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vendredi 21 août 2009

Un anniversaire politique de vive actualité

Nous sommes le 21 août 2009. Voici 220 ans, du 20 au 26 août 1789, à Versailles, l’Assemblée Constituante, discutait et votait la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. Qui va célébrer cet anniversaire ?

Plus d'un siècle auparavant, le 26 mai 1679, en Angleterre, avait été proclamé le Bill d’Habeas Corpus qui réglait, avec précision, le droit de l’inculpé et du détenu. En 1688, avait été renversé le roi, Jacques II, et proclamé le Bill of Right qui marquait le passage d’une monarchie de droit divin à une monarchie constitutionnelle fondée sur un contrat.


Le Bill of Right est encore fréquemment déchiré et, malgré le Bill d'Habeas Corpus, le plateau de la justice est souvent écrasé, à droite


Enfin, le 4 juillet 1776, les habitants des colonies anglaises d'Amérique avaient proclamé leur indépendance dans une très belle Déclaration qui a énoncé, pour la première fois, le « droit au bonheur ».



Thomas Jefferson, auteur de la déclaration d'Indépendance.

La Déclaration française des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 réalise la synthèse de ces textes et des idéaux politiques du « Siècle des Lumières ». Elle s'applique à l'ensemble des êtres humains, hommes et femmes réunis, conformément au genre neutre du mot Homme dans la langue française. Le texte ne fait référence à aucune religion, ni aucun régime politique particulier.

Louis XVI, qui s'opposait fermement à l'Assemblée nationale, se résolut à ratifier la Déclaration, le 5 octobre 1789, sous la pression du peuple, accouru de Paris à Versailles, et sur l'insistance du Marquis de La Fayette.

L'Article premier, le plus beau et le plus important, énonce : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, et : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune ». Il récuse les privilèges et porte en germe la condamnation de l'esclavage comme des ségrégations sexuelles, religieuses ou raciales.

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, avec les décrets des 4 et 11 août 1789 sur la suppression des droits féodaux, constitue l’un des textes fondamentaux votés par l'Assemblée Constituante. Elle comporte un préambule et 17 articles qui mêlent des dispositions concernant l'individu et la Nation. Elle définit des droits « naturels et imprescriptibles » comme la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression. La Déclaration reconnaît également l'égalité, notamment devant la loi et la justice. Elle affirme, enfin, le principe de la séparation des pouvoirs. Elle sert de préambule à la première Constitution de la Révolution Française, adoptée en 1791.

Bien que la Révolution ait, par la suite, renié certains de ses principes et élaboré deux autres déclarations en 1793 et 1795, c'est le texte du 26 août 1789 qui est devenu la référence des institutions françaises, notamment dans les Constitutions de 1852, 1946 et 1958.

La Déclaration de 1789 a inspiré, au XIXe siècle, des textes similaires dans de nombreux pays d'Europe et d'Amérique latine et la Convention européenne des Droits de l'Homme, signée à Rome, le 4 novembre 1950, reprend en partie la tradition révolutionnaire française.

Robert Badinter, ancien ministre de la justice dira, à ce sujet : « La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, même si elle est postérieure à la Constitution des États-Unis et à la Déclaration d'Indépendance, est un texte majeur dans l'histoire de la pensée et de la liberté parce qu'elle a imposé l'idée d'universalité des droits de l'homme. Que nous nous soyons toujours inspirés de la Déclaration de 1789 crée, entre la France et les droits de l'homme, un lien historique et affectif continu ».

Cette première pierre à l’édifice démocratique, fondateur de notre République, a été suivi par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793. Cette dernière a abouti à la Constitution de l'an 1 qui ne fut jamais appliquée, mais dont la mise en place fut souvent réclamée par la gauche française jusqu'au début du XXe siècle, le premier projet de Constitution de 1946 faisait, d'ailleurs, référence à cette déclaration.

