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dimanche 29 juin 2008

Il n’y a pire péril pour l’humanité que le nucléaire.

Le premier des droits humains est le droit de vivre en sécurité. Quand les risques qu'entraine une entreprise humaine dépassent ses avantages, il faut sortir de l'engrenage mortel.


Voici donc le moment de lire ou relire Georges Charpak, prix Nobel de physique 1992 et membre de l'Académie des sciences. Dans un livre, encore récent (2005), De Tchernobyl en tchernobyls, déjà, il sonnait l’alarme.

Dans la présentation de ce livre, en quatrième de couverture, nous étions avertis par ses co-auteurs, pourtant partisans de l’énergie nucléaire : « Nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux tchernobyls. L’humanité, disaient-ils, va s’enrichir de milliards d’individus dans les décennies à venir. L’énergie nucléaire est donc plus que jamais indispensable, mais l’accident de Tchernobyl aura fait des dizaines de milliers de morts. Ce livre permet de comprendre les enjeux du nucléaire civil, mais aussi militaire, qui sont nécessairement imbriqués. À l’heure des menaces terroristes, la prolifération des armes nucléaires et des matériaux qui servent à fabriquer des bombes, séquelle de la guerre froide, constitue une menace pour notre survie. Des décisions courageuses de la part des responsables politiques, militaires et industriels s’imposent pour la sécurité internationale et la paix. »

Sur France-Inter, le samedi 28 juin 2008, dans l'émission Parenthèses, Georges Charpak nous alerte de nouveau sur les dangers des armes nucléaires et plaide pour un désarmement nucléaire mondial. Au moment où un rapport interne de l'armée de l'air américaine stigmatise les mauvaises conditions de sécurité dans lesquelles sont stockées des bombes nucléaires américaines stationnées dans six pays, en Europe, un monde sans arme nucléaire devient-il possible? C'est un des nombreux défis que les hommes ont à relever, et pour Georges Charpak, c'est le plus urgent.

Que n'en tire-t-il, alors, toutes les conséquences! Même si l'énergie nucléaire était parfaitement maîtrisable, ce qui n'est nullement avéré, de tels avertissements devraient suffire à nous interdire de relancer le nucléaire, comme on s’y prépare, actuellement. Tel n’est néanmoins pas l’avis de Georges Charpak qui s’en tient à promouvoir une agence mondiale et indépendante de contrôle des matières fissiles.

Il n’y a pourtant pire péril pour l’humanité que le nucléaire. À preuve les informations qui suivent. Mais que croyez-vous qu’en déduisent les savants et les hommes politiques en responsabilité? Rien, sinon ceci : « Continuons… ».

Le culte de la croissance, inséparable du culte d’une énergie toujours plus abondante et bon marché, a définitivement formaté les grands de ce monde ! L’énergie pétrolière va vers sa fin, soit, c'est (depuis peu!) admis ; l’énergie solaire dominera, certes, un jour, on le sait (mais au rythme de nos recherches et moyens engagés elle mettra du temps à être maîtrisée et généralisée); alors, l’énergie nucléaire, fut-elle très dangereuse, reste, actuellement, dans toute logique intellectuelle de domination sur le monde, strictement indispensable. Encore faudra-t-il en convaincre les populations et relever les défis technologiques, au plus vite. On s'y emploie. Mais ce pari n’est pas gagné.

Et qu’apprenons-nous, aujourd’hui sur l’état des lieux ?

« Le nombre de réacteurs nucléaires dans le monde devrait augmenter de 60% d'ici 2030, a annoncé, le 19 juin, Yury Sokolov, le Directeur du département d'énergie nucléaire et Directeur général adjoint de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Actuellement, selon les statistiques de la World Nuclear Association, il y aurait dans le monde 435 réacteurs nucléaires commerciaux dans 30 pays, d'une capacité totale de 370 000 MW. Ces centrales fournissent 16% de l'électricité dans le monde. Fin 2007, 25 réacteurs étaient en construction sur la Planète (dont les 3⁄4 sur le continent asiatique), tandis que 284 projets sont actuellement à l'étude dans 56 pays.

