, perturbent à ce point, ce jour de la Toussant 2011, les gouvernements de la zone euro, les bourses, les opinions, montre, s'il en était besoin, que rien n'est définitif en politique mais, surtout, que l'économie ne commande pas tout.

    • La Grèce vivait au-dessus de ses moyens mais pas plus que les autres ! Le budget militaire de la Grèce, l'un des plus importants en Europe, (pour se tenir prêt face à un éventuel conflit avec la Turquie, notamment à Chypre), pesait sur les finances de ce pays de façon démesurée. Qui en a parlé ? Qu'a-t-on demandé comme effort à la Grèce à ce sujet. Qui lui vendait des armes ? Rappelons-nous : Daniel Cohn-Bendit affirmait tenir de la bouche-même du chef du gouvernement grec, sans être contredit, qu'au cours d’une rencontre, en marge du sommet de l’Otan, à la mi-février 2010, Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient glissé à Georges Papandréou : "Nous allons lever des sommes pour vous aider, mais vous devez continuer à payer les contrats d’armements qu’on a avec vous, signés par le gouvernement Caramanlis".

    Il ne peut rien sortir de bon de la situation créée par cette rupture de contrat politique car les chefs d'État, ridiculisés, vont faire payer cher leur déconvenue. Pourtant, même si Georges Papandréou quitte le pouvoir, il le fera dans la dignité, sans s'être laissé transformer en petit-chien-obéissant !

    Au peuple grec, à présent, de se saisir de ses propres affaires. N'est-il pas enfant du Parthénon et ne vit-il pas en ces lieux d'où jaillirent les pensées qui ont permis l'apparition du concept même de démocratie ? Cela mérite, tout de même quelque respect, de la part de tous les Européens !

    Il ne suffira pas aux électeurs grecs de punir le PASOK ! Il faudra aller au bout de la contestation du pouvoir des financiers qui ont gavé les plus nantis des Grecs pour, maintenant les noyer tous, jusqu'au plus pauvre, sous des dettes insurmontables, certaines accumulées depuis les J.O d'Athènes, sans que cela perturbe, alors, qui que ce soit !

    Belle leçon de réalisme politique ! On ne règle pas tout avec des mots ! Nous nous réjouissons, en outre, que l'on cesse d'appeler Europe le couple franco-allemand qui n'a ni vocation à être la locomotive du train européen, ni à être décideur de l'objectif et de l'itinéraire du voyage.

    Que la Belgique, à son tour, veuille sortir du nucléaire en est la démonstration : on ne fera pas une Europe française et, sur ce point, Angela Merkel dispose d'arguments qui le prouvent. Il n'y a, pour la France (car son tour viendra), le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande... et la Grèce de solution économique qui serait négociée avec les puissances financières privées.

    Combien va-t-il nous falloir de temps pour le comprendre et entrer dans un partage respectant tous les peuples

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    Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran