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lundi 11 octobre 2010

La France un pays en voie de sous-développement ?

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Soyons loyaux : il n'y a pas que la France qui, en Europe, vit "au-dessus de ses moyens"! Le recul économique de l'occident, face à la Chine et à l'Inde, sans compter le Brésil et d'autres pays qui ont fini d'émerger, n'a rien de surprenant. Quand le colonialisme politique puis le colonialisme économique cessent de nous permettre de vivre sur le dos ce ceux que nous exploitions, nous nous retrouvons contraints de compter sur nos seules richesses (qui ne sont pas minces) mais il n'est plus possible de rester dominateurs.Afficher l'image en taille réelle

La France n'approvisionnera pas toute la Chine en automobiles et le marché européen est saturé, donc, automobiles électriques ou pas, la production automobile française va reculer même si l'argument écologique (pourtant fort!) restait sans effet.

L'augmentation du chômage n'est pas dû à un manque de croissance mais à une réorganisation de la production qui n'a plus besoin d'autant de main d'œuvre.

Si le développement c'est la croissance alors, de surcroît, il faut craindre que nous connaissions une décroissance non voulue, et dommageable, qui nous fassent entrer dans la voie du sous-développement !

Rien d'illogique dans tout ça. Le développement des pays hier sous-développés (qu'hypocritement nous appelions de nos vœux) ne peut s'effectuer en même temps que le nôtre. Nous avons satisfait les besoins essentiels de notre population et, si la pauvreté s'accroît, c'est uniquement parce que la répartitions des richesses est scandaleusement inégalitaire.

Cependant, tendanciellement, on délocalise, non seulement parce que le coût de la main d'œuvre est moins cher ailleurs, mais parce que produire ailleurs est plus urgent qu'ici. Il y a plus d'affaires à réaliser là où l'on manque que là où le marché se rétrécit. C'est aussi brutal que ça.

Face à ce constat d'une vaste peau de chagrin européenne en cours de réduction, que les avancées de l'industrie touristique, la restauration, l'hôtellerie, ne suffisent pas à compenser, nous fonctionnons sur des acquis économiques mais il nous faut nous habituer à ne plus satisfaire tous les désirs que la publicité générait avec subtilité et efficacité. Nous allons croire à un recul alors que nous allons seulement abandonner de faux services et des productions souvent inutiles.

Si nous devions en rester là, ce ne serait pas malsain pour notre santé, malheureusement, comme l'effort à consentir pour accéder à la sagesse, à l'équilibre et à la juste répartition ne sera pas partagé par tous, nous risquons d'aggraver la chute de nos revenus si les ponctions sur les réserves sociales continuent d'être effectuées pour maintenir les privilèges.

En vérité, nous sommes déjà dans cette zone d'effondrement que ni le capitalisme libéral ni la social-démocratie (non moins libérale) ne sauront remplir. La mondialisation dont nous avions tiré le plus grand profit se retourne et les exploités peuvent, l'un après l'autre, lentement mais irrésistiblement, devenir nos exploiteurs !

Tout se passe comme si le gâteau à partager, ne grossissant plus, avait, à présent, des parts d'inégal rayon ou épaisseur, ce qui ne change rien pour les gourmands dotés des bons morceaux, tandis que les plus nombreux des convives s'attendent à manger moins qu'avant, voire, pour certains, des miettes...


Des parts inégales ou manquantes, avec un trou au milieu...

La crise n'est rien d'autre que cet arrêt de la croissance de l'écart entre les nantis et les nouveaux "riches". La Chine qui avait déjà toute sa place dans les coffres forts US, rentre en Europe par le Pyrrhée et ne n'est que le début. L'Europe, sans doute avec les USA, va connaître le temps des vaches de plus en plus maigres. Cela prendra du temps mais, de même que les ouragans se succèdent, les crises vont se suivre. Des crises ou, plus exactement, la réduction des inégalités à échelle planétaire.

Voilà pourquoi la France entre dans un état qui va nous donner à penser qu'elle connait, à son tour, un sous-développement...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

dimanche 10 octobre 2010

Vers la démocratie fascisante ?

Démocratie fascisante ? Quel est ce nouvel oxymore ?
Durcissons-nous le ton?
N'exagérons-nous pas ?
Nous sommes-nous enfermés dans une opposition systématique et extrémiste ?

Et bien, non ! Et nous entendons bien dire pourquoi la démocratie est en danger.


Dans la Rome antique, le faisceau du licteur est constitué d'un ensemble de verges (d'orme ou de bouleau) liées en cylindre autour du manche d'une hache par des lanières de cuir croisées. C'était un emblème de l'autorité des magistrats de la République romaine. Il était porté par un officier public, le licteur, qui le portait sur son épaule gauche. La hache représentait le pouvoir du consul de condamner à mort par décapitation.

Si la démocratie consiste à élire des dirigeants, nous sommes en démocratie.
Si la démocratie consiste à faire exécuter les décisions du peuple, nous en sommes loin.

L'article 2 de notre Constitution est le suivant :

Art. 2. - La langue de la République est le français

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est la Marseillaise.

La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité".

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Ou bien chacune de ces affirmations n'a aucun sens, et cet habillage de mots cache la vérité toute nue : nous ne vivons que dans un semblant de démocratie. Ou bien, au contraire, il faut entrer dans ces phrases et en dégager le sens :

La langue de la République est le français. Pas le français seulement; cela n'est pas dit. Mais le français d'abord (si l'on peut oser écrire ça !) ou, pour mieux dire, la langue française est la langue officielle. Les autres langues, régionales ou étrangères, ne sont pas interdites, peuvent être enseignées, mais passent après. Première précision.

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. Ce repère n'est pas, uniquement, celui de soldats qui meurent pour la patrie. Il est celui de ceux qui se reconnaissent français, sans nationalisme, ni culte d'anciens combattants. Seconde précision.

L'hymne national est la Marseillaise. C'est une musique d'abord, un chant, un repère sonore historique, un hymne, c'est-à-dire "un poème lyrique exprimant la joie et l'enthousiasme" comme l'affirme Le Robert. Et, de même qu'il n'est pas dit si son interprétation musicale est non modifiable (Giscard d'Estaing essaya bien de la ralentir...), de même il n'est pas exigé un respect absolu de ses paroles. Des Français peuvent ne pas se retrouver dans les paroles guerrières et agressives de l'hymne, sans renoncer à sa portée historique. Troisième précision.

La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité". Nous approchons du cœur de la démocratie française : aucun de ces trois mots n'a de sens s'il n'est associé aux deux autres. La liberté sans égalité, c'est le capitalisme insupportable. L'égalité sans la liberté, c'est le collectivisme violent. La fraternité sans liberté et égalité, c'est un non être politique baignant dans le jus fade d'un idéalisme éventuellement religieux. La République démocratique est libre, égalitaire et fraternelle, ou n'est pas. Quatrième précision.

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Ultime et sans doute principale phrase constitutionnelle, clôturant cet article 2, où tout est dit de ce que devrait être la France telle qu'elle veut être constituée, depuis qu'elle a échappé à la monarchie ! Tout repose sur le "par le peuple"... Il n'est pas dit : "par les représentants du peuple", mais il n'est pas non plus précisé "directement par le peuple". L'oligarchie de Rousseau est plus démocratique que la démocratie de Sieyès, quand le premier fait, des dirigeants, les commis du peuple, chargés d'appliquer ses décisions, tandis que le second fait diriger le pays par les représentants du peuple, agissant sans mandat impératif. Cinquième précision.

Où en sommes-nous en 2010 ? Si la démocratie n'est qu'une forme, elle n'est pas. Si elle est enfermée dans des conceptions restrictives, elle n'est plus. Par sa Constitution, en droit et en fait, la France est plurielle. On y parle plusieurs langues; on ne s'y range pas derrière un seul drapeau; on n'y entonne pas que des chants vengeurs (et les paroles de la Marseillaise ne sont pas intouchables); on y comprend la liberté comme ayant comme limite la liberté d'autrui, l'égalité comme une solidarité, la fraternité comme l'unité laïque de citoyens différents. Mais par-dessus tout, la démocratie c'est le partage, la codécision et l'abandon de toute velléité autocratique.

Si l'on suit ce parcours interprétatif des fondements et du principe sur quoi repose la République, force est bien de constater que la démocratie s'est éloignée de nous, qu'on ne la reconnait plus sous les oripeaux dont les technocrates et les oligarques modernes l'ont affublée. Pire : allant au bout de leur mépris de la démocratie, des politiciens de métier, qui ne veulent en aucun cas abandonner leurs positions de pouvoir, ont tout centralisé. Chaque responsable d'une institution est un roi, un prince ou un duc. Le retour des aristocrates s'est effectué sans qu'il soit nécessaire de remettre des particules dans les noms des nouveaux chefs. Chaque maire ou président (de conseil général ou de région) est maître en son fief s'il ne trouble pas la souveraineté du monarque d'à côté. Quant au président de tout ce qui se préside, il gère sa solitude superbe, en disposant des cohortes de puissants agents administratifs ou politiques à sa solde. Telle est la République devenue...

Le discrédit dans lequel tombèrent tous les symboles associés au fascisme obligea la République Française d'être plus discrète sur cet emblème.

Seul Valéry Giscard d'Estaing l'utilisa comme emblème personnel de 1974 à 1981.

Le Président de la République est le sommet d'une pyramide d'où s'écoule la transmission de l'autorité publique. C'est, a-t-on dit, un monarque républicain. Eh bien non ! Le monarque n'est pas républicain; il ne peut l'être par définition. Un monarque, dès qu'il est seul décideur, devient antirépublicain par fonction. Le dernier, l'actuel monarque, en cette Vème République non républicaine, n'a fait que recueillir tous les travers que ses prédécesseurs avaient laissé disponibles dans la corbeille élyséenne. Et tous ceux qui ont espéré - et espèrent encore ! - le remplacer sont co-responsables de cette dérive collective qui glisse vers le fascisme. C'est le système politique présidentialiste qu'il faut changer !

Le fascisme dit, banalement, Le Robert est la "Doctrine, tendance ou système politique visant à instaurer un régime autoritaire, nationaliste, totalitaire". Définition large... S'il en était ainsi, nous y serions déjà. Nous sommes en voie de fascisation mais pas encore dans le fascisme. C'est assez grave comme cela, puisque nous sommes déjà entre deux rives, nous écartant de la démocratie, mais pas encore accostés au pays où règnerait partout la terreur. Mais voici qu'approche le terrorisme d'État, celui qui, confié à un seul maître entouré de spadassins, décide de tout et n'accepte aucune limites à son pouvoir, puisqu'il le détient, croit-il, du peuple.

Depuis 1933, n'aurions-nous rien compris ? La démocratie ne protège pas contre la dictature. Et la dictature, même si elle vient à petits pas, et prend mille nouveaux visages, ne veut rien d'autre que l'obéissance, contrainte ou consentie, des nouveaux serfs que nous deviendrions bientôt, si nous n'opposions pas un non retentissant à ceux qui nous proposent une accolade mortelle. Et la Constitution de la Vème République, au-delà de son article 2 de belle apparence, permet la soumission de tous les citoyens, et de leurs organisations, au Chef de l'État, quel qu'il soit. Là se situe le risque, de plus en plus apparent, d'une démocratie fascisante, tentée par le fascio, ( l'unicité sans unité, donc sans diversité ) qui lie un peuple mis au pas.

Quand nous vous disions qu'il était temps de désobéir, de dire non, et de refuser cette caricature de démocratie qui a le goût, l'odeur et la forme de la démocratie mais qui n'en a ni la substance ni la dynamique.