La consommation d’énergie doit considérablement augmenter dans les années à venir (+ 60 % d’ici 2030, selon les prévisions de l’Agence Internationale de l’Energie - AIE), afin de répondre aux besoins de la croissance mondiale et des 8 milliards d’habitants de la planète estimés en 2020. La croissance de la demande d’électricité sera encore plus forte, puisque la consommation mondiale devrait doubler pendant cette même période. Les capacités installées pour la production d’électricité devraient ainsi passer de 15 000 TW à 30 000 TW. »

Vous avez bien lu : pas question de limiter, encore moins de réduire, la consommation d’énergie. Le nucléaire doit y pourvoir.

« À l'occasion d'une cérémonie marquant le 30ème anniversaire de l'industrie nucléaire en République de Corée, Yury Sokolov a remarqué que l'expérience acquise, au cours des dernières décennies, en matière de développement durable, de construction, de mise en service, de fonctionnement et d'entretien des centrales nucléaires sera déterminante pour les nouveaux venus dans ce domaine ».

Vous avez bien lu : pour ces « spécialistes », le nucléaire fait bel et bien partie du développement durable.

« Yury Sokolov a cependant signalé que le secteur de l'énergie nucléaire devra présenter des solutions convaincantes aux défis qui surviendront à l'avenir, afin de pouvoir avoir un impact à long terme sur la question des stocks en énergie de la planète. Il a notamment mentionné, entre autres, la durabilité des ressources en uranium, la sécurité et les coûts financiers, la gestion des déchets, l'acceptation du public et la non-prolifération. »

Oui, vous avez encore bien lu : et rien ne semble plus simple à réaliser pour ces doctes spécialistes…!

« Un certain nombre de pays veulent se doter de la technologie nucléaire, notamment au Moyen-Orient (Egypte, Turquie, Bahreïn). Et un pays comme la Chine commandera chaque année, et ce jusqu’en 2020, de 2 à 6 réacteurs de « deuxième génération améliorée » (G2+), basée sur la technologie française déjà employée à Ling Ao, en Chine, selon EDF. Rappelons qu'en France, 58 réacteurs sont en fonctionnement dont 34 réacteurs de 900 MW, 20 de 1300 MW et 4 de 1500 MW. »

Vous avez finalement tout lu : la France est pionnière et entend bien le rester?

Irons-nous, alors, de Tchernobyl en tchernobyls ? Ou Vers un Tchernobyl français ?, comme l'annonce un responsable d’EDF qui vient, incognito, de briser la loi du silence dans un livre fracassant bien entendu privé de toute publicité. Ce personnage inconnu (et sans doute reconnu par ses pairs) n’est pas non plus antinucléaire. Mais il reconnaît qu’à l’approche de la pivatisation d’EDF, et compte-tenu de la vétusté de nombreuses centrales, l’état des lieux du parc nucléaire est alarmant. Or, un seul accident grave peut avoir des conséquences inimaginables ! La vigilance sur le parc nucléaire baisse de jour en jour. La peur gagne le personnel des centrales.

Qu’elle soit civile ou militaire, accidentelle ou terroriste, la menace sur les installations s’est accrue. L’humanité ne pourra plus longtemps vivre sous l’épée de Damoclès nucléaire !

De toute façon, l’uranium, dont le coût s’envole comme celui de toutes les matières premières, est aussi un minerai fossile qui déjà s’épuise. Le stockage des déchets reste sans solution pérenne. Les Allemands, qui s’apprêtaient à revenir sur leur politique de démantèlement nucléaire, viennent de découvrir des fuites dans l'ex mine de sel de Asse, en Basse Saxe, où sont enfouis leurs déchets radioactifs.
Panneau signalant le site de stockage de déchets radioactifs Asse II près de Wolfenbüttel en Allemagne
La politique nucléaire de la France que Nicolas Sarkozy veut rendre européenne est plus que jamais remise en question. De toute façon, l’uranium, dont le coût s’envole comme celui de toutes les matières premières, est aussi un minerai fossile qui déjà s’épuise. Les Français ont, plus encore que tous les autres Européens, une responsabilité historique : empêcher la catastrophe irréversible et l'impasse économique. L'énergie nucléaire nous menace plus qu'elle ne peut nous servir. L'uranium aussi : c'est fini.