Ce qui distingue la Déclaration de 1793 de celle de 1789, c'est la tendance égalitaire. L'égalité, comme premier droit naturel de l'Homme, est le mot d'ordre de la Déclaration. Ainsi, dès l'article 3, il est prévu que « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi ». L'égalité est aussi le premier droit présenté à l'article 2. Pour les rédacteurs de la Déclaration de 1793, l'égalité n'est pas seulement civile mais aussi naturelle. À l’époque, pourtant, on estime déjà que la liberté et l’égalité peuvent devenir contradictoires et l’on se pose la question de savoir comment on peut aplanir, ou compenser, les inégalités sociales. L'article 21 proclame le droit de tout citoyen à l'assistance publique : la société est redevable au citoyen d'une assistance, d'un droit au travail et chaque citoyen peut donc revendiquer un travail. L'article 22 proclame le droit à l'instruction en dehors de la charge anciennement assumée par l'Église. Ces droits font partie de ce que l'on appelle la deuxième génération des droits de l'Homme : les droits économiques et sociaux. Ces droits, cette égalité naturelle, supposaient une intervention accrue de l'État, en accord avec le but fixé à l'article premier : « le bonheur commun ». L'article 25 réaffirme que la souveraineté réside bien dans le peuple. La liberté individuelle est maintenue et certains de ces aspects sont mieux définis que dans la Déclaration de 1789. En effet, la Déclaration de 1793 prévoit la liberté de culte, la liberté de commerce et d'industrie, la liberté de la presse, la liberté de se réunir en sociétés populaires et enfin le droit de pétition.

Trois articles sont consacrés au droit de résistance à l'oppression; ils précisent sa forme et son étendue. Même lorsque cette oppression n'atteint qu'un seul individu, la résistance est possible. Cette résistance peut être passive, par la grève, ou bien active, par la manifestation. La Déclaration reconnaît l'insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et, despotique comme un devoir et l’affirme dans le 35ème et dernier article : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».


Les discussions de l’époque furent souvent âpres et rugueuses. Il ne faut pas oublier que nous sortions de 1500 ans de royauté de droit divin et que beaucoup de députés étaient monarchistes. Et pourtant, beaucoup des idées de l’époque n’ont pas pris une ride et devraient encore servir de base de réflexion et d’action à nos gouvernants, si prompts à s’emparer des idéaux historiques lorsque cela les arrange.

Rappelons nous seulement le travail des Jacobins, même si Jean Jaurès leur reprochait d’avoir voulu faire vivre le peuple français « à bon marché », d’exclure à la fois le communisme et la richesse, mais aussi d’avoir inauguré l’ère totalitaire en instaurant la terreur, cela me semble bien exagéré en comparaison avec ce qui se passe aujourd’hui dans le monde.

Faisant écho à Jean Jacques Rousseau qui affirmait que « les fruits sont à tous, et la terre à personne », Robespierre affirme que la propriété ne peut jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Cette opinion est réaffirmée par Saint Just qui, critiquant les thèses d’Adam Smith, disait « que des hommes durs, qui ne vivent que pour eux, portent atteinte gravement à l’harmonie sociale ».

A la lecture de ces écrits fondateurs, nous pouvons mesurer l’importance de la régression de notre société au sujet de la justice, de l’égalité et des libertés.

Pourtant, il y a 220 ans, tout était là pour un projet de société fondée sur la justice, la réciprocité, sur le droit à l’épanouissement, à la solidarité, à la fraternité et au respect des équilibres naturels. Un projet qui n’attend que vous, que nous et auquel il est encore possible de donner vie.

Il est là, ce projet, il n’attend que vous, que nous, rejoignez-nous pour lui donner vie. C’est l’objectif que s’assignent, notamment, les citoyens qui s’engagent au sein de la Ligue des Droits de l’Homme.

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Jean-Claude Vitran









samedi 15 août 2009

Le bal des faux-culs...

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé, qu'il avait décidé la suspension immédiate du préfet Paul Girot de Langlade de sa mission de coordinateur local des états généraux de l'Outre-mer pour la Réunion, après une plainte déposée contre lui pour des insultes à caractère raciste. "Je ne tolérerai jamais que des propos racistes ou discriminants soit tenus dans notre pays, d'autant plus par un représentant de l'Etat, quel qu'il soit, prévient Brice Hortefeux. Ces comportements sont indignes des valeurs de notre République". AP


Brice Hortefeux prêt à se suspendre de ses propres fonctions?

Paul Girot de Langlade, ex préfet de Corrèze, Savoie, Vaucluse, Guadeloupe, et Indre et Loire, est un triste sire, et néanmoins Chevalier de la Légion d'Honneur! En octobre 2002, ce haut fonctionnaire avait tenu des propos antitsiganes qui, alors, n'avaient guère ému son ministre de tutelle d'alors nommé Sarkozy. Condamné en septembre 2007, par le Tribunal de Paris, après récidive, suite à une plainte du MRAP, il avait été relaxé en appel, le 25 juin 2008.

Devenu préfet hors cadre (préfet sans territoire), le 13 septembre 2007, par décision du Conseil des Ministres, et sans doute estimé particulièrement qualifié, compte tenu de sa sensibilité face aux discriminations, il s'était vu confier, en 2009, la mission de coordinateur local des États généraux de l'Outre-mer pour la Réunion. Mais voilà que, le 31 juillet, de retour de voyage, à Orly, il injurie une femme agent de sécurité, d'origine antillaise, laquelle porte plainte.

Cela commence à faire beaucoup et les hypocrites, ou autres Ponce-Pilate, se sont saisis de cette grossièreté supplémentaire pour faire "un coup politique". Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, avec l'aval probable du Chef de l'État, en vacances vigilantes au Cap Nègre, s'est empressé de dénoncer le racisme de Girot de Langlade et lui a enlevé ses ultimes responsabilités. en le suspendant de fonctions qu'il n'exerçait d'ailleurs plus, sa mission étant achevé! Ainsi voudraient se dédouaner ceux dont les actes démentent les paroles et qui pratiquent, cet été, avec efficacité, la chasse à l'étranger et le regroupement familial en rétention!


Paul Girod de Langlade, Préfet de la république

Condamner les divagations racistes de Girot de Langlade, est nécessaire. Dénoncer la politique conduite par le couple Hortefeux-Besson aux ordres de Sarkozy, cet été, bien davantage! La presse s'est jetée sur la sanction dont écope Girod de Langlade, mais elle n'a pas dit grand chose du piège médiatique que constitue cette récupération des propos d'un haut fonctionnaire de plus en plus irresponsable!

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Le couple de la répression nationale

Que des associations ou partis se contentent d'être satisfaits de la suspension de Girod de Langlade est à bien courte vue. Pendant ce temps, les dirigeants français, sous les yeux du monde entier, pour notre plus grande honte, continuent à s'illustrer sur un mode berlusconien, tout en osant affirmer encore que notre pays est la Patrie des droits de l'homme.


Gavroche, revient, ils sont devenus fous...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mardi 4 août 2009

4 Août 1789 - 4 Août 2009

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En cette journée du 4 août 2009, revenons sur l'histoire.

Exactement il y a 220 ans, pendant la nuit du 4 au 5 août 1789.

Après la prise de la bastille le 14 juillet, la crainte d'une réaction de la noblesse entraîne une vague de révoltes dans la campagne française. Des paysans s'en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives.

Devant l’agitation, le 3 août, le duc d'Aguillon - deuxième fortune du royaume derrière le roi Louis XVI - lance l'idée de l'abolition des droits seigneuriaux. Il dit : " Le peuple cherche à secouer enfin le joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête .... L'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime."

Le lendemain soir, le vicomte de Noailles propose à l'Assemblée Nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Le duc d'Aguillon propose l'égalité de tous devant l'impôt, le rachat des droits féodaux et l'Assemblée Nationale, après six heures de discussion, proclame l'abolition de tous les droits et privilèges féodaux, abattant du même coup tous les cadres sociaux de l'Ancien Régime, l'égalité devant la Loi devenant la règle.

Quelques jours plus tard, le 26 août, l'Assemblée Nationale tirera la conséquence de cette abolition en préparant la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Pourtant, aujourd'hui, cette égalité est encore au centre de tous les débats politiques nationaux et, encore plus, mondiaux.

Les exemples sont très nombreux, proches de nous, où le principe d'égalité est bafoué. Le plus criant est l'inégalité femme/homme fondée sur aucune vérité, sinon celle de l'arrogance masculine.

Les crises financières, sociales et écologiques qui se superposent créent des précipices inégalitaires entre les individus.

En ce qui concerne notre pays, le président de la République a été très clair dans son discours prononcé à Saint Quentin le 24 mars 2009 :"... Nos valeurs c'est le respect, la responsabilité, la justice, et la liberté..." a-t-il dit, sans citer l'égalité et la fraternité qui sont pourtant au fronton de nos édifices publics.

Il a ensuite poursuivi : " ... Je veux dire qu'il est légitime que ceux qui créent des richesses, qui créent des emplois, qui créent des entreprises gagnent de l'argent. Je souhaite même pour eux beaucoup d'argent. Il ne faut décourager l'esprit d'entreprendre. Elle est un moteur, depuis l'origine de l'humanité. Il ne faut pas pénaliser la réussite. Il ne faut pas tuer le goût du risque. L'égalitarisme, c'est le contraire de la justice. L’égalitarisme c'est le nivellement par le bas. Une société égalitaire c'est le contraire d'une société de liberté et de responsabilité..."

Le président emploie, d'ailleurs, le terme "égalitarisme". Lui, ou son rédacteur, n’ont pas lu le philosophe Karl Popper qui dans son ouvrage "la société ouverte et ses ennemis" défini l'égalitarisme comme le fondement de la méritocratie chère à notre président, lequel continue ensuite : " l'éthique du capitalisme, ce doit être une éthique de responsabilité, une éthique de l'effort, une éthique de l'honnêteté."

Nous sommes bien là dans une posture libérale de type anglo-saxon qui ne pas fait sienne les valeurs de solidarité et de fraternité, niant, de ce fait, le principe d'égalité voulu par nos illustres ancêtres.

Selon la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, les hommes naissent libres et égaux en droit, pourtant les différences d'origine, de niveau d'éducation, de sexe, d'âge, de couleur de peau, d'apparences physiques, de religions sont facteurs d'inégalités économiques - rémunérations, chômage...

Pour certains, les inégalités sociales sont tout à fait acceptables et il n'est pas nécessaire de les corriger sous prétexte d'uniformisation, de nivellement par le bas.

Pour d'autres, et c'est mon cas, les inégalités sociales sont la conséquence de la domination économique, politique et sociale du capitalisme.


Au nom de la justice et de la fraternité, elles doivent être corrigées et réduites le plus possible.

Depuis le 4 août 1789, 220 ans sont passés !

Ne désespérons pas, continuons notre lutte, même si le chemin nous semble encore long pour y arriver.


Jean-Claude Vitran


samedi 1 août 2009

Interrogation.




Je ne tiens pas à charger M. Julien Dray, la presse s'en charge bien suffisamment.

La justice passera et nous dira si les charges qui pèsent contre lui sont avérées.

Il n'est pas le premier dans cette situation, il ne sera pas le dernier, en effet le métier d'élu politique demande de réels efforts pour résister aux tentations et lorsque l'on est élu continuellement depuis plus de 20 ans, les mauvaises habitudes deviennent des habitudes, tout simplement.

Moi, je dis cela parce que je suis jaloux !

Enfin, il y a une chose qui néanmoins me chiffonne.

Il est fait état par la presse, sans que le mis en cause ne le contredise, qu'il a perçu 1 631 417 € en trois ans et dépensé 2 087 678 € durant la même période.

Pour les personnes, mal habituées à l’euro par des sommes aussi importantes, cela fait exactement 10 702 095 F perçus et 13 951 167 F dépensés.

Première question, à moins de taper dans son capital, comment fait-on pour dépenser plus que l'on perçoit, et pas qu'un peu : 456 261 € soit 2 993 072 F ?

Moi, quand j'ai un découvert de 10 €, ma banque me gronde, refuse mon prélèvement de 20 €, et, par pédagogie, me taxe d'au moins 40 € de frais.

L’égalité n’est pas de ce monde, il y a des différences de traitements !

Mais, ce n'est pas vraiment ce qui me préoccupe.

Vous allez penser que je suis curieux, ce qui me préoccupe : c'est comment un homme politique de gauche, enseignant chercheur de métier, s'y prend pour percevoir plus de 500 000 € par an et pour en dépenser beaucoup plus ?

Pour un homme qui a commencé sa carrière politique à la LCR, c’est un beau parcours.

Ah !, je vous entends, bandes de médisants, lui, il travaille plus pour gagner plus, car en plus d'être député et vice-président du conseil régional d’Ile de France, il est parfois horloger … il vend des montres, papetier …. il vend des stylos, pas une vulgaire marque, des Mont Blanc, quelquefois même un tailleur !

Vraiment , ma jalousie est mal placée.

Mea culpa ...

Je remercie solennellement tous ces politiques pour leur sollicitude et leur travail qui me permettent de percevoir 22 000 € par an après quarante ans de bons et loyaux services .....

En plus, je m'arrangerai dorénavant pour ne pas en dépenser plus.

Jean-Claude Vitran


samedi 25 juillet 2009

Alain Refalo, symbole de notre résistance

Le pouvoir tape dur. De préférence au portefeuille. Qui n'obéit est un mauvais Français. Qui résiste est un criminel. Des citoyens prennent des risques. Quand, sous le régime de Vichy, le portrait de Pétain devait être affiché dans les écoles, des instituteurs ont refusé. La suite nous a appris qu'ils avaient raison. En serions-nous revenus là? Soyons solidaires d'Alain Refalo.



COMMUNIQUE - 24 juillet 2009

du Comité de soutien à Alain Refalo
et du Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique.

Alain Refalo, professeur des écoles à l'école Jules Ferry de Colomiers, qui a comparu en commission disciplinaire le jeudi 9 juillet à l'inspection académique à Toulouse vient de se voir signifier une sanction disciplinaire de catégorie 2 : abaissement d'un échelon, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son traitement. S'ajoutant à la promotion qui lui a été refusée au mois de février, et indépendamment des 19 jours de salaire qui lui ont déjà été soustraits, cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7 000 euros, alors qu' Alain Refalo a effectué l'intégralité de son service devant les élèves et que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs sont élogieux. Les faits reprochés à Alain Refalo sont les suivants : refus d'obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education Nationale. Il s'agit donc bien d'une sanction politique pour briser professionnellement l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique et bâillonner la liberté d'expression des enseignants.
Le comité de soutien à Alain Refalo et le Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique considèrent cette sanction, décidée par le ministre Luc Chatel, comme une attaque directe à l'encontre de tous les enseignants en résistance et plus largement de tous les citoyens et les élus qui se sont mobilisés massivement le 9 juillet pour soutenir Alain Refalo et défendre l'école publique. L'inspecteur d'académie de la Haute-Garonne qui avait indiqué à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas de sanction disciplinaire à l'encontre d'Alain Refalo, et qui, le vendredi 10 juillet, lors de son point de presse, avait souhaité s'inscrire dans une démarche d'apaisement, a doublement menti.
Luc Chatel qui ne cesse d'afficher une posture d'ouverture et de dialogue en direction des enseignants vient de montrer toute la duplicité de ses propos. La porte du dialogue que nous avions toujours laissée entrouverte est pour l'heure fermée de part la volonté du ministre qui devra en assumer toutes les conséquences dès la rentrée. Cette grave et injuste décision n'entamera pas la détermination d'Alain Refalo et celle de milliers d'enseignants du primaire en résistance dont les coordinateurs de toute la France se réuniront à la fin du mois d'août à Montpellier pour décider des initiatives communes de résistance aux "réformes" scélérates qui déconstruisent l'école publique.

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html resistpedagogique@free.fr


Déclaration d'Alain Refalo (extrait)

Alors, à l'heure où la répression s'abat sur les enseignants en résistance qui refuse d'assister passivement à la déconstruction de l'école publique,

J'appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l'école de la République aujourd'hui menacée.

J'appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu'une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien.

J'appelle les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d'enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l'esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves.

J'appelle les parents d'élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d'éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d'un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l'échec scolaire et de la violence juvénile.

A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c'est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent... Alors osons dessiner, dès aujourd'hui, un a-venir pour l'école aux couleurs de la générosité et de l'espérance.




Relisons nos classiques. Il est grand temps!


Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran



mardi 21 juillet 2009

Liberté et sécurité



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En mars 1981, Pierre Mauroy, Premier ministre socialiste, affirmait que la première des sécurités, c'était la Liberté.

Fin 1997, Jean-Pierre Chevènement, puis Lionel Jospin soutiennent que la première des libertés, c'est la sécurité.

Dés le lendemain, trop heureux, Patrick Devedjian diagnostique une grande victoire idéologique pour l'opposition. L’histoire lui a donné raison car depuis cette époque s'est mis en place, dans notre pays, sous l'impulsion de la "gauche" un paysage sécuritaire où la politique sociale et judiciaire de l'État se décline sur le seul registre répressif.

En effet, on ne trouve plus un élu socialiste, aujourd'hui, pour affirmer que la vidéo surveillance est liberticide pour les libertés individuelles et est dangereuse pour les droits fondamentaux.

Actuellement, à Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par le responsable de la sécurité municipale parisienne, Georges Sarre, ancien ministre socialiste, apporte leur soutien au plan de la préfecture de police : "1000 caméras pour Paris".

Il s'agit plutôt de 1250 caméras, imposées par le gouvernement, qui assure vouloir tripler le nombre de caméras de vidéo surveillance installées dans notre pays. Pour surveiller les Parisiens, tous les arguments sont bons, même les plus fallacieux.

http://www.atelier-idees.org/www/images/stories/videosurveillance.jpg

Il faut pourtant rappeler trois grands principes constitutionnels aux édiles parisiens si prompts à donner des leçons de vertu républicaine.

Le principe de finalité :
Les données personnelles doivent être collectées dans un but précis et pour des finalités déterminées, explicites et légitimes, et ne peuvent être pas traitées ultérieurement de manière incompatible avec ces finalités. Seul cet objectif détermine les données à recueillir.
La finalité doit être connue par la personne dont les données sont traitées.
Elle doit être énoncée précisément afin d'assurer l'information de l'individu.
De plus, le respect du principe de finalité interdit toute modification ultérieure de celle-ci.

Dans le cas du système mis en place à Paris, la finalité annoncée « vidéo protection » est mensongère puisque le système ne protège pas mais surveille uniquement.
Comme l’annonce Georges Sarre aux maires d’arrondissements parisiens, dans sa note du 29 juin 2009, il permet, éventuellement, d’élucider plus rapidement des enquêtes policières, mais ne protège pas les citoyens d’un hypothétique danger.

Le principe de proportionnalité :
Les moyens technologiques de traitement des données doivent être proportionnés à l'objectif poursuivi (pas de recueil de données sensibles pour un objectif banal). En terme trivial : on ne casse pas une noix avec un marteau pilon.

Dans le cas de la vidéo surveillance parisienne, la collecte des données est hors de proportion avec le but recherché qui, toujours selon M. Georges Sarre, est : prévenir les agressions et les vols, lutter contre le terrorisme, assurer la fluidité de la circulation, etc.
L’ensemble de ces buts assignés ne nécessite pas l’enregistrement et le stockage des images, et le coût de l’installation et de la maintenance, (300 millions d’Euros sur 15 ans, hors salaires des « surveillants »), est disproportionné par rapport au but recherché.

Le principe d'universalité des Droits :
Ces systèmes, installés à Paris ou ailleurs, contournent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dans son article 12 rappelle que : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, …… » et dans son article 13 « toute personne a le droit de circuler librement ….. » On peut aussi ajouter le droit à l’image qui lui aussi est un droit fondamental.



Il faut aussi rappeler ces principes au maire d'Ermont, Hugues Portelli, pourtant professeur de droit constitutionnel, qui installe des caméras dans sa commune, ainsi qu'à Luc Strehaiano, maire de Soisy, à François Balageas, maire socialiste d'Eaubonne, ou à Dominique Lefèvre, maire socialiste de Cergy...

Arrêtons l'énumération, la liste serait trop longue.

L’ensemble de ces systèmes est mis en place dans de nombreuses communes de France en dehors de tous débats démocratiques et sans l’avis éclairé des citoyens, alors que plusieurs pays, le royaume Uni et les USA, entre autres, réfléchissent au démantèlement des systèmes mis en place.

Il est vrai que pour résister à la vidéo surveillance, il faut avoir le courage de déplaire à une partie de son électorat. Mais ce courage n'est pas le trait dominant des élus municipaux.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

lundi 20 juillet 2009

Passé ou présent ?


Nous sommes certains que les conditions des travailleurs se sont améliorées depuis le début de la révolution industrielle. C'est indubitable.

Pourtant, à comparer certains écrits de l'époque avec la situation d’aujourd'hui, on peut en douter.

Le publiciste Saint-Marc de Girardin (1801-1873) illustre les inquiétudes bourgeoises lorsqu'il écrit, en 1831, que « Les barbares qui menacent la société ne sont pas du Caucase ni des steppes de la Tartarie, ils sont des faubourgs de nos villes manufacturières ».

Il ne s'agissait pas alors de Villiers-le-Bel ou de Vaulx-en-Velin !


Professeur de poésie française à la Sorbonne, député en 1834, 1848 et 1871, conseiller d’État et ministre de l’Instruction publique en 1848.

En même temps, toujours vers 1830, il s’écrit dans les gazettes que « Le libéralisme dominant, concept inventé vers 1776 par Adam Smith, répugne à toutes formes d'interventions en vue de protéger les travailleurs car ceux-ci doivent être tenus pour responsables de leur état ».

Ou encore :

« Vers 1860, alors que le salaire réel tend à augmenter, la majorité des ouvriers ne laissent rien à leur mort; pour les élites, c'est leur vice et leur imprévoyance qui est la cause de leur misère ».

Je ne sais pas pour vous, mais, pour moi, ces propos qui ont pourtant 150 ans me semblent d'une actualité criante ; je les entends, nuancés peut-être, dans la bouche de nos gouvernants.

Pauvre misérable, tu n'es pauvre que par ta faute, reste donc pauvre et misérable.

Jean-Claude Vitran.