Que les résistances à la contre-réforme des retraites nous donne, les 12 et 16 octobre, l'occasion d'interrompre cette descente aux enfers.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

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Nous ne serons pas un peuple de marionnettes

mercredi 6 octobre 2010

Mieux vaut éclater de rire avant d'éclater de colère

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Jérôme Kerviel est mort. La Société Générale l'a tué. Il était la victime désignée. Son crime est d'avoir fait ce qu'on l'avait laissé faire. Il paiera encore mille ans après son décès et celui... de la Société Générale ! Ce jugement imbécile est tout sauf juste.

Il ne faut pas discuter la chose jugée, paraît-il. La presse ne s'en prive pourtant pas et elle a raison ! Quand on inflige 150 ans de prison à Bernard Madoff, on sait que cela n'a aucun sens. La condamnation à perpétuité (+ x années...) devrait faire éclater de rire, tant le ridicule est énorme. En fait, on peut déplorer ("pleurer à propos de..." dit Le Robert) cette incapacité des juges à juger. Quand on prétend qu'un individu peut devoir 4,9 millards d'euros à une banque, on se livre à une provocation. "Je te condamne à l'impossible". Pour un peu, on chanterait les louanges de ces juges qui, à l'inverse de ce qui apparait, cherchent, peut-être, à prouver, par l'absurde, qu'on ne peut imputer à un homme seul autant de malfaisance.

Blanchir la banque, en l'occurrence, c'est blanchir un argent plus sale que ne l'est celui des trafiquants de drogues : l'argent facile qui s'accumule, par le biais de traders qui ont comme métier de l'amasser, est un argent qui pue. Jérôme Kerviel est coupable autant, mais pas plus, que ceux qui, soit n'ont pas voulu voir, soit ont encouragé, soit ont ignoré les frasques mathématico-monétaires du jeune homme !

S'il est des leçons à tirer de cette tragi-comédie :
C'est que : "ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal" n'est certes pas l'âne de La Fontaine, mais ce n'est pas non plus un fauve royal, ce n'est qu'un petit chacal suivant des tigres pour effectuer, sur ordre, leurs basses besognes et s'emplir la panse au passage.
C'est que : ce qui est puni n'est pas la malversation mais l'échec !
C'est que : la justice est une justice qu'on eut, jadis, dit "de classe" et qui, surtout, applique des lois faites pour que jamais ne soient trouvés les responsables des plus grands drames financiers.
C'est que : l'invraisemblable, l'incommensurable bêtise de ce jugement ne fasse pas se lever tout le pays pour déchirer d'un éclat de rire cet acte privé du plus petit bon sens !


"Vous en tirez pour 170 000 ans, jeune homme "

À combien de milliards d'euros de dommages et "intérêts" va-t-on condamner ceux qui mis un pays entier en faillite ou ont installé des peuples dans la misère ? À combien d'années de prison faudrait-il condamner les Bush, père et fils, pour solder leurs erreurs criminelles en Irak ? Ne cherchons pas à effectuer des comptabilités sordides. Un homme n'a que des dizaines d'années de vie devant lui et, en général, quelques centaines de milliers d'euros devant lui, quand il est riche. On ne t'enlèvera pas plus que tu n'as est pure évidence. Sortir de cette logique ne conduit que vers l'inhumain. Jérôme Kerviel, ce talentueux filou était au service du Veau d'Or. Il l'a chauffé jusqu'à lui fondre le socle. Tant pis pour ceux qui lui ont confié le chalumeau.


Si le Veau d'Or est toujours debout, c'est parce que les esclaves le tirent

Suite dérisoire : la Société Générale, dans un élan de générosité et d'humanité touchant, fait savoir, dès le lendemain du jugement, que Jérôme Kerviel, bien sûr, ne pourra tout payer, qu'on peut négocier des aménagements, bref que l'essentiel n'est pas ce qu'il reversera mais qu'il soit coupable, lui, et pas la Banque ! La Société Générale aurait-elle aussi la volonté d'empêcher que le film et le livre qui traitent de "l'affaire Kerviel", et contiennent peut-être d'autres éclairages, ne sortent, au plus mauvais moment...? Quant aux juristes, ils expliquent, sans le moindre humour, que la Justice s'exerce dans le cadre de lois qui ne peuvent s'interpréter autrement : tout le préjudice subi doit être remboursé... Eh bien donc...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mercredi 29 septembre 2010

La France que nous aimons

"La France on l'aime ou on la quitte" clamait l'extrême droite. Serons-nous bientôt mis à la porte pour délit de manque d'amour ? Nous n'en sommes peut-être pas loin, mais de quelle France s'agit-il donc ?

La France de Raymond Depardon, - ce photographe de génie qui expose à la Bibliothèque "nationale"-, la France de Jean Ferrat -"Ma France", un chant qui est resté au fond de nos esprits, la France des Droits de l'homme, bref la France, ne peut être la France de M. Besson.



Osons le dire : nous vivons dans une autre France, un autre monde que ceux qui s'apprêtent à voter la énième loi sur l'immigration ! De cette France là, la France qui trie, qui rejette et qui est la France des riches, nous ne faisons plus partie. Nous vivions dans un pays complexe et contradictoire, qui permettait non seulement de dire ce que l'on pense mais d'espérer un mieux pour nos enfants. C'est fini !

La France est cassée. Rebâtissons-la. Il n'a pas fallu de nombreuses années pour effectuer cette "rupture". On n'a pas rompu avec un passé obsolète ou une société dépassée, on a rompu, on a brisé, on a fracturé ce qui constituait l'architecture du pays : ce qui le rendait solide, la solidarité, c'est-à-dire le partage !

Il est grand temps de le dire : nous ne voulons pas de cette France-là, impitoyable, dure aux pauvres, complice des riches, injuste, intolérante, brutale, qui nous fait honte.

La France qui se fait montrer du doigt dans toute l'Europe ne peut être la France. Serait-elle mythique, la France dont les autres hommes de la Terre rêvent est celle qui fait encore penser qu'on peut marier Liberté, Égalité et Fraternité. La France sarkoziste tue, jour après jour, l'espoir en un avenir plus heureux; elle ne peut donc être la France.

La France qui fiche n'est pas la France. La France qui chasse n'est pas la France. La France du fric n'est pas la France.

La France rime avec espérance. La France est un petit pays grand par ce qu'il offre comme pensée au monde entier. La France doit redevenir la France. Elle ne l'est plus.

Ce qui se passe au Parlement, en ce jour, est sans intérêt. On en rira dans vingt ans. à moins qu'on ne pleure encore... Regardons devant nous : la France a besoin d'un nouvel avenir. L'Europe a besoin d'une France digne. Tous les habitants de la planète Terre ont besoin de la France qu'on aime.

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Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

lundi 27 septembre 2010

Du terrorisme

Terrorisme. Le mot agace. Il est utilisé à tous propos. Jadis, c'était le communisme. On a changé de diable. Comme pendant la guerre 1939-1945, au cours de laquelle tout ennemi des nazis était un "terroriste", aujourd'hui tout ennemi de l'occident (comprendre : occident capitaliste, donc "démocratique"...) est un terroriste.

Il y a terrorisme quand on fait vivre autrui systématiquement sous la terreur. Car c'est un système : la politique de ceux qui veulent dominer par la violence ceux qui, sinon, ne se soumettraient pas. C'est dire si le terrorisme est une vieille histoire et s'il est encore la chose du monde la "mieux" partagée !

Il y a, en effet, des terrorismes et pas le terrorisme. Quand Charles Pasqua voulait "terroriser les terroristes" il instituait un terrorisme d'État (licite), face à un terrorisme, bien sûr venu de l'étranger (illicite). La France vit, depuis des années, sous le régime du "plan vigie pirate" et s'il en est que rassure la présence de militaires visiblement bien armés, dans nos gares, on peut aussi y voir la preuve d'un formidable échec : la menace terroriste, vague mais réelle, accompagne toute notre vie quotidienne. Autrement dit, la paix civile que connaissent nombre de pays d'Europe n'est plus qu'un espoir toujours reporté à plus tard, chez nous, en France.


Protégées ?

Mais sortons de l'hexagone (loin, entre parenthèses, d'être partout sous la menace d'Al Qaïda !). Où sont les terrorismes ? Ils sont partout, multiformes, là où la terreur est une politique. I

Quand Handicap international rappelle, à l'occasion de sa 16e campagne, que la présence encore innombrable de mines antipersonnels constitue une guerre permanente, cela signifie que nous continuons de vivre dans une terreur qu'ont voulu les États qui ont fait la guerre au Vietnam, au Cambodge, au Yémen ou ailleurs. Et tous les pays où l'on fabrique encore ces armes perverses, indétectables, mortelles, abritent le terrorisme.

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Le crime est de laisser accroire que le terrorisme, c'est les autres. George Bush avait osé prétendre que nous étions "les bons" face aux terroristes, les méchants. Cette coupure entre les anges et les diables appartient non à la réalité mais à l'idéologie qu'on nous distille mot à mot, jour après jour. En France, c'est devenu un chapitre de la doxa gouvernementale.

L'exploitation des hommes est un terrorisme qui engendre le terrorisme. Les enlèvements de personnel d'Areva au Niger sont des actes terroristes faits pour inspirer la peur en France, mais n'oublions jamais que l'exploitation de l'uranium au Niger par la France, pour la fabrication de ses armes nucléaires, est doublement terroriste parce qu'elle maintient en Afrique une présence industrielle française de type colonial avec des risques environnementaux effroyables, et parce que les bombes sont faites -c'est la doctrine même de la dissuasion !- pour terroriser, d'avance, nos ennemis potentiels.

Le terrorisme est la loi du plus fort ou de celui qui veut le devenir. Et cela jusqu'à la contradiction suprême car les fanatiques qui font de la religion leur arme totale (que ce soit, comme on le voit, en Afghanistan, en Israël ou aux USA) bénéficient des services de ces marchands d'armes qui leur offrent tous les moyens de se dresser contre les sociétés où se développent leurs propres entreprises criminelles.

Cessons donc de croire que nous ne serions pas nous-mêmes complices du terrorisme. Notre culte de la violence et, pire, notre volonté de domination ainsi que notre industrie militaire géante fabriquent du terrorisme chez nous et contre nous. Nous avons trop longtemps fermé les yeux sur le contenu de nos productions tant que nos entreprises procuraient du travail ! Le capitalisme aussi est un terrorisme, le pire peut-être à long terme.

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Bombe à sous- munitions : telle une gousse de fruits funestes...

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

dimanche 26 septembre 2010

Une société déshumanisée, primaire et inculte.

Le monde occidental se vante d’être un monde civilisé, de raffinement et de savoir-vivre. Les USA en font partie. Pourtant, aux USA, dans l’état de Virginie, le bourreau a assassiné Teresa Lewis.


Le bourreau ou le juge qui envoie quelqu'un qui porte un nom -ici Teresa Lewis- vers la mort n'est pas plus humain que l'assassin !

Cette femme avait été condamnée à être exécutée pour avoir laissé la porte de la caravane où elle vivait, ouverte pour que ses deux complices y pénètrent et tuent son mari et son beau-fils, afin d'empocher les assurances-vie.

Elle a été la seule des trois protagonistes à être condamnée à mort pour des meurtres qu’elle n’a pas physiquement commis. Ses deux complices, qui
ont exécuté les deux victimes, ont été condamnés à la prison à perpétuité. Le tribunal avait pourtant reconnu qu’elle était dotée d’un QI de 72, (la limite de la déficience mentale - en deçà de laquelle la cour suprême interdit les exécutions - est fixé à 70) ! Elle est la 12ème femme exécutée aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976. Dans le même temps, 1 215 hommes ont été mis à mort, dont 107 en Virginie, État le plus "actif" après le Texas. Elle est également la première femme exécutée en Virginie depuis... 1912.