Sources :
http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=1705
Georges Charpak, Richard L. Garwin, Venance Journé, De Tchernobyl en tchernobyls, Paris, éditions Odile Jacob, octobre 2005.
Éric Ouzounian, Vers un Tchernobyl français, Un responsable d’EDF brise la Loi du silence, Nouveau monde éditions, mai 2008.
http://www.edicom.ch/fr/news/environnement/dechets-nucleaires-la-contamination-d-une-mine-de-sel-empoisonne-berlin_1187-5510890

Jean-Pierre Dacheux

jeudi 26 juin 2008

L'Europe, l'euro, l'Euro : c'est foot et c'est fou!


Et un, et deux et trois : après la France et les Pays-Bas, voici l’Irlande qui dit non à une Europe autre que celle dans laquelle ils se reconnaissent!

L’Europe se cherche. Elle s’est même un peu perdue. Elle se contredit aussi : elle se veut démocratique (comprendre respectueuse des votes), à la condition... Bref, elle ne sait plus trop ce qu’elle est (un compromis interétatique ou une nouvelle entité politique en lente construction).

Et l’euro ? Attendez : de quel euro parle-t-on ? De la monnaie européenne ? Ou de l’Euro de football ? C’est tout un : on nage dans la confusion.



Regardez bien la monnaie turque : ce n’est pas l’euro. On jurerait que si…
Voilà donc ces « non-encore-européens » qui paient en livres turques, faciles à confondre non avec la livre… anglaise, mais avec notre euro ! Les Anglais, dans l’Union européenne, ne veulent pas de l’euro. Les Turcs, hors de l’Union européenne, en veulent tellement qu’ils le copient !


Regardez bien les résultats de l’Euro de football, la médiatique compétition : les Turcs sont allés jusqu'en demi-finale. De qui les Turcs se moquaient-ils, penseront les adversaires de l’entrée de ce pays dit islamique dans l’Union ? S’y croyaient-ils déjà ? Des Turcs, champions d’Europe ? Il n'aurait plus manqué que ça ! Heureusement que l'Allemagne est là… Gott mit uns ? Mais va savoir ! Il ne manquerait plus que Dieu, ou Allah, soit facétieux… Alors, de miracle en miracle, les Turcs pouvaient devenir notre champion…

Cessons de tenter d'ironiser. Et si, du nord au sud de l’Europe, les inclus et les exclus appartenaient à la même histoire humaine ? Si les inclus (les Irlandais, mal votants, que d’aucuns voudraient exclure) et les exclus (ces Turcs mahométans, qui font tout pour se faire inclure) nous révélaient que l’aventure européenne ne s’est pas transcrite à Lisbonne, ni dans un traité constitutionnel quelconque !

Le sort du monde est actuellement en questions. Ce sont les périls qui soudent les hommes. Il a fallu la pire des guerres, la guerre 1939-1945, pour qu’on reprenne, en 1948, la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen pour en faire la déclaration universelle des Droits de l’Homme ! En décembre 2008, on fera des discours pour célébrer le 60e anniversaire de la signature de ce document majeur essentiel autant qu’oublié, bafoué, et sans impact sur les politiques de nombreux États !

Et si les Européens, au lieu de chercher s’il faut s’en tenir à 27 membres tant qu’on ne s’est pas donner une Règle de fonctionnement commune, se découvraient des Européens unis et différents, unis parce que différents ?


Les crises historiques qui se superposent en ce début de siècle : énergétique, financière, alimentaire, écologique, démographique nous font une ardente obligation de la solidarité. L’Europe est l’un des meilleurs outils d’exercice de cette solidarité. Encore faut-il que cet outil politique reste affûté et donc qu’il intéresse ceux qui ont à s’en servir !

Les Irlandais ne veulent plus de cet outil-là. Il les blesse. Il ne coupe pas. Les Turcs veulent entrer dans l’atelier et sont prêts à travailler avec nous. Et l’on voudrait laisser sur la touche les peuples des Balkans dont certains ont déjà l’Euro comme monnaie (le Kosovo par exemple) et d’autres ont des proximités étonnantes avec le reste de l’Europe (les Croates, -tiens, encore une équipe de foot brillante au cours de l’Euro !-).

Quand l’Europe ne va pas de l’avant, elle recule. Elle n’est pas à réinventer mais elle est à ouvrir aux peuples vivants, pas seulement aux États-nations et à leurs administrations bruxelloises.

Jean-Pierre Dacheux

vendredi 20 juin 2008

Conso et Lobying ont encore frappé !



L’horrible Conso et son cousin Lobying ont encore frappé !


A partir du 3 juillet, nous allons être obligés d’avoir dans notre vache à lait, pardon, dans notre automobile, un gilet jaune et un triangle de pré-signalisation, que les plus anciens d’entre nous connaissent déjà.

Tous les véhicules devront en être équipés.

Nous n’y couperons pas, sinon nous paierons, à partir d’octobre 2008, la coquette somme de 135,00 €.

D’ailleurs le couturier, non l’homme-sandwich, Karl Lagarfeld, sera là, sur toutes les chaînes de télévision, pour vous le rappeler avec son gilet jaune. Au prix où il est payé, le ridicule ne le tuera pas !

Savez vous qu’il y a environ 30 millions de véhicules en France, que le prix moyen du kit (gilet + triangle) sera de 13.00 € ? Cela fera le substantiel chiffre d’affaire de… 390 millions d’euros, soit, pour les anciens ,2 558 millions de nos Francs d’avant l’euro.

Joli pactole, n’est ce pas !

D’aucuns me diront que notre sécurité n’a pas de prix. Je leur répondrais, simplement, que notre sécurité a bon dos, que c’est le domaine qui, avec les enfants, génère le plus de business, et que notre bêtise devrait avoir des limites !

La sécurité, c’est la corde sensible. N’est-ce pas d’ailleurs plutôt l’immortalité qu’ainsi l’on nous promet ? Chers concitoyens, dormez sur vos deux oreilles, avec vos enfants. Nous nous occupons de votre sécurité ; ne fumez pas, ne buvez pas, ne grossissez pas, ne mangez pas sucré, acceptez toutes nos consignes, même contradictoires, restez dans le rang, uniformisez vous … Cela fait des siècles et des siècles que l’on nous chante le même refrain ! La religion capitaliste ne nous permet pas d’y couper : la manne financière est trop attrayante.

Un autre exemple : pour notre sécurité, on développe la vidéosurveillance. MAM, notre élégante ministre de l’Intérieur, nous promet trois fois plus de caméras dans les prochaines années. Pourtant, tous les rapports convergent : ces systèmes ne servent pas à nous empêcher de nous faire couper la gorge, mais seulement aux gendarmes d’attraper un peu plus facilement les criminels, après leurs forfaits.

Si on place des caméras qui ne nous empêchent même pas de nous faire trucider, quid de notre sécurité ? Là n'est pas l'intérêt, c’est seulement l’horrible Conso et son cousin Lobying qui se régalent.

Un dernier détail, l’Assemblée Nationale étudie actuellement un texte de loi pour obliger l’installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d’habitation publique ou privée.

Je crains que le député, auteur de ce texte de loi, ne soit, lui-même, un peu fumiste.

Jean-Claude Vitran





vendredi 30 mai 2008

L'épouse et la putain



Les Droits de l’homme, parait-il, incluent les droits de la femme. Voire! Pour certains, la femme reste la propriété exclusive de celui qui y pénètre et qui a, seul, impudiquement, la clef d’accès au cœur et au cul de sa belle ! Nous voici violemment renvoyés dans le passé, quand l'adultère était puni de mort.

Qu’une décision de justice approuve les réserves d’un époux qui découvre, le soir de ses noces, que sa compagne n’est pas vierge et qui, pour cela, la répudie, n’est pas seulement révoltant, c’est inhumain, scandaleux et choquant. La loi n'a pas à s'immiscer en cet endroit!

La dame a-t-elle eu la possibilité, elle, de vérifier si son mari était puceau ou pas? Et pourquoi ce qui est interdit à un sexe serait-il autorisé à l’autre?

Monsieur considère-t-il avoir été trompé sur la marchandise? Si le mariage est un acte de consommation, il y a, en effet, rupture de contrat quand, sous l’emballage, on ne trouve pas exactement l’objet qu’on désire et dont on pense avoir fait l’acquisition. Mais qui va oser dire qu’une femme est un objet dont on peut, ainsi, jouir à sa guise ? C’est pourtant ce que sous entend le jugement du TGI de Lille admettant la rupture du mariage, une rupture juridique que ne désavoue pas, d’ailleurs, la Garde des Sceaux -qui n’est pas encore la garde des pucelages, mais ça va venir-…

Le machisme, cynique et décomplexé, obtient donc, en France, la tolérance de la Justice! La transformation du contrat de mariage en contrat d’assurance-virginité, nous renvoie donc à la barbarie. On nous objectera que nous y étions déjà bien installés et que, jour après jour, nous nous enfonçons dans un monde où il devient licite de dominer l’autre, de le transformer en client ou en esclave. Eh bien non, nous ne tolèrerons pas l'intolérable : les droits humains ne sont pas les droits de l’homme, des droits masculins, mais les droits des êtres humains.

Nous méprisons ceux qui pensent qu’il y a deux sortes de femmes : les épouses et les putains ; les premières qui doivent se conserver intactes pour leur seigneur et maître, et les secondes qui n’existent que pour satisfaire la libido des mâles, mariage ou pas. Mais pourquoi ne ferions-nous pas davantage : laisser aux femmes le soin de juger les juges qui les ont symboliquement réduites à l’état de choses. Gageons que ces personnages grossiers, et leurs approbateurs seront vite réduits au silence dont, sur ce sujet, ils auraient beaucoup mieux fait de pas sortir.

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mercredi 28 mai 2008

Vous avez dit "libéral" ?



Cela devait arriver : le débat sur le libéralisme est lancé.

Un débat qui fait rage ! On médiatise une fausse querelle de mots.
La poudre aux yeux est largement projetée au visage des citoyens.
Mais nous prend-on pour des gogos ?

Il y a « libéral » et « libéral ».
Le danger est dans la superposition des sens !
Quand libéral veut dire large de vues, cela passe.
Quand libéral veut dire libre d’imposer ses vues, ça ne passe plus.

Libéral (libéraliste) s’affronte à libéral (libre).
Des politiciens instrumentalisent des vocables.
Ils enferment le débat politique dans les étiquettes.
Ils oublient le contenu des flacons !

Libéral peut vouloir dire respect de la liberté individuelle.
Libéral peut aussi vouloir dire droit : imposer à autrui le pouvoir de son argent.
Ce qu’il y a d’apparemment commun : c’est le refus de l’imposition de limites.
Ce qu’il y a d’incompatible : c’est le pouvoir de fixer à autrui ses limites.

On ne peut être « libéral-libertaire ».
Il ne peut y avoir deux libertés superposées.
La liberté en économie n’est pas la même que la liberté en politique.
L’une tue l’autre.

Au cœur du débat se situe précisément la limite.
Le libéral n’en veut aucune : « tout est possible ».
Or, c’est faux : tout n’est pas possible dans un monde fini.
L’homme libre sait que la limite fait partie de la condition humaine.

Voilà pourquoi le débat sur la décroissance sera acharné.
La décroissance n’est pas le recul mais la reconnaissance des limites.
La liberté commence quand on sait ce qu’on peut faire.
Elle n’existe pas quand on lui demande de tout pouvoir faire.

Un socialiste qui accepte « les lois du marché »,
Et admet les lois non écrites de la domination du capital,
n’est plus socialiste,
et ne peut donc se réclamer de la liberté.

Encore une fois, la liberté n’est pas le droit de faire.
Faire sans contrepartie ni contrôle.
Le droit de faire ce qu’on veut n’est pas la liberté.
La liberté sans partage est un leurre.

Les adversaires de l’idéologie idéologisent !
Le réalisme économiste se sert de la liberté pour l’interdire.
Le pouvoir d’achat n’est plus la liberté de vivre
C’est la liberté de consommer ce qu’on est conditionné à acheter.



Le diable, nous prêche-t-on, n’est jamais si efficient que quand il se fait oublier.

S’il convainc ses victimes qu’il n’existe pas, il peut mieux agir.
Qui fait croire que le consommateur est libre s’inspire de ce diable.
La liberté du plus fort, du plus nanti, du plus instruit est une perversion.

Le débat est très ancien et son retour étonnant.
Les révolutionnaires savaient qu’il n’y a pas liberté sans égalité,
Ni de liberté et d’égalité sans fraternité.
Mais la devise républicaine n’a jamais été prise au sérieux.

Faute de contenu donné à la fraternité,
on en a fait une charité, une générosité, un humanisme douceâtre.
On n’a pas voulu y voir l’hospitalité universelle et le partage dans la justice,
une nécessité vitale pourtant, et la condition même de la liberté.

La planète nous impose, aujourd’hui, de choisir entre libéral et libre.
Est libéral celui qui accapare la liberté.
Est libre celui dont le sort ne dépend pas de plus puissant que lui.
Dans une planète fermée, il n’y a pas de porte ouverte sur un « plus » indéfini.

L’histoire nous en a fait, cruellement, accomplir l’expérience :
L’égalité sans liberté, c’est la dépossession et la mort.
La liberté sans égalité, c’est l’appropriation et aussi la mort.
La confiscation du monde, par une partie des hommes, tue.

Inutile, dès lors, de tenter de détourner les mots :
Le libéral ne peut être libéral s’il s’en tient à ses propres intérêts.
Le libéralisme, qui en fait doctrine, est liberticide.
Est libre -et non libéral- celui qui échappe à la domination.

Échappons donc à la confusion.
Profitons de ce débat, entr’ouvert par ceux qui s’y perdent,
Pour tenter d’y introduire la révolution philosophique :
Libres, égaux et fraternels n’est pas une utopie.

Une humanité qui renoncerait à ce qu’elle a conçu :
une République fondée sur la possibilité d’un « en commun »
sombrerait dans un réalisme suicidaire.
L’ami de la liberté n’en fera jamais un principe, substituable aux autres.

Osons passer pour utopistes.
Là où il n’y a plus d’utopie il n’y a plus de politique.
Quand libéral entre dans le vocabulaire économique et réaliste,
Il abandonne le droit à la liberté pour tous.

Il cesse alors d’exprimer ce qu’on voulait lui faire dire.

Jean-Pierre Dacheux.

jeudi 22 mai 2008

Laisser tuer les Rroms, c'est tuer l'Europe


Des habitants de Ponticelli ont sali le beau nom de leur ville,
celui que portait Lazare Ponticelli, le Français
immigré italien,
le dernier des Poilus de la Der des Ders, mort à 110 ans, voici quelques mois!


Le fascisme refait son lit en Italie! Les pogroms de Ponticelli à l’est de Naples, avec incendies, bastonnades et lapidations de Rroms ne sont pas apparus de façon spontanée. En 72 heures, au moins 7 attaques avec cocktail Molotov ! L’exaspération due à l’entassement de tonnes d’ordures depuis des mois, l’exploitation politique systématique du thème sécuritaire, la Camorra, la bêtise crasse aussi, ont composé un mélange explosif. La haine, hideuse, a pu alors s’exprimer tout à son aise. Le bouc émissaire sera donc égorgé, s’il ne fuit. La honte s’est abattue sur l’Europe.

