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lundi 15 août 2011

La jeunesse n'a pas d'avenir !

Ou plutôt, notre société n'est pas, actuellement, en mesure de lui en proposer un.

Les dramatiques émeutes qui viennent de secouer le Royaune-Uni auraient dû déclencher une large réflexion sur les causes de cette débauche de violence et ouvrir des débats concernant la société dans laquelle nous voulons vivre demain.

Il n'en est rien !

Les politiciens qui dirigent nos nations – David Cameron en Grande-Bretagne, Nicolas Sarkozy en France, et d'autres en Europe et dans le reste du monde convaincus de la justesse de leur dogme, de la validité de leur modèle politico-économique (le néo-libéralisme) – et otages consentants d'une oligarchie financière dont ils profitent, sans scrupule, et qui leur réclame toujours plus de profits, n'ont de cesse de qualifier les émeutiers de "voyous" outre-manche, de "racailles" il y a peu, chez nous, mais il leur est inconcevable de remettre leur modèle en question.


Il est, en effet, bien connu que, si les riches sont riches, c’est parce qu’ils l’ont mérité. Leur prendre de l’argent devient donc attentatoire à la méritocratie. Cela revient à les pénaliser même si prélever sur les riches tend à corriger les inégalités... Le mérite s’hérite, tout comme les inégalités, d’où la nécessité de redistribuer la richesse. Redistribuer la richesse nationale est, pour les uns, un principe de justice, (puisqu’il s’agit de donner un peu à ceux qui n’ont pas beaucoup), tandis que, pour les autres, c'est un principe d’injustice, (puisqu’il pénalise ceux qui sont méritants), c’est-à-dire les riches.

Pour la gauche, il s’agit de compenser, pour la droite, de récompenser.

Si les pauvres sont pauvres, c'est par leur faute, donc, pas de récompense ! Il faut que chacun se prenne en charge et celui qui ne le peut pas ou ne sait que faire doit, d'une façon ou d'une autre, disparaître. Le gâteau ne saurait être être partagé qu'entre ceux qui l'ont préparé !

Le modèle britannique, initié en son temps par Margaret Tchatcher, montre maintenant ses limites : la fracture sociale entre les riches de la City et les pauvres des quartiers populaires est abyssale. En 1970, 1% des Anglais les plus riches concentraient 4,7% des richesses du pays. En 2000, les mêmes 1% possèdent 10% des richesses ! La jeunesse est particulièrement a été frappée par la politique de Tony Blair puis celle des conservateurs : le taux de chômage, chez les 16-24 ans, est de 20% dans les quartiers populaires, 30%, voire 40% et il a augmenté de 5% en deux ans. De plus, les statistiques constatent que 30% des jeunes sont « inactifs », absents du marché du travail !...

Le RMI anglais (Job Allowance) s’élève à 51 livres par semaine, alors qu’une paire de baskets coûte 80 livres, et, le sachant, on est surpris que les jeunes émeutiers pillent les magasins de sports et de vêtements... Une catégorie est apparue, appelée "l'underclass" (la "sous-classe"), constituée des familles qui ne travaillent plus depuis deux générations et ne survivent que des aides sociales.

En écoutant bien la population, on entend les accusations suivantes : « les autorités nous abandonnent », « triplent les frais de scolarité », « diminuent les allocations », veulent « expulser les parents dont les enfants ont participé aux émeutes », « jugent les émeutiers à la chaîne sans réfléchir aux causes », tout en sauvant « les banquiers qui nous ont volés »...

Non, M. Cameron, cette situation n'est pas de la faute des pauvres. Elle est de votre responsabilité car elle s'est aggravée depuis votre élection comme premier ministre.

Simple question à MM. Cameron et Sarkozy : qu 'auriez-vous pensé de vos parents s'ils vous avaient laissé une dette colossale que vous auriez mis des décennies à rembourser, sans en avoir eu la jouissance ?

Des dettes en naissant, pas de travail, pas d’espoir, et un état de violence permanente due aux conditions d’existence d’une fraction importante du prolétariat, d’origine étrangère ou pas. Dans l'Europe entière, tout prépare à ces émeutes qui ne sont, comme nos émeutes françaises de 2005 et 2007, que l’expression désespérée d’une situation désespérante même si, bien entendu, ces violences ne peuvent déboucher sur des perspectives politiques positives. Saccager n'est pas protester et elles font malheureusement le lit de l'extrême-droite où une fraction des classes populaires risque de se jeter.

La réponse du gouvernement anglais ne surprendra personne, c'est la démonstration autoritaire de l'incompétence notoire à prendre en compte les problèmes de la société contemporaine et les crises qui se succèdent et superposent.

Comme pour la Chine, avec Google, une des réponses du gouvernement Cameron serait de fermer les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook. On applaudit quand ces réseaux servent la révolution tunisienne ou égyptienne, mais on voudrait les rendre muets quand ils « dé-servent » les intérêts des oligarchies occidentales. On revient au moyen âge avec la politique du pilori – la politique de peur et de domination – en remettant en service la stratégie « nommer et faire honte » et en appelant à la délation les braves bourgeois apeurés.

Comme en France, hier, on ne parle plus que de sanctions, en faisant appel au concept de « tolérance zéro », en remplissant les prisons et en faisant appel à un super-flic américain, spécialiste de la lutte contre les gangs qui auraient joué un rôle majeur pendant les émeutes. Le gouvernement a également annoncé que les parents d'adolescents reconnus coupables d'avoir participé aux émeutes verront leurs allocations sociales coupées, et seront expulsés de leur logement social s'ils en habitent un.

On fait appel à la solidarité capitaliste en demandant à la société BlackBerry de mettre à la disposition des autorités les transmissions cryptées des communications et à la BBC de transmettre l'ensemble de rushes de ses prises de vues.

Pendant le même temps, le président de la banque mondiale, M Zoellick, demande à M. Cameron de maintenir, malgré les émeutes, les mesures d'austérité qui sont « vraiment indispensables ».

En faisant tout cela, David Cameron pense qu'en cassant les casseurs, il parviendra à stopper la violence. C'est possible, mais le feu couve, il se s'éteindra pas, il risque même de s'étendre à l'ensemble de la planète.

Il faut, en effet, être attentif à ce qui se passe aujourd'hui, à Londres, à Madrid, à Athènes, à Tel-Aviv, en Tunisie, en Lybie, en Egypte, en Syrie, au Chili, et ailleurs … Une même colère monte, alimentée par les crises économique, financière, écologique et par les injustices sociales, mais aussi par une dramatique impuissance de la classe politique accompagnée d'une irresponsabilité révoltante et d'une arrogance criminelle.


La politique de l'autruche nous cache les évidences

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux

Appel aux jeunes générations

Un texte ne doit pas sa valeur à sa date de parution !
L'appel qui suit, bien qu'écrit par des "anciens" n'a pris aucune ride.
Il est douloureux qu'il faille se référer au passé pour envisager l'avenir !
Nous pensions que l'élan de la Libération, après le carnage de la guerre, ne serait pas brisé !
Hélas ! Loin d'améliorer le programme du CNR, on n'a eu de cesse de le détruire.
Il n'y a aucune "indignation" qui ne vaille sans refus de cet abandon de la justice sociale.

Jean-Claude Vitran et Jean-Pierre Dacheux


Raymond Aubrac : sa parole pèse encore lourd.

Appel de Thorens-Glières, le 14 mai 2011

Le 8 mars 2004 treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement.

Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent.

Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter :

- des causes politiques des injustices sociales,

- des raisons des dérégulation internationales,

- des origines des déséquilibres écologiques croissants.

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR « Les jours heureux » adopté le 15 mars 1944.

Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielles et législatives de 2012 à prendre 3 engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté Egalité Fraternité ».


Premièrement, afin de garantir l’égalité:

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.


Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

- Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

- garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d' « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.


Troisièmement, afin de garantir la fraternité:

Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.

Écarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute-nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations.

Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :


« Créer c'est résister. Résister c'est créer ».

dimanche 14 août 2011

Israël : pour le retour de l'État providence !


Il faut lire attentivement la dépêche suivante de l'AFP : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110814.OBS8513/israel-la-contestation-sociale-sort-de-tel-aviv.html

Elle contient plusieurs enseignements majeurs.

- Le peuple tout entier, Juifs et Arabes, Sépharades et Ashkénases (juifs orientaux et d'Europe de l'est) est uni pour une société plus juste. Des bédouins et des juifs religieux se sont aussi mêlés aux contestataires !

- Soumis à cette pression, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est dit prêt à infléchir son approche ultra-libérale de l'économie pour répondre aux exigences des manifestants.

- "Le peuple exige la justice sociale", est le slogan adopté par la contestation depuis son début à la mi-juillet.

- Les organisateurs veulent étendre le mouvement à la "périphérie" pour mobiliser les classes populaires.

- "Pour un État providence maintenant" lit-on sur les pancartes ! Et : "marche comme un Égyptien".





"L'essentiel pour nous, c'est de montrer que le peuple est uni, que nous vivons dans un seul et même pays et qu'il faut tout faire pour combler les disparités sociales", plaide une des dirigeantes du mouvement.


Voici que "le printemps arabe" s'étend à Israël au moment même où les Palestiniens annoncent leur volonté d'entrer à l'ONU. Les leçons à tirer de ces manifestations, historiques en Israël, c'est que l'idéologie néo-libérale qui, partout, veut imposer bien plus que la rigueur, l'austérité renforcée pour les petites gens, tout de suite, va devoir affronter la contestation populaire, laquelle trouve, là, des motifs à remettre en questions des certitudes qui n'ont plus de réalité, à commencer par celle-ci : enrichir le pays nous enrichit tous.

En tout cas un sondage récent montre qu'une très grande majorité d'Israéliens (88 %) soutient le mouvement, le premier d'une telle ampleur en Israël, et 53 % d'entre eux se disent prêts à participer à des manifestations. Pour un peu ils exigeraient lea création d'innombrables kibboutz !
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/14/en-israel-la-contestation-s-etend-a-tout-le-pays_1559544_3218.html#ens_id=1553372&xtor=RSS-3208


Au moment où, en Europe, le capitalisme exige, pour ne rien changer à lui-même, que les modèles sociaux soient renversés, pour, nous dit-on, éviter l'effondrement économique, on maintient, en Israël, que l'État providence était la sauvegarde des pauvres et que, avant de l'abandonner il fallait qu'on instaure "plus de justice sociale". En 2008, on découvrait que le capitalisme était mortel. En 2011, on se rappelle que le rôle de l'État n'est pas de protéger les banques mais les citoyens ; à commencer par les plus modestes !

Belle évidence, qui nous réjouit. Mais l'État est-il en mesure, encore, d'effectuer cette tâche qui lui incombe ?

Jean-Pierre Dacheux et Jean Claude Vitran




vendredi 12 août 2011

Échappons à la servitude des fausses évidences

À en croire les experts boursiers, les analystes financiers et les "savants" économistes, la "crise" peut, désormais, se muer en catastrophe et, pour éviter ce scénario d'épouvante, il ne serait plus possible de faire autrement que d'administrer aux peuples une potion dure à avaler, et plus encore à digérer, qui va plus loin que l'austérité : la pénurie.


Que contient, en effet, ce remède qui tue :
• aucune augmentation voire une réduction des salaires ;
• aucune augmentation des impôts ;
• une contraction des prestations sociales ;
• une généralisation des privatisations ;
• un contrôle étroit et une répression des manifestations populaires spontanées ;
• l'instauration d'une société de surveillance ;
• le maintien du culte de la croissance sans retombée des bénéfices sur les salariés ;
• l'acceptation d'une nouvelle et permanente réduction des services publics ;
• le refus des taxes sur les transactions financières ;
• la stagnation inévitable du pouvoir d'achat ;
• le maintien des avantages fiscaux pour les riches ;
• la pression sur l'épargne des anciens pour nourrir la consommation ;
• la défiance a priori vis à vis de la jeunesse facteur de troubles ;
• la culpabilisation des pauvres suspects d'être responsables de leur sort... Etc.

En parallèle à ce constat accablant, les "experts" parlent et écrivent. Ils donnent à penser mais ne peuvent conduire vers les solutions que la pression populaire finira par imposer.


Faut-il, par exemple, passer de l'approche d'Élie Cohen à celle de Daniel Cohen ?

Le premier, proche des socio-démocrates, décrit avec compétence, la situation économique comme durablement en perte de croissance, et il annonce un temps de mauvaises nouvelles que les responsables politiques ne veulent pas reconnaître. Cependant, il ne peut penser hors du cadre capitaliste. (http://economiemagazine.fr/actualites/elie-cohen-penser-la-crise-ed-fayard)

Le second, estime que "le capitalisme-monde s'impose, désormais, comme la civilisation qui se substitue à toutes les autres, sans regard extérieur pour juger de sa pertinence". (http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20090904trib000418181/daniel-cohen-rien-ne-nous-garantit-la-paix-et-la-prosperite.html)

L'apport de l'un, comme de l'autre, s'arrêtent à un seuil : celui du passage hors de la mondialisation du capitalisme ! La question est autant culturelle, donc politique, qu'économique : n'y a-t-il place, sur Terre, désormais, que pour une seule civilisation, tant au niveau de la planète qu'au niveau de chaque société ? L'enfermement dans une unicité qui associe capitalisme et démocratie interdit, peu ou prou, à part des nuances folkloriques, la pluralité des comportements et des choix de vie. Ce qui est en cause, ce n'est pas d'abord, l'avenir des banques et l'état de nos dettes, c'est notre art de vivre ! Si nous ne savions remplacer l'austérité par la sobriété (de tous !) et l'ambition individuelle par la mutualisation de nos activités, nous passerions, inévitablement, par cette barbarie que craignait André Gorz !

Le déploiement extraordinaire de l'activité intellectuelle de ceux qui craignent, par dessus tout, d'avoir à abandonner leurs privilèges n'a pas fini de nous surprendre. Tout changer pour n'avoir rien à changer : voila ce que nos élites s'affairent à préparer. Ils en ont les capacités sauf..., sauf si ceux qui n'en peuvent plus d'être considérés, comme des esclaves, comme des machines de l'usine à produire ou comme des déchets d'une société qui n'a plus besoin de tous les hommes pour produire, se dressent et disent non. Ce n'est pas la désobéissance et le refus qui sont des valeurs en eux-mêmes mais vouloir être un homme, quitte à s'insoumettre, reste, comme nous l'a annoncé Étienne de la Boétie, dès le XVIème siècle, notre droit et notre chance, notre grandeur aussi.


Étienne de la Boétie (1530 -1563)
  • « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. »
  • « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres. »
  • « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.»

Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran

mercredi 10 août 2011

Curriculum vitae de l'Afrique

Nous avons reçu, d'Afrique, ce message douloureux, sec, sans commentaires qui dit assez le ressenti de l'injustice éprouvée par les Africains conscients de leur exploitation et de leur impuissance ! D'accord ou pas avec tout ce qui y est dit, de façon grinçante humoristique tout à la fois, il y a là de quoi méditer sur la solidarité humaine au cœur de notre planète.
Jean-Pierre Dacheux et Jean-Claude Vitran



Curriculum vitae de l'Afrique
NOM : Continent
PRÉNOM : Africain
ÂGE : Berceau de l'humanité.
SITUATION MATRIMONIALE : Célibataire avec plus d’un milliard d’enfants.
CONTACT : Au sud de l’Europe, à l’est de l’Amérique.

Objectif : Mettre mes enfants et mes ressources à la disposition des autres pour contribuer à leurs développements.

DOMAINES DE COMPÉTENCE

Coups d’Etats, guerres, génocides.

ÉTUDES ET FORMATIONS

-Hautes études à l’ESOCE (École Supérieure Occidentale de Commerce d’Esclaves).
-Hautes études à l’AFRIQUE (L’Africaine de Formation pour la Réélection des Incompétents, Querelleurs, Usurpateurs et Égoïstes).

DIPLÔMES OBTENUS

-Le MRTS (Médaille de Reconnaissance du Tirailleur Sénégalais).
-Le GPRTT (Génocide le Plus Rapide de Tous les Temps).
-Le CPRMPP (Continent le Plus Riche Mais le Plus Pauvre).
-Le CPTS (Continent le Plus Touché par le SIDA).
-Le CPDPP (Continent ou les Présidents Durent le Plus au Pouvoir).
-Le PMDDP (Premier en Matière de Détournement de Deniers Publics).
-Le CPE (Continent le Plus Endetté).
-Le CN (Continent ''Noir'')

EXPÉRIENCES

-Participation aux deux guerres mondiales.
-Mes coups d’Etats:
•1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier
•1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
•1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
•1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
•1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
•1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu
•1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
•1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
•1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
•1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
•1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
•1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
•1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
•1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
•1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
•1973 : Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
•1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier
•1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
•1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
•1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
•1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
•1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
•1976 : Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
•1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
•1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
•1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
•1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
•1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
•1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier
•1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
•1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
•1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
•1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
•1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
•1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
•1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
•1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
•1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
•1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
•1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
•1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
•1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
•1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
•1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
•1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
•1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
•1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
•1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
•1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
•1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
•1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
•1992 : Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid
•1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
•1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
•1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
•1997 : Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
•1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
•1999 : Côte d'Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
•1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
•1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
•2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
•2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
•2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
•2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
•2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s'accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
•2009 : Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana
•2010 : Niger, Djibrilla Hamidou renverse Tandja Mamadou

AUTRES CONNAISSANCES
Analphabétisme, déscolarisation, chômage et appauvrissement.

LOISIRS
Troubles, faire beaucoup d’enfants et famine.



SVP FAITES CIRCULER LE MAIL CAR TOUS LES FILS ET FILLES D'AFRIQUE DOIVENT SAVOIR DE QUOI LEUR CONTINENT EST CAPABLE .

mercredi 3 août 2011

Vers la fin des privilèges : 4 août 1789 - 4 août 2011

"I had a dream"

"La vie rend modeste, et fait du monde un décor.

Insensiblement, le monde s’efface derrière l’affairement quotidien.
Et un jour, tout explose — les centrales nucléaires, la révolte des peuples, le prix des denrées de base, les idées politiques les plus pestilentielles.
Le monde se rappelle à nous. Il ne veut plus être oublié.
Il faut alors se réunir, tous ceux qui entendent le monde frapper à la porte.
Il faut se retrouver, en chair et en os, puisque l’espace public est devenu la propriété exclusive de la police et des bonimenteurs.
Il faut à cela les lieux, la musique, les images et les mots adéquats.
Il faut une date propice aussi.
Ce sera donc les 4, 5 et 6 août prochains, et ce sera à Peyrelevade, sur le plateau de Millevaches ; n’en déplaise à la police et aux bonimenteurs."



Refaire la nuit du 4 août 1789 !

APPEL AUX NUITS DU 4 AOÛT

des habitants du plateau de Millevaches
aux ressortissants du reste du monde

Sur cette vieille terre de résistances, nous avons décidé de fêter à notre manière l'abolition des privilèges que la Révolution française proclama, et qu'il nous reste à réaliser. Deux siècles et demi après la première nuit du 4 août, la mise à sac de la planète par une oligarchie prédatrice qui a remplacé les aristocraties d'antan, atteint un point de non-retour. Les gouvernements qui avaient renfloué la Banque aux dépens des peuples prétendent maintenant sacrifier les peuples pour satisfaire la Banque.
Mais, des révolutions arabes aux places occupées d'Espagne et d'Europe, des émeutes de Grèce à celles de Londres, des blocages français aux grèves chinoises, le rêve d'un monde plus libre, plus égalitaire et plus fraternel connaît une nouvelle jeunesse.
Du 4 au 6 août prochain, venus des quatre coins du monde, insurgés victorieux, musiciens, travailleurs en butte à l'exploitation, saltimbanques, chômeurs heureux, étudiants enragés, citoyens au bord de la crise de nerf, cinéastes, irradiés en furie, militants lassés de s'indigner ou radicaux mélancoliques, écrivains, habitants des campagnes et des banlieues, bloggeurs, tous peu soucieux de leur reconnaissance par la société existante, se retrouveront dans les rues d'un bourg limousin. Deux jours et deux nuits durant, il y aura des films, des interventions, des discussions, de la musique et des chants, l'inattendu au coin de la ruelle et les murs couverts d'expressions énigmatiques, un banquet et un bal populaire aussi. Il y aura sur cette nouvelle place Tahrir en zone rurale la même disposition à se rencontrer et à se parler que dans les rues de Tunis le 14 janvier dernier ou sur les piquets de blocage en France pendant le mouvement contre la réforme des retraites. Pour s'arracher ensemble au cours programmé de la catastrophe, et crier « Dégage! » à tout ce qui entend nous gouverner.
Il y aura à la fin une assemblée d'où partiront, à coup sûr, des projets de bouleversement pour le siècle qui vient.
Comme disait un graffiti de la Puerta del Sol : « L'impossible ne peut qu'advenir ! »



Nous vous attendons donc à Peyrelevade pour les Nuits du 4 août

http://ddata.over-blog.com/4/54/92/03/nuitsdu4aoutweb.pdf
http://www.nuitsdu4aout.com/pages/Renseignements_pratiques-5481299.html


Nous n'y serons pas tous, mais soyons y tous en esprit : il est temps de nous préparer à faire retomber les privilèges !

lundi 1 août 2011

Un nouveau mur de la honte

Il est plus aisé d'élever un mur que de régler un problème. On peut du reste, faire pire : boucler le mur autour des "a-sociaux", comme disaient les nazis. Ainsi peut survenir, ensuite, dans une affreuse logique, le troisième temps : l'élimination, l'éradication, bref, l'extermination...

Une ville roumaine érige un mur le long d'un quartier rom

Publié le 01/07/2011 à 17:52

Un bloc d'immeubles dans la ville roumaine de Baia Mare, à 550 km au nord-ouest de Bucarest. Un groupe de défense des droits de l'homme accuse la ville de vouloir créer un ghetto avec son projet de bâtir un mur de béton entre un quartier habité par des Roms et l'une des principales rues de la ville. (Reuters)

L'érection d'un mur de béton entre un quartier habité par des Roms et l'une des principales rues de Baia Mare, dans le nord de la Roumanie, a incité un groupe de défense des droits de l'homme à accuser la ville de vouloir créer un ghetto.

Catalin Chereches, maire de Baia Mare, a déclaré vendredi à Reuters que ce projet n'était nullement discriminatoire et visait à prévenir des accidents de la circulation

Le mur "a pour seul but de protéger nos citoyens des accidents de voiture", a-t-il dit par téléphone. "Il est fait de béton armé au lieu de bois pour que des gens ne s'en servent pas pour faire du feu."

En Roumanie, la majorité des Roms vit en marge de la société dans une extrême pauvreté et les groupes de défense de la démocratie estiment que l'Etat ne prend pas de dispositions suffisantes contre les discriminations.

"De telles initiatives appartiennent à l'époque nazie", écrit le Centre d'assistance juridique dans une lettre exigeant que le maire interrompe la construction du mur et démissionne.

"L'idée de séparer une communauté qui connaît de graves problèmes sociaux (...) équivaut à un racisme institutionnel."

La population rom de Roumanie compte environ 550.000 membres selon des estimations officielles, mais elle atteindrait jusqu'à 2,5 million de personnes selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Depuis l'entrée de la Roumanie dans l'UE en 2007, des centaines de milliers de Roms ont afflué dans les villes d'Europe en se plaignant de misère et de racisme dans leur pays.

Le rapatriement de Roms par la France l'an dernier avait amené une responsable de l'UE à évoquer les persécutions nazies, perturbé un sommet européen et provoqué un différend entre le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel.

Par Reuters

Les murs, les murs, les murs : partout, on en élève pour se protéger des pauvres ! Aux États-Unis, (avec le Mexicains), en Israël (avec les Palestiniens) et, à présent, en Roumanie après la Tchéquie (avec les Rroms)... Sans parler des quartiers, cités et résidences pour les très riches, qui sont souvent des forteresses derrière lesquelles ceux qui se prennent pour les maîtres de l'économie, inversent leur enfermement et tentent de mettre le reste du monde... derrière leurs murs, dans un camp planétaire !

1/ Une ville roumaine érige un mur le long d’un quartier Rom (L’Express, 1 juillet 2011)

2/ Vidéo sur Arte

Source TERRA : http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/une-ville-roumaine-erige-un-mur-le-long-d-un-quartier-rom_1008470.html