Qu’elle soit débile mentale ne change rien à l’affaire car une nation qui pratique la peine de mort est une nation barbare. Cette nation se pense civilisée car elle emploie des techniques de mort douce, tranquille, par injection mortelle. Cette hypocrisie est le comble de la perversité.

Nous avons décidé de vous tuer, mais vous aller mourir tranquillement, « humainement », comme le chien qu’on euthanasie. Mais sait-on ce qui se passe dans la tête des condamnés à mort ? Sait-on quelles tortures ils endurent avant leur exécution qui peut avoir lieu de longs mois, sinon plusieurs années après la condamnation ?

Des journalistes ayant assisté à l'injection mortelle ont indiqué que Teresa Lewis semblait nerveuse et effrayée en entrant dans la salle où s'est déroulée l'exécution. On est tout de même rassuré car le porte-parole des autorités pénitentiaires de l'État de Virginie a affirmé : « Il n'y a pas eu de complication », en ajoutant avec un cynisme confondant : « Peu de temps avant l'injection, elle a pris une douche, puis son dernier repas, constitué de poulet, haricots verts, gâteau au chocolat et tarte aux pommes ».

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Dis moi comment tu traites les prisonniers, je te dirai dans quelle civilisation tu vis.

C’est une nation de brutes et d’arriérés que cette nation qui pratique encore sur son sol « l’assassinat d’État » et qui veut donner des leçons à l’Iran parce qu’elle veut faire périr une femme adultère par lapidation.

Il est vrai que cette nation qui ne reconnaît pas sa responsabilité à Hiroshima et Nagasaki, qui généralise le port d’armes, qui construit sur sa frontière avec le Mexique un mur de 3200 kilomètres, qui pratique couramment la torture et a inventé GUANTANAMO, n’a pas beaucoup à apprendre des autres nations barbares.

L’hyper technologie ne rime pas avec la civilisation ; une société pour qui la vie n’est pas une valeur sacrée et pratique la peine de mort n’est pas une société civilisée.

C'est une société déshumanisée, primaire et inculte.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

dimanche 19 septembre 2010

Le retour des démons

Nous empruntons à Laurent Mucchielli un texte. Il nous prévient. Tous les signaux d'alarme sont au rouge. Debout la République !
Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


Laurent Mucchielli, sociologue

Hortefeux fli
rte avec les démons xénophobes et populistes Un air nauséabond souffle sur la France, et l’on comprend que c’est un peu toute la planète qui s’en aperçoit quand on voyage ou qu’on lit la presse étrangère. Quelque chose est en train de se passer au « pays des droits de l’homme ».

Les vieux démons de la xénophobie et du populisme antirépublicain avaient peut-être été enterrés trop vite. En 2009, le débat sur « l’identité nationale » avait déjà mis quelques puces à quelques oreilles. Mais après tout, la question paraissait en soi légitime. Et puis comme les ficelles politiciennes étaient trop grosses et que le prétendu « grand débat » tourna au café du commerce, la baudruche se dégonfla rapidement. Chassés par la porte de l’entrée « immigration », les vieux démons sont pourtant en train de revenir par la fenêtre « sécurité ». Xénophobie, populisme et antirépublicanisme.

Depuis le mois de juillet, en effet, il ne s’agit plus simplement de désigner des problèmes de délinquance précis et de leur déclarer la guerre. Il ne s’agit plus seulement de lutter contre la délinquance et ses figures-repoussoirs habituelles (les bandes de jeunes, les fous criminels sexuels). Cela, nous le connaissions depuis longtemps, et le petit jeu qui va avec : la droite contre la gauche, les syndicats de police contre les magistrats, les emballements médiatiques à chaque fait divers sortant un peu de l’ordinaire (un ordinaire fait de petits problèmes qui concernent un peu tout le monde dans la vie quotidienne, ce qui n’intéresse évidemment personne).


Le xénophobe se protège de ses propres idées

Mais depuis cet été, quelque chose a changé : le gouvernement actuel s’attaque désormais à des catégories de population. C’est le démon de la xénophobie qui s’agite. Mais il ne revient pas seul. Son petit frère, le démon du populisme et de l’anti-républicanisme, n’est jamais loin. Plusieurs indices de sa présence ne trompent pas. D’abord, ce démon aime qu’on vénère les chefs, qu’on ne discute pas l’autorité, qu’on ne perde pas de temps à parlementer et qu’on ne fasse pas de compromis. Si le Chef dit quelque chose, cela doit devenir immédiatement réalité ! Ce satané démon… Le démon ne supporte pas la séparation des pouvoirs, ni l’indépendance de la justice, ni la liberté des journalistes, ni l’autonomie relative des fonctionnaires, pas même la légitimité des élus locaux. On est avec lui ou contre lui, et tout est bon pour réaffirmer son pouvoir. Le mensonge n’est pas glorieux mais il est nécessaire, le démon a dit qu’on ne devait pas hésiter.

On pourra toujours dire plus tard « je ne savais pas » (que j’avais sur mon bureau une circulaire sur l’expulsion des Roms) ou « vous m’avez mal compris » (je parlais des Auvergnats, pas des Arabes). Le principe est clair : nul ne doit résister. Ainsi le démon pousse t-il le Chef à détourner les missions de l’administration pour protéger un de ses lieutenants quand le scandale menace.

Il pousse aussi un autre à dire que ceux des élus qui ne pensent pas comme on doit penser (par exemple sur la vidéosurveillance) sont des traîtres et que c’est à cause d’eux que tout va mal. Il pousse encore le Chef, son staff et un truc qui s’appelle le Parlement à laisser le ministre de l’Intérieur réformer la justice des mineurs (en instaurant la comparution immédiate pour eux) au mépris des travaux en cours au ministère de la Justice.

Il a même soufflé hier au même ministre de l’Intérieur (récemment condamné par cette maudite justice à cause des pressions du démon de la xénophobie) que les magistrats ne devraient plus être des fonctionnaires d’Etat mais des personnes élues localement. Et pour les « rapprocher du peuple » encore plus, il pense comme le Chef qu’on pourra leur adjoindre des jurés populaires au tribunal correctionnel. Monsieur Hortefeux, êtes-vous prêt à rétablir la peine de mort ?

Allez monsieur Hortefeux, avouez-le, ce satané démon vous a déjà soufflé à l’oreille que vous devriez aussi essayer de rétablir la peine de mort, non ? Franchement, ça ne rime à rien de tourner autour du pot en allongeant tout le temps la durée des peines, en enfermant des malades juste au cas où, tous ces trucs qui coûtent très cher en plus. Ce serait tellement plus simple et tellement plus économique. Et la médecine a fait de grands progrès, ça serait parfaitement indolore. Au fait, vous allez rire, un de mes collègues qui vit aux Etats-Unis (il s’appelle David Garland) vient tout juste de publier un livre qui explique pourquoi la peine de mort est encore en vigueur dans une douzaine d’Etats américains alors qu’on l’a abolie partout ailleurs en Occident. Et vous savez quoi ? Il montre que l’une des raisons, c’est précisément que les juges sont élus par la population locale. En effet, quand un drame survient (meurtre, viol, acte de pédophilie), que l’émotion est à son comble et que les médias locaux majoritairement populistes soufflent sur les braises, alors ces représentants de la loi préfèrent satisfaire le désir de vengeance du peuple plutôt que risquer de perdre leur siège aux prochaines élections.

Ah, les élections… C’est vrai que 2012 approche. Dites-nous, mesdames et messieurs qui détenaient le pouvoir et qui recevaient à dîner ces démons de plus en plus souvent, jusqu’où êtes-vous prêts à aller exactement ?
Laurent Mucchielli



Dehors tous les gueux ?