Car il ne s’agit pas de limiter les conséquences de ce drame à la seule Italie. Ne lui donnons pas de leçons : elle fait actuellement, certes en pire, ce que d’autres font, -dont nous !- Au moment où la France va prendre, pour six mois, la présidence de l’Union, on peut craindre que les restrictions à toute immigration, intra ou extra européenne, ne soient présentées comme des moyens de protéger les peuples d’Europe. Protéger contre qui ? Contre eux-mêmes ? Ou contre tout étranger indésirable et misérable résidant en Europe ?

Viktória Mohácsi, l’une des deux eurodéputées rroms, revenant d'une visite en Italie, a estimé que "le gouvernement Italien est dur avec les faibles et faible avec les forts : quand il y a des difficultés, au lieu de s'en prendre à la Camorra, on s'en prend aux Roms afin de ne pas s'attaquer aux vrais problèmes" . L’émotion est vive, partout en Europe. Dans les campements rroms, en France, on suit les événements et l'on ne cache pas sa peur.

La chasse aux Rroms est rouverte, plus ou moins violente mais, en maint pays, impitoyable. On chasse quand on expulse, mais aussi quand on poursuit des hommes comme du gibier. On a déjà connu ces crimes en Europe. Cela porte un nom. C’est le racisme. Ici, l’on veut tuer en incendiant ; là, on tue à petit feu.

Ces dernières années, les textes se sont multipliés tant au sein du Parlement européen qu’au niveau du Conseil de l’Europe. Tous convergent vers ce même constat : "l’antitsiganisme constitue une forme distincte de racisme et d’intolérance, à l’origine d’actes d’hostilité allant de l’exclusion à la violence à l’encontre des communautés de Roms". C'est ce qu'on peut lire dans la recommandation du Comité des ministres aux 47 États membres du C.O.E, datée du 20 février 2008. Mais si aucun de ces documents n’engage les pouvoirs nationaux, à quoi bon les écrire et les voter ? La crédibilité de nos démocraties est bel et bien en jeu.

L’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie au sein de l’Union, sur laquelle il n’est pas question de revenir, oblige chacun des 27 États à protéger tout Eurocitoyen membre de l’un quelconque de ces États ! Ce n'est-il pas vrai des Rroms? Qui ne voit que la romaphobie est une europhobie puisque les Rroms sont massivement dans l’Europe et en sont une constituante. Le meurtre est en marche en Italie. Il risque de s'étendre. Laisser tuer les Rroms, c'est tuer l'Europe. Lutter pour eux, c'est lutter pour nous, comme toujours...


"Écrasons l'infâme !"
(Devise favorite de Voltaire contre l'intolérance dont il signait ses lettres en abrégé : Ecr.L'inf )

Jean-Pierre Dacheux

dimanche 18 mai 2008

Boutons la tourterelle turque hors de France


Tourterelle turque et tourterelle des bois

Il est de notre devoir de porter à votre connaissance une situation inadmissible dont les pouvoirs publics devraient s’emparer immédiatement.

Nous voulons parler des tourterelles turques.

Aucun oiseau ne présente un phénomène d’expansion naturelle aussi important.

Limitées à la Turquie, d’où leur nom, les tourterelles turques ont déferlé et, en 40 ans, elles se sont installées jusque dans les Iles Britanniques, colonisant l’ensemble de l’Europe, de la Suède à l’Espagne, de la Turquie à L’Irlande.

Elles se sont établies, sans vergogne, sur notre territoire et maintenant, elles mangent le pain de nos bonnes tourterelles à nous, les tourterelles des bois.

Nous en appelons à Nicolas et à Brice pour faire cesser cette immigration clandestine, sans visa de longue durée, sans numéro d’étranger, sans papier, avec des convictions et une identité douteuses.

C’est insupportable! Elles ont jusqu’à dix petits par an! Imaginez combien cela nous coûte !

Il faut que cela cesse, boutons la tourterelle turque hors de nos frontières !

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux